d*agneau — i3.ioi
Nous ignorons la part de la France. (3/. 0. C, 7 février 1901.)
Smyrne, qui centralise une partie du commerce de Koniah, aexporté pour i.i56.o5o kilogrammes de peaux brutes valant sensiblement la même somme. En 1896, elle en avait exporté etx France pour 352.970 francs.
A Adalia, la quantité de peaux de chèvre varie annuellement de 5o à 60.000 pièces; mais Texportation en est limitée, car la plus grande partie de ces peaux, qui se vendent de i fr 5o à 3 francs suivant leur poids, est employée pour la cordonnerie locale. Le reste — i5.ooo peaux environ — est transporté h Smyrne par des voiliers ou des caboteurs. (B. C. C, 1901,
L^exportatîon de Mersina oscille entre 100.000 et 700.000 francs. En 1898, elle a été de 3a6.ooo francs ; en 1899, de 273.000, et en 1900, de i44*o<>Q*
Alexandrelte est un grand marché de bétail et de peaux. C'est là qu^arrivent par les gués de TEuphrate les immenses troupeaux de Diarbékir et de la Mésopotamie. Alep, étant une ville de i5o.ooo âmes, consomme nécessairement beaucoup de viande et livre, soit à l'industrie locale, soit au commerce extérieur, une ^ande quantité de peaux.
En 1899, Alexandrette a exporté pour i. 810. 000 francs de maroquins et de peaux, dont 85o.ooo pour la France. La Turquie, FEgypte, l'Autriche, TAllemagne et l'Angleterre importent le reste. Les peaux de chèvre viennent des environs d*Alep, mais surtout de la petite Arménie et de la Mésopotamie. Une peau brute vaut de i fr. 5o à a francs, suivant la qualité, la grandeur et le poids.
L'exportation de Beyrouth n'est pas indiquée dans le rapport de notre consul pour l'année 1899. En 1896, elle s'était élevée, concurremment avec le Pirée, à une somme de 40*000 francs. (V. Verney, p. 646.)
232 EXPORTATfONS DU LEVANT EN FRANCE .
L'exportation de Tripoli oscille autour de ioo.ooo francs et celle de JafTa se déplace entre So.ooo et 35o.ooo francs. En 1899, JalTa a expédié i5.ooo francs de peaux en France, contre ta.ooo en Italie, 10.000 en Allemagne et 5ooo en Autriche. Les peaux de chèvre s'y vendent de i franc à 1 fr. 10 et les peaux de mouton de I fr. 20 à I fr. 40. (M, O. C, 18 octobre 1900.)
Bassorah a exporté, en 1899, un total de lo.oSo balles de peaux diverses représentant une somme de 1. 125.000 francs, contre 9000 balles en 1898. Ces peaux qui viennent du Nedjed et des vilayets de Bagdad et de Bassorah sont exportées en Angleterre, en France et en Autriche, sans compter les expéditions terrestres, pour la Perse ou pour la Russie.
La part de la France est importante. Pour les peaux de chèvre, elle a été de 3244 balles en 1899, contre 3374 en 1898. Ces 3244 balles représentent 5oo.ooo francs. Pour les peaux de mouton, elle a été de a3i balles. La balle contient i25 peaux. (M. O. C, 6 juin 1901,)
Bœufs et buffles. — Les cuirs de ces animaux sont d'une vente beaucoup plus courante que les peaux de mouton et de chèvre, mais la presque totalité est consommée dans rintérieur du pays pour la cordonnerie indigène. A défaut d'écorce de chêne, les peaux sont préparées avec Técorce de pin et la vallonée. Les cuirs de buffle, énormes comme épaisseur, servent à fabriquer des chaussures sans talon, nommées yéméni. Ils se vendent 1,70 à 2,25 le kilogramme. Les cuirs de vache et de bœuf sont payés de 2,10 à 3 francs le kilo* gramme, la marchandise prise en magasin.
Il est diffîcile d'évaluer le commerce d'exportation qui se confond souvent avec le précédent. Si Ton se reporte au mouvement d*ensemble du commerce ottoman en 1896, publié par Tadmînistration turque, on trouve que sur une exportation totale de to. 170.000 francs de peaux, il y aurait eu 222.000 francs de peaux de bœuf et veau, contre 9.098.000 francs de peaux de chèvre et mouton et 85o.ooo francs de peaux diverses,
La majeure partie des peaux de bœuf et de veau sont exportés par Constantinople, où la consommation de viande est la plus abondante.
