III. Légumes
i^ Léipimes secs.
quint. fr. quint. fr.
Détail en 1900
le kll. quint. fr. quint. tr.
Fèves en grains 0,16 71.956 i.i5i.3 81.702 1.307.2 Pois pointus. . 0,27 4.893 i32.i 4-*^74 i3i.6
Autres o,32 47 «037 i.5o5.2 39.805 1.273.8
Export, par navires français. . . . 101.281 quintaux
— — turcs 10.420 —
— — étrangers . . 9 387 — / — voie de terre ..... a. 798 —
Les divers légumes peuvent se diviser en quatre catégories :
Les Zegrummeuac*.' haricots, lentilles, flageolets, fèves, pois chiches ou pois pointus, etc. Dans ces légumes, qui sont les plus nourrissants de tous, ce sont les graines que Ton consomme. Les légumineuses peuvent se conserver par dessiccation ; ils forment alors une branche importante du commerce d'exportation.
Les tubercules: pommes de terres, patates, ignames, manioc, topinambour, salep. A part les pommes de terre, ces légumes sont d^un usage un peu moindre que les précédents. La fécule qu'on retire de quelques-uns d'entre eux a un goût très agréable, et est surtout employée dans les potages.
Les racines : carottes^ navets, panais, salsifis, betteraves, radis. En dehors de Tusage courant et connu de tous, on les conserve pour former, à l*état de fécule, de Tarrow-root, du tapioca, du sagou, etc.
Les herbacés : Oisperges, tomates, artichauts, cardons, céleris, choux, aubergines, angélique, etc.; ce sont les moins nourrissants de tous.
De tous ces légumes, les légumes secs sont presque les seuls qui puissent faire Tobjet d^un commerce d'exportation. Les légumes frais ne peuvent supporter de longs transports sans se détériorer.
Les statistiques ottomanes évaluent pour Tannée 1896 l'exportation totale de TEmpire en légumes secs, haricots, fèves, lentilles et pois chiches à 27.000.936 kilos valant 5.267.102 francs. (B.c.C, 1900, il, 493.) Cette même année, la part de la France a été de 2.340.788 francs.
Il est presque impossible de faire la part exacte du commerce propre à chacun de ces produits, que les statistiques confondent souvent sous une dénomination générale. On confond surtout les haricots et les fèves.
Les haricots dominent par leur importance dans la mer Noire, les fèves et les pois chiches en Syrie. Le haricot est consommé dans toute la Turquie ; additionné d'un peu d'huile d'olive, il est le légume le plus employé pour faire la soupe. Les provinces qui en produisent le plus en Turquie d'Asie sont les provinces limitrophes de la mer Noire; elles en expédient une partie à l'étranger et une autre partie à Constantinople, qui s'approvisionne également en Bulgarie et dans les États Danubiens. Sur les 92.000 sacs (12.000 tonnes) consommés annuellement à Constantinople, 40'Ooo sacs, représentant 1.200.000 francs viennent delà mer Noire.
Les ports de la mer Noire expédient encore leurs haricots dans les autres ports du Levant et même en Syrie. C'est dire que la production de ce légume ne
prospère pas dans toute la Turquie d'Asie. Cependant dans le vilayet de Koniah, le caza de Nigdé produit environ 75.000 kilos de haricots blancs, dont une partie est expédiée à Marseille, via Mersina. D'autres localités du même vilayet : Andaval, Ahlassou, Oulou- Agatch, etc., produisent de bons haricots rouges, qui restent dans le pays. La production parait se développer en Syrie, où Tripoli exporte quelques tonnes en Egypte et en Caramanie. (B. C.C, 1898, décembre, p. 67.)
Les haricots pour l'exporta tion sont généralement logés en sacs de 128 kilogrammes. Les ventes en gros se font au comptant ; pour le demi-gros, on accorde des délais de onze à vingt et un jours. Le prix moyen des haricots est de 17 francs les 100 kilogrammes.
Les fèves proprement dites ne se consomment pas moins que les haricots, elles sont même plus répandues en Syrie et en Palestine. Dans les années de disette^ on en mélange la farine à celle du blé.
Exportation. — L'exportation totale des ports de la mer Noire à destination de la France s'élève en moyenne à iSo.ooo fr. On en peut voir le détail aux tableaux de ces différents ports.
Tripoli (230.000 kilos) envoie tout en Turquie.
Smyrne, en 1889, avait exporté pour France a. 568 francs de haricots, et 104.2.57 francs de fèves. (Rougon, p. 565 et 56i.}
Mersina, qui, en 1898^ avait exporté pour 30.780 francs de légumes secs, n'a fait aucun envoi en France en 1899 (M.O.C., 8 nov. 1900, p. 717.)
Alexand relie, en 1899, ^ exporté 4^0 tonnes de fèves, lentilles et pois chiches d'une valeur de 72.000 francs f D. a C. R. 1900, n» a587.)
Lallaquiehf en 1898, a exporté en France 207.000 kilos de fèves, valant 24.000 francs. (B. C. C, 1899, I, 706.)
D'après M. Verney, Caï/fa et Saint- Jean-d'Acre exporteraient entre 43.000 francs (1891) et 328.000 franes (1890) de haricots et fèves. Ja/fa en exporterait entre 5ooo francs (1894) et 424*^<><> francs (1896), Saïda entre 55. 000 et 120.000 francs et entre Tripoli 5o et
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175.000 francs. L'Angleterre est le principal client de ces produits. (Verneyt p. 640 )
Quant aux lentilles, elles sont principalement cultivées en Syrie et en Palestine, comme au temps d'Abraham. M. Verney estime que Texportation de Tripoli varie de 1000 à aSoo quintaux. Celle de Saint-Jean d*Acre aurait atteint son maximum en 1890 avec 1 65. 000 francs. (Verney^ p. 64a-)
Les pois chiches importés en France viennent d'abord du Maroc et ensuite de Turquie. En Turquie, ils sont principalement cultivés en Palestine et un peu dans le vilayet d'Alep. M. Verney évalue ainsi l'exportation (p. 646) :
Smyrne^ 44* -^o^^ francs;
Alexandrette^ 87.500 francs;
Lattaquiehj 65oo à 7000 tonnes, dont les 3/4 pour Marseille. En 1898, Texporlation pour la France a été de 823.000 kilos valant 574.000 francs (B, C. C, 1899, I, 706);
Tripoli, 4 ^ 5oo.ooo francs, dont 100.000 pour Marseille ;
Saf(/â, 97.000 kilos, dont 72.000 pour l'Egypte et le reste pour Malte et Constantinople.
Les pois chiches valent, suivant la qualité, de 25 à 3o francs les 100 kilogrammes. On peut admettre le prix moyeu de 25 francs fob Levant.
a» Légumes limls.
quint. fr. qainl. fr.
Légumes frais ...... 2806 63. 100 1696 39.900
— salés ou confits. 2 100 2 100
— conservés ... 32 2 200 6 4^0
Total « . • . 2839 65 ^oQ 1604 40 ^00 Ent. export, par navires français.
Les légumes frais appartiennent à toutes les catégories de légumes que nous avons énumérées plus haut. La longueur des traversées entre la France et les ports les plus rapprochés du Levant, qui n'est pas inférieure à une semaine, empêchera à tout jamais ce commerce de prendre un grand développement.