kil. en 1899. 44.655 kil. en
les cocons dont ils ont besoin. Comme la soie paie à l'exportation un droit de i pour loo ad valorem, la douane ottomane retrouverait aisément dans la perception de ce droit les sommes qu'elle pourrait perdre à l'importation, mais qu'elle ne perd pas, puisquil n'entre point de cocons ni de soie grège en Asie Mineure.
A la lin de Tannée 1897, on comptait à Brousse et k Ismidt io3 filatures avec 5. 180 bassines.
Elles éthient ainsi réparties :
Brousse: Brousse. . .
fitures
bassines
Moudnnia . «
Djirah . . .
3oo
Ghemlck. . ,
Bilédjik. . .
Kuplii . . .
Lefké . . .
Ismidt: Ghéïvé . . .
3oo
Ada- Bazar. .
Ismidt . . .
io3 filatures
bassines
(M. 0. C, 1898, 16 juin.)
Toutes ces filatures sont outillées à Teuropéenne et suivent les perfectionnements de la mécanique et de rindustrie. Un certain nombre appartiennent à nos compatriotes.
On file à bouts noués et aux titres de 9/ 11 jusqu'à 32/24 deniers. A la filature, les cocons donnent un rendement qui varie suivant la qualité. On estime cependant que, d'une façon générale, le rendement à la bassine est de I kilogramme de soie pour 11 à 12 kilogrammes de cocons ^
* Si l'on veut obtenir le rendement exact d'un kilogramme de cocons frais en soie, il luuL estimer : d'abord que i kilogramme de cocons frais équivaut à 3io grommes de cocons secs, ensuite qu'un kilo-
Le kilogramme de cocons vaut en moyenne 3 francs à .'i fr. a5. Quelquefois, aussitôt après la récolte, les prix montent à 4 f^** ^«^^ mais ils ne s y maintiennent jamais. Le kilogramme de soie, en ne tenant pas compte des fluctuations qui peuvent se produire, vaut 87 francs (prix maximum, 55 francs en 1899; prix minimum, i{5 francs en 1896).
La vente des cocons est soumise à des formalités toutes spéciales. D'après un règlement édicté par la Dette publique, toute vente en dehors de la circonscription est défendue, et Tacheteur est condamné h payer un double droit, s'il vend en dehors de la région. Les opérations de vente ne sont permises que dans les bureaux de la Dette publique. L'éleveur remet sa marchandise entre les mains du courtier officiel, qui la vend à celui qui olTre le meilleur prix. Les paiements se font à Brousse, dans les dix ou quinze jours de l'achat, dans d'autres localités dès le lendemain.
Ce n'est pas tout: lorsque la marchandise est achetée, elle ne peut être expédiée immédiatement. Il faut qu'elle soit envoyée en dépôt chez Tacheteur, pour y attendre le contrôle de la Dette publique. Si, à ce moment| la Dette remarque plus de marchandises que le total enregistré dans les livres, le négociant est passible d'une amende. (B. C. c. 181)9. II. 9I2.
gramme de cocons secs perd, ù la lllalure 61 pour 100 de chrysalides, et 14 pour 100 de frisons, bassines el autres déchets.
Kaisonnant sur des chiiTres plus étendus, 33a kilogrammes de cocons frais représenlenl 100 kilogrammes de cocon» secs. Ces 100 kilogrammes après la filature sont réprésentés par :
a5 kilogrammes de soie,
S — de frisons,
•Jt — de bassinés,
4 — d'autres déchets.
Oi — de chrysalides.
Os cliifTrcs ne sont pas absolus; ils varient nccessaii*cment avec la qualité de la récolte.
(V. Natalis Rondot. l'Art de In unie, t. II, p. 317 el sniv.)
Pour le paysan, dont la condition est particulièrement misérable en Asie Mineure, la petite somme qu'il retire de la vente des cocons est souvent le seul argent qu'il lui soit donné de voir dans le courant d'une année. Aussi continue-t-il avec ardeur de se livrer à une production qui, seule, lui laisse un peu de bénéfice.
La soie produite n'est consommée dans le pays que pour une très faible quantité : 11.700 kilogrammes en i8ç)6, 'j2.5oo en 1H97 et u). 160 en 1898.
Les soies qui ne sont pas utilisées par la consommation locale s'en vont à l'étranger et notamment k Lyon, qui reçoit 80 pour 100 des soies grèges exportées d'Asie Mineure. Paris et le reste de la France en reçoivent de 10 à 12 pour 100 ; le surplus va en Suisse, en Allemagne et en Angleterre. Si Ton tient compte des déchets de soie, cette exportation représente annuellement une somme de 16 à 18 millions de francs.