MATIÈRES AFTIMALES 233
A Smyrtie, les peaux sont vendues remises à bord, tous les frais restant à la charge du vendeur. L'achat des peaux salées se traite au poids à raison de i fr. 5o les laSo grammes. Les peaux seulement séchées coûtent a fr. 5o et celles de veau a fr. 65.
A Alcp, les peaux sont généralement légères et de petite dimension. L^exportation peu abondante se dirige sur Tltalie.
A JafTa et Gaïiïa, les peaux valent de 4 fi*« 5o a 5 francs la pièce.
Pelleteries. — On désigne sous ce nom les peaux d'animaux garnies de leurs poils. Les pelleteries sont naturellement brutes, mais elles peuvent être préparées avec un art plus ou moins parfait ; elles relèvent alors des soins du pelletier ou du fourreur. La fourrure pert de plus en plus d'importance depuis que les Turcs s'habillent à l'européenne. Les pelisses, dont les notables se paraient autrefois, même par les fortes chaleurs, sont abandonnées pour le pardessus.
Les principales pelleteries du Levant sont celles de lièvre, sanglier, renard, loup, chacal, et, dans les espèces plus petites, de fouine, blaireau et martre. Tous ces animaux sont assez nombreux en Asie Mineure, particulièrement dans les vifayets de Sivas et de Castamouni.
Les peaux de la plupart de ces animaux sont importées à Constantinople, d'où elles sont réexportées en Russie (Nijni- Novgorod), l'Allemagne (Leipzig), Londres et très peu en France. Si l'on prend comme base un chiffre d'affaires de 4^0.000 à Soo.ooo francs, il représente à peu près :
40 à 4^.000 peaux de renard.
7 à 8.000 — de chacal.
5 à 600 — de loup.
i5 à tS.ooo — de fouine,
7 h 8.000 — de blaireau.
2 à a. 600 — de martre.
Les lapins et les lièvres figurent dans un autre compte,
234 EXPORTATIONS IMJ LEVANT EN FKANOE
pour une somme d'environ 75.000 francs. En 1898, Smyrne en a exporté iS.ooo kilogrammes, d'une valeur de 55.000 francs. Les peaux d'Alexandrette sont originaires de Marach et des environs et se vendent de 10 à 3o centimes. Elles sont exportées à Marseille et à Livourne.
30 ïïjmînea.
quint. fr. qaint. fr.
1867-1876 .... ») a2.i83.o » ai. 661.0
1900 43.863 9.869. o 40 520 9. II 7.0
Esport. par navires français 28.014 quint. — — étrangers 15.849 —
La quantité de laines mises à la disposition du commerce dans le monde entier est évaluée pour 1899, à 1.022 millions de kilogrammes.
Cette production tend plutôt à diminuer^ en même temps que les laines fines deviennent de plus en plus rares. Par contre, les laines croisées augmentent. La production diminue en Australie et au Cap ; elle augmente à la Plata.
Dans ce commerce général, la France figure en 1898, pour 257 millions de kilogrammes, valant 407 millions de francs et, en 1899, pour 263 millions de kilogrammes, valant 496 millions de francs.
Les pays d'où nous recevons le plus de laine sont : la République Argentine, TAustralie, l'Angleterre, TUruguay, la Turquie et l'Algérie.
Avec la Turquie, le commerce des laines est soumis à
MATIÈRES AIftMALES 335
moins de fluctuation que celui des peaux ; il se maintient pour la France autour de 6 millions de francs.
On distingue deux sortes de laines : les laines surges ou en suint et les laines lavées. Les laines surges sont celles qui sont imprégnées de cette matière grasse que Ton rencontre sous les doigts, lorsqu'on passe la main sur le dos d'un mouton non tondu. La laine lavée est cette même laine débarrassée de la matière grasse ; elle pèse moitié moins.
