‹ Le commerce français dans le LevantChapitre 65 sur 132 · oo · texte numérisé non relu

oo

Pruneaux . . .

Pistaches . .

Autres ....

Fruits confits

Olives . . .

Autres ....

r. le kg. quint.

fr. quiDl fr.

r navires français

. . 40.495 quintaux

— turcs .

— — étrangers . 148.749 —

— par voie de terre ... 98 —

Raisins. — On a vu plus haut qu'en dehors des raisins, spécialement destinés à la préparation du vin, il reste dans la consommation locale ou pour l'exportation une quantité très appréciable de raisins frais d'une qualité supérieure, comme le tchaouch de Brousse ou les suUanines de Smyrne.

La majeure partie de ces raisins sont exportés à Constantinople. D'après nos statistiques, la part réservée à la France ne dépasserait pas 200 francs. Il ne faut pas s'étonner de ce chiffre; Smyrne et Brousse sont trop loin de Marseille, pour que l'on puisse songer un instant à faire voyager une marchandise qui se gâte aussi rapidement. La presque totalité des raisins frais importés en France vient d'Algérie.

Le commerce des raisins secs est plus important.

On divise les raisins secs en raisins pour la table et raisins pour la distillerie et la vinification. D'après la Commission des valeurs de douane^ les quantités introduites en France de 1896 à 1899 seraient respectivement les suivantes.

Raisins pour la dislillcrie et la Raisins de lable viniflcation

kg. kff.

1896 i3o.33i 6.635.oo5

1897 iao.990 6.811.266

La différence entre les uns elles autres provient surtout de leur qualité. Les espèces les plus communes sont réservées pour la distillerie.

Le commerce des raisins secs est Tun des plus fructueux de la Turquie ; seulement, depuis l'application de nos droits protecteurs, ce commerce s'est détourné vers la Roumanie et vers TAUemagne. Notre part qui en 1889 était de 7.890.000 francs n'a plus été en 1899 que de 1.294.000 francs. Il est vrai que dans l'intervalle notre production nationale a beaucoup augmenté et que l'importation étrangère est devenue moins indispensable.

Comme pour les vins, Smyrne est le principal centre d'exportation des raisins secs, non seulement de la région, mais encore d'ime partie du vilayet de Brousse et des îles de TArchipel. Cette exportation porte sur les sultanines et les autres raisins.

Les grappes de sultanines subissent une préparation particulière. Une fois coupées, on les plonge, pour les empêcher de pourrir, dans un mélange d'eau, de cendre, de potasse et d'huile. Après cette opération, on les laisse sécher pendant huit ou dix jours. Les rosakis subissent la même préparation.

Les sultanines sont ensuite dégrappées et livrées à l'exportation dans des sacs. Cette exportation varie naturellement suivant les récoltes: 3 6. 000 tonnes en 1899 contre 28.000 l'année précédente. (M, 0. C.,16 mai 1901.) Quant aux prix^ ils varient suivant la qualité de la marchandise, mais surtout suivant l'importance des commandes. En 1898, les plus bas prix ont été de 55 francs les 100 kilogrammes et les plus élevés de 1 15 francs.

L'Angleterre est le grand marché des sultanines : 14.000 tonnes sur 36. 000 en 1899. Puis viennent l'Allemagne et l'Autriche avec 12.000 tonnes, les Etats-Unis avec 3^00 et la France avec 25o seulement, qui sont diri-

pées sur Marseille, le Havre ou Dunkerque, suivant Topportunité du fret. (M. 0. C, i6 mai rgoi.)

Après les sultanines, les plus estimés des raisins de Smyrne sont les rosakis qui, eux aussi sont vendus comme fruits de table et subissent les mêmes opérations préliminaires, en vue de l'exportation. Après le dégrappage, le rosaki change de nom et prend celui d^élémé.

Les autres raisins ne sont pas dégrappés. Pour la fabrication des raisins secs, on apprécie surtout les crus de Tzal, de Thyra et de Guneh, mais on utilise tous les autres. Les Tzal se vendent de 17 a 20 francs les 100 kilogrammes, les Thyra de 20 à 22 et les bons Thyra et Guneh de 24 à 28 francs.

L'exportation des raisins secs s'est élevée en 1898, à 214.700 tonnes, et en 1899 à i53.5oo. La Roumanie et TAllemagne achètent la majeure partie de ces produits.

Metelin et Samos sont les seules îles de TArchipel qui apportent un contingent notable à l'industrie des raisins secs. Samos exporte en moyenne 5o.ooo quintaux; quant à Metelin, cette île en a exporté en 1889 pour 45o. 000 francs.

Si nous consultons les statistiques des autres ports, nous ne trouvons nulle trace d'exportation dans la mer Noire : cependant le vilayet d'Eraeroum fabrique une certaine quantité de raisins secs. Par contre les ports do Syrie bénéficient comme Smyrne des nombreux vignobles qui s'échelonnent le long du littoral; mais la part de la France est presque nulle, la presque totalité des exportations est dirigée sur l'Egypte.