Voici, depuis 1896, le mouvement de cette exportation:
kilog. ktlog. kilog. kilog. kilog. Soie grège • . 382.080 a8a.47^ 378.107 338.590 256.756 Cocons . . . 85.864 44 •^>**^ 55.o38 56.76<) 39.116 Frisons et duché Is de soie. 2tjij.'S6o •j^G,6H[) 283.89'.'^ 25 1.635 253.607
(Ji, C C. 1899, II, g36, et 1901, I, 745.),
Les déchets ne sont pas utilisés en Turquie ; on les expédie presque tous en France, peu en Italie et à Trieste.
En résumé, l'inHuence de la France et de Lyon dans les industries de la soie levantine a été et reste prépondérante.
C'est la France qui a contribué en i845 au succès des premières fllatures à vapeur; c'est elle qui, par la sélection des graines, a sauvé en 1880 la sériciculture ottomane; ce sont ses capitaux qui font murclier une partie des
lilatures ; c'est Lyon enfin qui achète aujourd'hui la presque totalité des cocons et des soies qui sont exportés.
Le Président de la Dette publique, M. le commandant Berger, est Tun de nos compatriotes, et, si la Dette publique est obligée de recouvrer des impôts, on a vu avec quelle sollicitude elle sintéressait à toutes les entreprises qui pouvaient augmenter la prospérité générale de Tempire.
L'an dernier, une Commission spéciale de la Dette publique a visité les principales contrées séricicoles de la Turquie d'Asie, pour rechercher les améliorations à introduire, et, à son retour, elle a décidé la création de huit pépinières modèles de mûriers. Le Ministère de rinstruction publique a demandé que la première fût installée dans le vilayet de Diarbékir, où déjà Télevagc du ver à soie a pris une grande extension.
La Sèrioulture et la production soyeuse en Syrie. — Nous retrouvons en Svrie cette heureuse influence de la France,
Comme en Asie Mineure, on distingue trois zones différentes pour l'élevage du ver à soie : la plaine, les coteaux et la montagne.
La plaine, c'est Saïda, Beyrouth et Tripoli. Les coteaux se trouvent aux pieds du Liban et de l'Anti-Liban et comprennent, en outre, la plaine de la Beqâa. La montagne confine aux hauts sommets du Liban.
Tout ce pays est couvert de mûriers. Dans la plaine, les paysans délaissent jusqu'à la vigne et aux arbres fruitiers, pour se livrer à l'élevage du ver à soie. Les contreforts du Liban et la plaine de la Beqâa n'ont été plantés qu'il y a une cinquantaine d'années. Les exemptions d'impôts accordés aux planteurs, pendant trois ans, font augmenter sanjs cesse la production.
M. Habib Donato, droginaii du consulat de France à Damas, adonné, dans le Bulletin de la Chambre de commerce française de Constantinople^ du 28 février 1900, des détails très complets et très intéressants sur toute rindustrie soyeuse de la région du Liban. Nous ne sau rions mieux faire que de les résumer, sauf k les compléter, s'il est nécessaire, par quelques renseignements plus particuliers.
Les pieds de mûrier mettent deux ans à se développer. La première année, les graines sont semées et les pousses atteignent 5o centimètres de hauteur. La seconde, ces pousses sont replantées en pépinières, à la distance de 20 centimètres Tune de l'autre ; au bout de Tannée en plaine, au bout de deux ans en montagne, elles attei- {^nent de 2 mètres à a^So de hauteur. On les replante alors en quinconces, ù la distance de 2 mètres les uns des autres.
Deux ans après cette transplantation, on greffe les arbustes. L'avantage du mûrier greffé est qu'avec ses feuilles on nourrit beaucoup plus de vers quavec une égale quantité de feuilles produites par des mûriers non greffés. Un désavantage est que cette feuille est moins tendre, plus grasse, et qu'elle favorise les indigestions. Mais un sériciculteur vigilant — et c'est malheureusement l'exception — peut obtenir des résultats identiques avec les deux sortes de feuilles.
Le mûrier vient également bien en plaine et en montagne. Dans, la plaine, où les terrains sont plus facilement arrosables, le mûrier croît pendant quinze ans et dépérit ensuite. Dans les terrains secs, il lui faut de vingt à vingtcinq ans pour atteindre son entière croissance et il vit jusqu'à quatre-vingts et cent ans. Dans les montagnes du Liban, certains mûriers auraient plus de deux cents ans.