Constantinople est un marché important pour les laines, et cela se comprend. Dans cette ville et dans toutes les provinces voisines, on consomme beaucoup de viande de mouton et peu de bœuf. En outre, toutes les laines des environs et de plusieurs villes de Tinté rieur y arrivent pour être réexpédiées. On estime que Constantinople exporte i million 1/2 de kilos de laines.
Les neuf dixièmes de ces laines vont à Liverpool. Quelques lots seulement sont expédiés à Marseille. Il y a vingt ans c'était le contraire ; Marseille recevait presque toutes les laines de Constantinople.
La laine provenant des abats de Constantinople se nomme kassap-bachi (litt. boucher-chef) et se divise en laine blanche et en laine grise et noire ; lune et Tautre comportent des qualités différentes. Les bonnes qualités de laine blanche se vendent 1 fr. 5o les 1280 gramme&f et les bonnes qualités dégrise et noire i fr. 10.
En Turquie d'Asie, les quatre cinquièmes de la production locale alimentent les fabriques impériales dlsmidt, de Caramursal et d'Héréké, qui fabriquent, soit des draps, soit des fez et des tissus pour Tarmée, ou bien servent à la fabrication des tapis, des feutres et étoffes grossières. Le surplus est livré à rexportation.
Les brebis sont tondues au mois de mai. Chaque brebis rapporte en moyenne 3 kilogrammes de laine. La laine est vendue de 80 à 1 10 francs les 100 kilogrammes
236 EXPORTATIOlfS DU LEVAITT EN FRANCE
suivant la qualité et Tiinportance des commandes.
Presque toutes les laines de la mer Noire vont à Constantinople. Par exception, en 1899, Trébizonde nous en a envoyé pour aSoo francs et Samsoun pour 8000 francs. En 1900, Ineboli, nous en a envoyé pour 16.000 francs. Ce sont des quantités insignifiantes. A Samsoun, les laines sont expédiées non lavées et non pressées dans des sacs de jute de 100 à lao kilogrammes. Le prix fob est de 82 à 85 francs les 100 kilogrammes.
Les Dardanelles envoient également toutes leurs laines à Constantinople. Il en va de même des vilayets de Brousse, d'Angora et de Koniah, qui sont desservis par le chemin de fer d'Anatolie. Une très faible partie seule* ment des laines de Koniah va à Smyrne.
Néanmoins, Smyrne tient encore une place importante dans ce commerce. En 1899, cette ville a expédié 3365 balles pesant 674.300 kilogrammes, à raison de 78 à 85 francs les 100 kilogrammes fob Smyrne, et cette année est au-dessous de la moyenne.
Les laines lui arrivent à Tétat brut des centres de pro* duction qui sont par ordre d'importance : Koniah, Akseraï, Nigdé, Akshéïr, Caïssar, Boulavat, Bouldar, Sparta, Kara-Hissar» Denizli, Nazli, Aïdin, Sokia» Eudemich,Baïndir,Thyra, Alachéïr, Cassaba, Magnésie, Salikli, Ménémen et Pergame. Les produits les plus appréciés sont ceux de Kara-Hissar et de Boulavat, où Teau plus abondante arrose de meilleurs pâturages.
Smyrne reçoit également en consignation la majeure partie des laines d*Adalia,qui lui arrivent par des voiliers desservant la côte.
Arrivées à Smyrne ^ les laines sont débarrassées de leurs matières les plus impures ; c'est Topération du triage* On apprécie leur qualité d'après la finesse et la longueur des fils. Les laines extra-fines mesurent un diamètre de t à 3 centièmes de millimètre, et les communes de 3 à
5 centièmes. Plus la laine est fine, plus elle est frisée. La longueur des laines extra-fines n'est pas supérieure à 3 ou 4 centimètres ; les longues, dites laines à peigne , mesurent de lo à 12 centimètres; quelques-unes atteignent i5 et 18.
Les principaux centres de consommation de la laine en Asie Mineure sont Ouohak, Ghiordès et Koula ; les pays acheteurs sont principalement les Etats-Unis, l'Angleterre et la France ^
Pour Marseille, les frets doivent être calculés à raison de a fr. 5o les 100 kilogrammes bruts.
Les paiements à Tachât sur place se font par moitié en deux semaines, et l'acheteur doit ajouter à son prix d'acquisition les frais de pesage public, de transport, de triage, de pressage, de quai, d'allège, etc.