Mersina, dans les bonnes années (1890), a pu exporter jusqu^à 4i5.ooo francs de raisins secs; dans les mauvaises (1892), elle n'en a exporté que pour 4-<^)<>o

L'exportation d'Alexandretle n'est guère plus importante : 1 25.000 francs en 1899; encore englobe- t-elle tout à la fois les raisins et les figues. Les marchandises d'Alexandretle sont toutes à destination de l'Egypte.

Le mouvement d'affaires se relève avec Beyrouth qui, en 1899, a exporté 5O2. 400 kilos de raisins secs et 77.000 kilos de raisins pour distillation. Les pays de destination ont été TEgypte et la Russie.

MATIÈRES VÉGÉTALES . 'Zn

La même année, Jaffa a exporté poura53.ooo francs de raisins, fruits et miel, sans qu'on puisse déterminer la part de chacun de ces produits. La France n'en a reçu que pour 5oo francs.

Les raisins secs sont frappés à leur entrée en France d'un droit de 25 francs les loo kilos au tarif général, et i5 francs au tarif minimum.

Fignes. — Après les raisins, les figues constituent Tun des éléments les plus essentiels du commerce d'exportation des fruits. Les figues sèches se divisent, comme les raisins, en figues pour la table et figues pour la distillerie.

Les figues les plus renommées sont celles de Smyrne . Ces figues propres au vilayet d'Aïdin par leur goût et par leur saveur^ se récoltent dans la plaine d'Ephèse et les vallées du Méandre et du Caïstre. Les figuiers commencent à rapporter au bout de six ans; à quinze ans, ils sont en plein rapport.

La figue, une fois cueillie, reste pendant cinq ou six jours à Tair libre pour être séchée; après quoi on la transporte à Smyrne où elle est placée dans dès petites boites en carton ou en bois qui pèsent 5oo gr . à 5 kilos avec une tare de i5 pour loo. Ces boîtes sont à leur tour placées pour l'exportation dans de grandes caisses en bois ajourées, que Ton nomme des squelettes. Le nombre des boites enfermées en un squelette varie selon leur poids.

La culture du figuier et la préparation des figues n'occupent pas moins de 12.000 ouvriers, qui acquièrent par un travail de quelques semaines le droit de ne rien faire le reste de Tannée. Aussi est-ce un véritable désastre lorsque la récolte manque ou est insuffisante. Les récoltes moyennes sont évaluées à 1 1 millions de kilos mais les bonnes récoltes ont donné jusqu'à 17 millions.

Les figues se vendent environ 70 francs les 100 kilos net, fob Smyrne, mais ces prix varient beaucoup suivant les récoltes et la qualité de la marchandise.

La fi^çue se vend sous deux formes, comme figue à bouche et comme figue à distiller. Les figues à bouche se vendent après la récolte depuis le mois d'avril jusqu'à novembre ; elles sont généralement expédiées sans préparation, emballées dans de petits sacs de 25 à 3o kilos et, pour ce fait, sont appelées figues naturelles. En 1899, on en a exporté 85. 000 sacs.

Après novembre, il ne reste plus que les figues k distiller dites hordaSy de l'espèce la plus commune. Les figues à distiller s'achètent par quintal de 56 kilogrammes.

Enfin, une certaine quantité, trop inférieure, est écartée des ventes et se nomme refus. Elle s achète pourtant en Autriche, où elle sert à la gréparation d'une sorte de chicorée torréfiée.

En 1889, Smyrne avait exporté :

quint fir.

Angleterre 207.000 (de 56 hect.) valant 5.070.000

Amérique 40.000 — — 947.000

Autriche-Hongrie. . . 3o.ooo — — 707.000

France 3.ooo ou 168.000 kg. — 72.000

Autres pays . , . . . 40.000 — 674.000

L'Angleterre et les Etats-Unis sont restés les grands importateurs de figues; ils en importent chaque année 4*25o.ooo kilos En 1899, la France n'en a reçu que 5oo à 600 caisses de 170 kilos, soit environ 100.000 kilogrammes. Comme les droits qui frappent les raisins secs à leur entrée en France s'appliquent aussi aux figues, ce produit se fait de plus en plus rare sur notre marché.

La Syrie, notamment Alexandrette et Beyrouth, exporte également des figues communes pour la distillerie. Mais ce sont des quantités peu importantes : 77.000 kilogrammes à Beyrouth en 1899. La même année, Alexandrette a exporté pour 125.000 francs de raisins et figues sèches.

MATIERES VEGETALES ;d7r>

Dattes. — Les dattes ne viennent que dans la Mésopotamie et sont le principal aliment de la fortune de Bassorah. En 1899, le commerce des dattes à Bassorah n'a pas été inférieur à 7 millions de francs.