On estime qu'un champ de 1200 pieds de mûriers, bien
160 l-XPORTATIONS DU LEVANT EN FRANCE
entretenu, peut nourrir, à làge de deux uns, 20 grammes de graines de vers à soie et que, jusqu'à l'entière croissance des arbustes^ il peut nourrir i o grammes de plus chaque année. A vingt ans, il pourrait nourrir 200 grammes de graines.
Ces champs doivent être engraissés et labourés souvent. Si Ton ne veut que leur rendement diminue, il faut se garder dV planter du blé ou d'autres céréales.
On évalue les plantations du seul vilayet de Syrie à 3.395.000 pieds, répartis comme suit :
District de la Beqùa a.ooo.oun
— de Baalbeck Ooo.oou
— de Douma 100. oou
— de Ouadi-el-Ajem ilio.ooo
— de Hasbéyaet Merdjé-Ayoum . Soo.ooo
— de Haschaya i5.ooo
— de Nebk lo.ooo
— de Kounaitra 140.000
— du Hauran et Djobel-Di'uze . . . 100.000
Ces mûriers couvriraient une étendue de 1760 hectares.
(.)n sait déjà que lu Syrie ne produit pas de graines do vers à soie ; ces graines lui viennent presque toutes de France. On évalue l'importation à 200 ou 2 5 0.000 boites par ah, chaque boite étant de ^5 grammes. En 1H99, on en a importé 200.000, ou 5ooo kilogrammes.
Ce commerce des graines est particulièrement délicat. Il est impossible de traiter directement avec le paysan indigène, qui est routinier, ignorant et ne connaît pas notre langue ni nos usages commerciaux. En s'adressant à un commissionnaire, on s'expose à de grands risques. Il est vrai qu'il existe, surplace, des maisons françaises fort anciennes et fort honorables, dont Tunique trafic est l'achat des cocons ou lu filature de la soie. Ci* sont les intermédiuires naturels.
LES SOIES ET SOIERIES 16i
Lorsque, après la période d'incubation, le ver est éclos, on effeuillé les rameaux, pour le nourrir, ou bien, comme en Asie Mineure, on coupe les rameaux avec leurs feuilles, au fur et à mesure des besoins. En Orient, ce second système serait préférable, s'il faut en croire les sériciculteurs locaux. Dans la plaine, où Ton a plus de donfiance dans la douceur du climat, les vers sont élevés sur des claies, dans de simples cabanes en bois, recouvertes de feuillages. Ils sont ainsi exposés aux intempéries de l'atmosphère, et il peut y avoir un déchet considérable.
L'élevage du ver k soie revêt plusieurs formes.
La majeure partie des éducateurs sont des paysani^, propriétaires de quelques mûriers; ils proportionnent Télevage à leurs plantations. Les propriétaires plus riches élèvent eux-mêmes Une pattie des graines et donnent le reste, avec les installations nécessaires, à un éducateur qui se charge de tous les soins d'élevage, moyennant le quart brut de la récolte.
Les gros propriétaires font une espèce de bail avec un fermier, sur les bases du rendement probable de leurs champs de mûriers en charges de feuilles : la charge étant de 75 kilogrammes. Le fermier prend à ses frais la culture du champ de mûrier, Télevage des vers à soie, paie la moitié du prix des graines et fournit le matériel nécessaire à la magnanerie. Le propriétaire paie l'autre moitié du prix de la graine, abandonne toutes les feuilles et acquitte les charges fiscales : impôt et dime. La récolte est partagée en parties égales.
Le bail terminé, on refait l'estimation du champ dje mûriers par charge de feuilles ; s'il y a une plus-value, le propriétaire paie à son fermier de 4 ^ ^ francs la charge en surplus ; s'il y a moins-value, c'est la réciproque qui s'applique. Ainsi le fermier est intéressé à bien entretenir le champ, et le propriétaire n'a ni les
soucis dune direction, ni les charges d^une magnanerie.
D^autres propriétaires enfin aiment mieux vendre purement et simplement leurs charges de feuilles. Au début de la saison, la charge se vend de 3 à 4 francs; si les feuilles viennent à manquer, elle peut montera 6, io et même ao francs.
Les vers, mis à Tincubation du i*' avril au lo mai, suivant les altitudes, achèvent leur éclosion à la moitié de juillet. Les cocons de la plaine, venant les premiers, sont généralement achetés plus cher ; quand la montagne donne, les cours sont déjà établis.