La province d' Adana ne produit, par elle-même, qu'un tiers au plus des laines qu'elle exporte ; le reste lui vient de la province de Césarée, qui approvisionne également le marché de Samsoun. En 1899, il a été exporté, pour la France, 484-ooo kilogrammes de laine, d'une valeur de 374.000 francs. En 1898, cette valeur avait été de aGa.ooo, presque tout pour la France. Comme à Smyrne, les marchandises expédiées à l'étranger se vendent fob Mersina.
Alep, qui est une ville de i aS.ooo habitants, consomme beaucoup de moutons et exporte une grande quantité de laine : 3. 820. 000 francs en 1900, dont 1. 100. 000 francs pour la France. Le solde a été acheté par Constantinople (1.280.000 fr.), l'Italie (Soo.ooo fr.), les Etats-Unis (290.000 fr.), l'Angleterre (125.000 fr.), l'Allemagne et l'Autriche (iS.ooo fr.). (B. C, C, 1901, I. 769.)
i En 1889, les exportations avaient donné les chiffres suivants :
Amérique . 1,576.000 fr. Italie 43.ooo fr.
Angleterre . 701.000 Turquie .... 3i.ooo
France. . . 3o2.ooo 2.722.000 fr.
Autr.-lIOng. 69.000 ^^nMMHHaHM»
Les cinq huitièmes sont des laines lavées et les trois huitièmes des laines surges. Les laines surges sont vendues de 80 à 82 francs les 100 kilogrammes, et les laines lavées de 170 à 176 francs fob Alexandrette. C'est ritalie qui achète la majeure partie des laines lavées.
Les laines d*Alep viennent des vilayets d'Alep, de Diarbékir et du sandjak de Mardin.
Il se vend sur les divers marchés de la Syrie, et notamment à Damas, Homs et Hama, 3 millions de kilogrammes de laines, dont 2 millions 1/2 sont livrés à Texportation. Cette laine vient du pays lui-même, des vilayets d'Erzeroum et de Mossoul, et des tribus nomades du désert. 85 pour 100 de cette laine est blanche ; les autres sont grises ou noires. Ordinairement les acheteurs sont obligés de prendre 5 pour 100 de laine grise ou noire dans un ballot de laine blanche. On distingue deux qualités de laine : la néaïmi et la djcbeili : la première est la plus fine et la plus chère.
On n'expédiait jadis que de la laine lavée ; aujourd'hui on la livre en suint. Beyrouth est le principal port d'exportation : Lattaquieh et Tripoli n'exportent que de petites quantités. La laine exportée est livrée à Marseille, Trieste, Liverpool et l'Amérique. Les laines de la Syrie moyenne, surtout dans les régions de Homs et d'Hama, vont presque toutes aux Etats-Unis par la voie des Messageries maritimes, qui les transportent jusqu'au Havre.
En 1899, Jaffa a exporté pour 59.000 francs de laines en suint, dont 20.000 pour la France. En 1896, Caïffa nous en a envoyé pour Sgoo francs.
Bagdad et Bassorah n'exportent pas moins de 6 à 9 millions de francs de laines ; c'est de beaucoup le trafic le plus important de toute la Turquie d'Asie. La France qui, depuis 1896, n'est plus représentée dans le golfe Persique par aucune Compagnie de navigation, détient encore la quatrième partie de ce commerce, seulement
elle est obligée d'emprunter les vaisseaux anglais, qui ne chargent pour nous qu'à leurs convenances et au fret qui leur plaît. Ce sont des conditions très désavantageuses.
En 1899, Bassorah a exporté* 87.650 balles, de i5o à i55 kilogrammes, valant 6.024.000 francs contre 38. 000 balles en 1898. La part de la France, en 1898, a été de 10.753 J^alles et en 1899 de io.o56 balles. Ces io.o56 balles représentent une somme de 1.608.960 francs.
Les laines sont mélangées dans la proportion de 20 pour 100 de blanches çt 80 pour 100 de noires ou de brunes, (m. 0. C, 1901, 6 juin.)
io Poils et crias.
quint. *fr. quint. fr.
1898 i.3ia 376.2 827 218.5
Détail en 1900
fr le kg. quint. flr.