Le rendement n^est pas le même dans tous les districts. En moyenne, il est de 2 kg. 25 de soie par once de semence.
A la Bekâa et à Baalbeck les éducateurs sont assez expérimentés. Il y en a qui atteignent de i kg. 5oo à 2 kilogrammes de cocons par gramme de semence^ mais ce sont des exceptions très rares ; la moyenne n'est que de 900 grammes à 1 100 grammes. Dans les districts de Douma, de Kounaitra et du Hauran, où les éducateurs entichés de la routine, laissent les diverses maladies : l'atrophie, la jaunisse, le marasme, Tapoplexie et la gangrène, s'introduire et se propager dans les magnaneries, la moyenne tombe à 5oo grammes par gramme de graines.
Pour Tannée 1899, on évalue à 5.200.000 kilogrammes la récolte des cocons. En 187a, année où se déclara l'épidémie, elle avait été de 6.460.000 kilogrammes. Depuis cette date jusqu*en 1889, le chiffre de la production a toujours été inférieur à 3 millions de kilogrammes ; mais à partir de 1889, nous trouvons les chiffres suivants qui, dans leur ensemble, suivent une heureuse progression :
1889-90. 3.718.000 dont le prix moyen a été fr. 5 > le kil. 1890-91. 4«4^7*oo<^ — "" G 35 —
i892-()3. 3.846.000 dont le prix moyen a été fr. 4 ^^ ^^ I(>1*
1897-98. 5.640.000 — — 3 3oà3 85 —
1898-99. 5.36o.ooo — — » —
(V. Verney, p. 6 {9.)
Sur ces quantités, un tiers peut être attribué à la plaine, et les deux autres tiers aux coteaux et à la montagne.
En ramenant cette production au chiffre moyen de 5 millions de kilogrammes et en fixant à 3 fr. 25 le prix du kilogramme, on obtient un chiffre de i6.25o.ooo francs qui représente la valeur des cocons annuellement produits en Syrie.
Quand la récolte des cocons commence, les fîlateurs envoient leurs courtiers pour Tachât sur place. Le courtier s'entend directement avec Téducateur et paie comptant. On a remarqué qu'au début de chaque récolte, les filaleurs se concurrençant les uns les autres, les prix étaient toujours plus élevés.
La grande majorité des cocons produits reste dans le pays où ils sont utilisés par la filature locale, en vue de l'exportation de la soie grège. En 1899, sur une production de 5.200.000 kilogrammes de cocons, on en a exporté un quart, entièrement pour France.
Pour arriver à la production réelle, il y aurait lieu d'ajouter à cette quantité les cocons filés à l'arabe dans la montagne et dont les produits sont consommés dans le pays même ou bien vont alimenter les fabriques de soieries indigènes de Damas, de Homs, de Hama et d'Alep. Mais il est impossible d'avoir des chiffres même approximatifs, car les producteurs filent leurs cocons furtivement et les vendent de même.
Cette soie arabe s'est vendue :
En 1895, à raison de fr. i5 60 le kilogramme
1896 — ai » —
(M, 0, C, 2 octobre 1897.)
Anciennement, tous les cocons restant dans le pays étaient filés d'après des systèmes primitifs et la soie était employée au tissage des étofFes si renommées de Damas et d'Alep. Mais, il y a une cinquantaine d'années, MM. Palluat et Testenoire, de Lyon, rendirent à Tindustrie syrienne les services que nos autres compatriotes avaient rendus à Tindustrie de Brousse; ils installèrent dans le Liban la première filature à vapeur. Leur exemple fut suivi tant par les indigènes que par nos compatriotes eux-mêmes, et aujourd'hui la Syrie possède plus de i5o filatures avec 9000 bassines, outillées à Teuropéenne. Dans ce nombre, les neuf plus grandes, comptant 892 bassines, appartiennent à des Français établis depuis longtemps en Syrie : ce sont MM. Cambassédès, G. Malpertuy, Mourgue d'Algue fils, Prosper Portalis, Palluat et Testenoire. D'autres appartiennent en propre à des Syriens : d'autres, enfin, fonctionnent avec le concours financier de maisons lyonnaises^ parmi lesquelles nous devons citer celles de MM. Chabrières, Morel et G*®, GharoUais, Pirjantz et G'*, Peillon et Mérieux, Terrail et Paven.