Poils bruts de chèvre. 3.25 1.960 604.5 — de vache . 0.34 457 i5 5
Export. par navires français. . . ,
— — étrangers ,
quint, fr. quint. fr.
Crins bruis • 239 65. 800 227 65. 800
Expert. par navires français 238
— — étrangers i
Les poils, — Les poils se divisent suivant leurs usages en quatre catégories :
quint.
fr.
quint.
Les poils pour chiapellerie ; ce sont les poils de lièvre et de lapin ;
Les poils pour filature : ce sont les poils de chèvre, de chevreau et de chameau. Ils servent à faire des étoffes qui ont en général peu de valeur, tel Talpaga. Dans le Levant, les poils de chèvre sont utilisés pour la confection de diverses étoffes indigènes et sont employés concurremment avec les poils de chameau, pour confectionner les tentes ;
Les poils pour brosserie ; ce sont les poils de blaireau, porc, sanglier, martre, putois ;.ils servent à faire, les uns des pinceaux pour la peinture fine ou en bâtiments, d'autres, des brosses à ongles et à dents ;
Enfin les poils pour Tagriculture ou le feutrage ; tels les poils de vache. Ce sont des poils de rebut, communément dénommés plocs ; ils servent pour la sellerie, les engrais, les tapis et les draps grossiers.
La France ne reçoit du Levant en quantité appréciable que des poils de chèvre et de vache. Encore ces poils sont-ils ceux de la chèvre commune seulement. Le commerce beaucoup plus important des poils de chèvre mohair est accaparé par TAngleterre, qui les file et les réexpédie sur les marchés d'Europe et d'Amérique. . Comme il n'y a pas de raison pour que la France se désintéresse de ce commerce spécial à l'Asie Mineure, nous lui consacrerons quelques lignes. Le mohair est d'un usage trop courant dans la confection des étoffes et ces étoffes elles-mêmes sont d'une vente trop fréquente, même en France, pour que nos industriels ne veuillent pas se décider, un jour ou l'autre^ à s^approvisionner directement en Tui^quie de matières premières aussi riches.
Les poils de mohair donnent lieu à un trafic annuel d'environ i5 millions de francs. Les statistiques otto-^
MATIÈRES ANIMALES ^ii
mânes donnent les chiffres suivants pour les années 1 892 à 1 894 :
4*^'*^4'299 kil.
■ 5.900.000 francs.
i3.aoo.ooo —
i4.3oo.ooo — (B. ce, 1899,1.)
La chèvre mohair est de petite taille et, si elle était enrubanée, elle évoquerait le souvenir de ces belles chèvres aux longs poils lisses, que les marchands de jouets fabriquent au jour de Tan.
Cette chèvre aime les stations élevées, et son poil est d'autant plus fin que Tanimal vit à de plus grandes hauteurs. Les plus beaux troupeaux paissent à des altitudes de 1000 à 1200 mètres au-dessus du niveau de la mer. Cependant la chèvre peut aussi vivre dans les plaines et les terrains bas, mais son poil est de moins bonne qualité.
La chèvre mohair se trouve en grande quantité dans les vilayets de Castamouni, Brousse, Angora, Koniah, Diarbékir, Van et Bitlis ; elle devient plus rare au fur et à mesure qu'on s'éloigne de ces provinces. Elle ne se rencontre pas sur la côte.
Sauf dans le vilayet de Koniah, le poil de mohair est uniformément argenté. Cette dernière province produit aussi un poil jaune nommé tchenguéli, qu'on ne retrouve nulle part ailleurs. Le tchenguéli est moins apprécié que le blanc et coûte toujours environ i franc de moins par kilogramme. Il est aussi moins abondant : 55. 000 kilo^ grammes contre 176. 000.
Le commerce distingue deux qualités de mohair : la première comportant les mohairs de Bey Bazar^Eskichéir, Kara-Hissar, Nalléhan, et la seconde ceux d'Angora, Tchangora, Tcherkess, Kastambollou^ Guérédé, etc. On estime que les qualités secondaires du mohair turc valent encore mieux que les meilleures qualités des
mohairs du Gap, qui lui font concurrence depuis une trentaine d'années.
Les chèvres mohair paient un impôt annuel de i fr. 3o par tête. On les tond au mois de mai.
Les poils de chèvre cardés et filés en Turquie servent à faire des étoffes connues sous le nom de chali et de sof. Ces étoffes sont fabriquées à Istanos, village situé à 3o kilomètres d'Angora, où il existe une dizaine de métiers. La production annuelle est de i5oo pièces de a5 mètres, valant de i lo à 1 15 francs la pièce. (M, 0. C,
i8 octobre 1900.)
On utilise encore le mohair, — les Turcs disent tiftik ou leflik — pour faire des tapis veloutés et soyeux, qui sont très appréciés. On les vend en moyenne 60 francs le mètre carré, tandis que les beaux tapis de laine valent de 20 à 25 francs. Koula est le centre de fabrication de ces tapis.
Les peaux de mohair en poils se vendent de 9 à 10 francs la pièce pour les dimensions moyennes, 20 à 25 francs pour les grandes dimensions. On en exporte fort peu;. en 1899, le vilayet d'Angora, qui a pour ainsi dire le monopole de ce commerce, n'a exporté que 27.000 peaux de mohair, dont 2600 francs pour la France. Les peaux de mohair bien nettoyées font de belles descentes de lit.
Les poils se vendent de 3 francs à 3 fr. 25 le kilo. Ils sont presque tous dirigés sur Constantinople, qui les réexpédie en Europe ; une très faible quantité, provenant des vilayets de Van, Bitlis et Diarbékir s'exporte par Alexandre tte ou les ports de la mer Noire.
Exportation. — L'exportation d^Angora, la plus importante de toutes, a atteint, en 1899, 2.i2o.5oo kilos d'une valeur de 7.633.800 francs. Sur cette quantité» 260.000 kilos venaient du vilayet de Castamouni. Les frais de transport par chemin de fer d'Angora à Haïdar-Pacha sont de 12 fr. 76 les 100 kilos (M, O. C, 18 octobre 1900.)
La même année, le vilayet de Diarbékir a exporlé 354o balles de laines et mohair, à destination de l'Angleterre, la France, TAllemagne, TAutriche et les Etats-Unis et 462 balles de poils de clièvrcy à destination de la France. Le tout représente une valeur de 279.000 francs. Les balles sont de 100 kilogrammes. (M, O. C, 4 avril 1901.)
Les 55.000 kilosde tchenguéli, produits par le vilayet de Koniah, se répartissent entre l'Angleterre (60 0/0) et la France (40 0/0).
Ineboli exporte la majeure partie des mohairs du vilayet de Castamouni. En i(>oo, cette exportation a été de 307.200 kilos, valeur 1.226.300 fr., dont 3o5.6oo kilos, 1.220.000 fr. pour l'Angleterre, et le reste pour la Russie. (B. C. C , 1901, I, 5i40
ËnGn, Alexandrette a exporté, en 1899, pour 6725 francs de mohair et Bassorah, 3oo balles d'une valeur de 57.600 francs, 6 destination de TAngleterre. (M, 0. C, 6 juin 1901.)
Les mohairs expédiés en Angleterre sont travaillés à Bradford, qui les livre à la consommation européenne. L'exportation pour l'Angleterre a été depuis 1892 :
44 624 balles de yS kg. ou 3.346.800 kg.
60 000 — ou 4*5oo.ooo kg.
Les crins. — Les crins se divisent en deux catégories : les crins droits formés des poils les plus longs — les luthiers en fout un grand usage, — et les crins frisés, formés des poils les plus courts ; ce sont ceux dont l'usage industriel est le plus répandu. Ils servent à fabriquer des cordes et k rembourrer les matelas, chaises et fauteuils. L'exportation de Turquie en France s'élève à 65. 000 francs.
L^industrie utilise encore depuis quelques années un crin végétal, produit d^un arbrisseau nommé le caragate, qui pousse en Algérie. Le crin végétal coûte 5o pour 100 meilleur marché que le crin animal.
5» 0% cornes «t SAbots de bétell.
quint. fr. quint. Dr.
>î>oo 18.774 752.0 18.774 752.0
DÉTAIL EN 1900 le kg. quint. fr. quint. fir.
Os et sabots bruts. . 0,20 14.816 296.3 14.816 296.3 Cornes brutes. . i,i5 3.958 455.2 3.908 455. a
Ëxport. par navires français. . . 7.409 quintaux.