Les cocons sont filés communément au titre de 9/10 deniers, et sur commande de i i/i4> H f^ut 10 kilogrammes de cocons frais pour produire 1 kilogramme de soie. Le prix moyen de la soie est de 87 à 4o francs. (Prix moyen max. depuis 1890 : 53 fr. 85 en 1892 ; prix min. : 35 fr. 90 en 1894.) •
La soie qui reste dans le pays n'est pas exclusivement employée par le tissage local. Ges soies coûtent trop
cher et les métiers de Damas, de Homs, de Hama et d'Alep préfèrent les soies chinoises, persanes et japonaises, qui leur reviennent meilleur marché.
Par conséquent, la soie syrienne est importée en France en plus grande quantité que la soie de Brousse ; en certaines régions, la totalité de la production vient dans notre pays. Depuis 1890, cette exportation représente de 12 à 18 millions de francs (chiffre maximum : 18.847.000 francs en 1893; chiffre minimum: ia.474-ooo francs en 189a). Nous ne tenons pas compte de Tannée 1894, qui a été éprouvée d'une façon anormale par la crise financière de Beyrouth.
Nous rappelons que la production de la soie syrienne a été de 4^0.000 kilos en 1896, 490.000 kilos en 1897, 465.000 kilos en 1898, 4^6.000 kilos en 1899 et 443*000 kilos en 1900.
Il nous faut maintenant partager ces chiffres entre les différents ports de la côte. L'opération n'est pas facile.
Sur la côte de la Méditerranée, la production de la soie n'est pas limitée aux seuls vilayets de Syrie et du Liban. A la vérité, ces vilayets produisent la grande majorité des cocons et des soies^ mais il est telles autres contrées, comme les vilayets d'Alep et les provinces plus éloignées encore d'Adana et d'Adalia, qui, depuis une époque assez rapprochée, se sont adonnées à la sériciculture et qui s'y livrent avec succès.
Seulement, dans ces contrées, les procédés d'éducation sont assez primitifs et les filatures manquent, ou ce sont des filatures indigènes très défectueuses. Lorsqu'il s'agit d'écouler leurs cocons, les habitants d'Adalia ne peuvent les expédier à Marseille ; aucun navire français ne touche au port ; ils les envoient à Beyrouth par des navires côtiers. Mersina, le port d'Adana, est en correspondance directe avec Marseille et lui envoie une partie de ses
récoltes, mais cette ville, de création récente, est trop négligée par nos compatriotes, et comme elle se trouve peu éloignée de Beyrouth^ qui lui demande aussi ses produits^ elle aime mieux, pour le prompt règlement des affaires, les lui expédier. Quant au vilayet d'Alep, il est le prolongement naturel de la Syrie, comme le mutessariflik d'Ismidt complète le vilayet de Brousse; c'est pourquoi, dans la statistique, on compte toujours les productions d'Adalia, de Mersina et d'Âlep, dans la pro* duction générale de la Syrie.
Cette confusion des produits d'Adana et d'Adalia sur les marchés de Beyrouth rend impossible une évaluation très exacte du mouvement d'exportation de ces différents ports ; il est des chiffres qui font nécessairement double emploi. Mais si Ton veut se rapprocher de la vérité, le calcul est facile ; on retranchera des exportations de Beyrouth les marchandises déjà sorties une première fois d'Adalia ou de Mersina.
Sous le bénéfice de ces observations, nous allons passer en revue les différentes villes qui se livrent à Texportation des cocons, de la soie ou des déchets de soie.
La plus importante est naturellement Beyrouth, qui, sans compter les soies de Syrie, d'Adalia et de Mersina^ exporte encore une partie de celles qui sont produites à Chypre.
Au point de vue de la valeur, elle représente plus des 8/10 de l'exportation soyeuse de toute la côte.
Voici les chiffres de 1899 et de 1900 :
Soie et bourre de soie . . 345.600 kilo^. 329. i5o kilog.
Frisons 148.950 — » — .
Déchets 71.650 — » —
CocoDs 64.900 — 67.250 —
Cette exportation est presque tout entière dirigée sur
Lyon. En 1900, 6.400 kilogrammes de cocons seulement ont été envoyés h Milan. (B» C. C, 1901, oct.,p. 624.)
Après Beyrouth, c'est Tripoli qui exporte le plus de soies syriennes. La valeur de ses exportations oscille entre 2 et 3 millions de francs :
. . • . 2. 147.000 francs
Quant aux produits, eux-mêmes, ils se subdivisent ainsi, avec leur valeur respective :
Soies grèges
Cocons
Frisons
Ulog.
kilog.
kilog.
(val. 1.938.030 fr.)
(val. 114.000 fr.)
(val. 96.000 fr.)
(3.000.000 fr.)
(291.000 fr.)
(68.000 fr.)