— turcs .... 3o —
— étrangers. . 11. 335 —
Les débris d'animaux, os, sabots et cornes, donnent lieu à un trafic très important par le port de Constantinople, presque nul par Smyrne et les autres villes. En 1889, Smyrne n'avait exporté que pour 55.761 francs d'os ; encore cette exportation était-elle tout entière à destination de l'Angleterre. (V. Rougon, p. 568).
Les os des jambes des vaches, chevaux et moutons, donnent de Thuile de pied de bœuf, de cheval ou de mouton. Les os les plus larges de ces mêmes animaux servent à la tabletterie ; on en fait des bois d'éventails et des manches d'écran à main. Les autres os servent à la fabrication du noir animal, des sels d'ammoniaque et de la colle forte. Le noir animal est employé dans l'industrie pour la clarification des sirops, vinaigres et spiritueux et pour la désinfection des eaux croupies ou des liqueurs gâtées par la fermentation.
Les cornes servent à divers usages. Les cornes de bœuf et de vache sont employées à la fabrication des peignes. Les cornes de buffle, aux couleurs foncées avec des cannelures lisses et brillantes, sont plutôt recherchées
pour la brosserie et la tabletterie ; on les emploie aussi pour remplacer les baleines de corsets et dans les confections pour dames. Les cornes de buffle d'Asie Mineure sont très recherchées par l'industrie européenne, et la France en reçoit chaque année une certaine quantité.
Pour préparer une corne, on commence par la scier en petits morceaux ; divers morceaux peuvent se souder ensemble et Ton obtient ainsi l'article qu'on désire. Cet article est lui-même susceptible de recevoir les couleurs les plus variées. Si on le fait macérer dans une solution concentrée d'alun ou de vinaigre, il imite Fécaille de tortue. A l'aide de divers procédés chimiques, on lui donne à son gré des teintes rouges, noires ou brunes.
Nos importations en cornes brutes s'élèvent chaque année à 7 ou 8 millions de kilogrammes, venant presque tous d'Angleterre ou des Indes anglaises.
Les sabotSy quand ils sont intacts, peuvent être taillés comme la corne ; sinon, ils servent à fabriquer du bleu de Prusse, des sels ammoniacaux ou des engrais.
Les sabots et les os donnent à la France une importation totale de 82 à 33 millions de kilogrammes, venant d'abord des Indes anglaises, puis d'Espagne, d'Angleterre, de la République Argentine et de la Belgique. La Turquie ne vient qu^après toutes ces puissances.
6« Plmiies d« |Mirare,
quint. fir. quint. tr.
Dont :
fr. le kg. quint. fr. quint. fr.
Plumes de coq brutes. . . 10 8 8.0 8 8.0
Plumes brutes blanches . . . 3i5 3 3
Plumes de toute autre couleur 38 243 647 . 5 243 6 . 475 Plumes apprêtées, autres que
blanches ou noires. • • . 5o 10 3o.o 10 3o.o
Export, par navires français . .36 quinlaux
— — turcs .... 8 —
— — étrangers. , . 217 —
On englobe sous le nom général de plumes de parure, les plumes d'aigrette, autruche, cigogne, coq, faisan, flamant, geai, grive, héron, ibis, lophophore, marabout, oiseau-mouche, oiseau du paradis, paon, pélican, pintade, vautour, etc., qui sont réellement des plumes de parure, et différentes autres plumes comme celles de canard, dinde, perdrix et pigeon, qui au premier abord paraissent peu qualifiées pour servir d'ornement. Dans les statistiques douanières, ces dernières figurent dans la catégorie des plumes de coq.
La préparation des plumes de parure est Tune des plus curieuses et aussi Tune des plus capricieuses de Tindustrie parisienne. Suivant que la mode se porte vers les plumes, les fleurs, les dentelles ou les étoffes, il faut compter sur autant de révolutions, qui troublent profondément tout un monde de travailleurs et d'ouvrières.
Le commerce des plumes de parure, a donné en 1899, à l'importation en France :
I ^ Pour les plumes brutes :
i.i83.ooo francs de plumes de coq et de vautour.
i.i5o.ooo — d'autres plumes, noires.