La variété des dattes est infinie ; au point de vue commercial^ on les ramène à trois catégories : les dattes choisies, comestibles, dites halarvis^ les dattes communes ou saïrs^ enfin les dattes venant de Bagdad.

Les dattes comestibles sont expédiées en caisses de 25 kilogrammes. La moitié de cette exportation va aux Etats-Unis via Londres, qui est également l'entrepôt des dattes allant en Allemagne, en Hollande, en Belgique et en Italie. Le surplus est exporté pour la France ou TAutriche avec transbordement à Port-Saïd.

Les dattes saïrs servent surtout à la distillation et sont expédiées en paniers de 60 kilogrammes. Avant la loi du i4 novembre 1894, il en était dirigé sur Marseille des quantités considérables : mais nos droits protecteurs ont fait dévier ce commerce sur Londres, d'où les dattes sont réexportées. Une autre partie va aux Indes.

Les dattes de Bagdad sont importées en outres, à destination de la Syrie, de l'Egypte et de Constantinople. Nos établissements de la côte des Somalis en reçoivent également une partie par transbordement à Aden.

En 1899, Bassorah a exporté :

737.000 caisses de dattes comestibles, d*une valeur de 3.689.000 francs contre 4 millions en 1898. La France prend chaque année de i5 à 20.000 caisses et TAutriche de 9 à ro.ouo.

694.000 paniers de dattes communes, d^ine valeur de 3.467.000 francs contre a. 400.000 en 1898.

Enfîn3o.5oo outres de dattes de Bagdad, valant 327.000 francs.

(M. (). C, 1901, 8 juin.)

Pistaches. — Le pistachier, en Turquie, croît surtout dans le vilayet d'Alep. C'est un arbre qui atteint jusqu^à

8 mètres de hauteur et donne des fruits ovales, de couleur roussâtre, renfermant une amande huileuse, d^une saveur très agréable. Les pistaches se mangent crues, mais d ordinaire, on les fait entrer dans la confection des sirops et la préparation des crèmes et des glaces. Elles s'emploient également en charcuterie.

Le commerce distingue entre les pistaches vertes de Sicile y les pistaches de Tunis et les pistaches d'Alep, qui sont semblables aux pistaches de Sicile, mais avec une chair plus jaune.

En 1899, Alexandrclte a exporté pour 646.000 francs de pistaches, qui sont allées : 359.000 francs en Turquie, 214.000 francs en Egypte, 48.000 francs en France, et 16.000 francs en divers pays. fAf. 0. C, 18 avril 1901.)

Caroubes. — Les caroubes ou carouges sont le fruit du caroubier, arbre aux branches tortueuses et souvent pendantes, qui pousse sur tout le littoral de la Méditerranée. Son fruit, en forme de fève, long de 3o centimètres sur 2 à 3 centimètres de large, sert en Espagne, en Italie et en Provence, à la nourriture des bestiaux qui, grâce k cet aliment, prennent un embonpoint rapide, mais il est surtout employé pour faire de l'eau-de-vie.

En Turquie et en Egypte, on extrait de la caroube une sorte de sirop qui possède des propriétés médicinales analogues à celles de la casse. Le résidu de la distillation contient de Tacide gallique et peut être employé avec un sel de fer pour la teinture en noir. Les graines de la caroube donnent une excellente gomme qui peut rivaliser avec celle du cerisier. Enfin, le bois même du caroubier, très dur, est utilisé en ébénisterie.

La tradition des chrétiens d'Orient est que saint Jean- Baptiste se serait nourri de caroubes dans le désert, d*où le nom de pain de saint Jean qui a été donné au moyen âge au fruit du caroubier.

L'exportation des caroubes se développe chaque année en Turquie, dans des proportions considérables. Elle était dey.iSo.ooo kilos en 1887 et de i8.i5o.ooo en 1896.

Abricots. — Tout le vilayet d*Alep et la région de Damas sont couverts d'abricotiers. La majeure partie des fruits frais est consommée sur place. Quant aux noyaux, ceux qui ne servent pas à faire de l'huile sont exportés en Autriche, en France et en Belgique pour les mêmes besoins oupour la confiserie. Les noyaux d'abricots valent environ 120 francs les 100 kilogrammes.

Les abricots de Malatia sont encore plus renommés. Les noyaux sont transportés par voie de terre à Adana ou à Alexandrette et les quatre cinquièmes sont expédiés en France.

Mersina, en 1898, a exporté en France pour 65. 000 francs, et en 1899 pour tSy.ooo francs de noyaux d^abricots.

La part d'Alexandrette est plus importante; elle s*est élevée en amandes et noyaux d'abricots^ à i3o.ooo francs en 1898, et 187.000 francs en 1899. Sur ces 187.000 francs, l'exportation s'est partagée entre :

La France . . 71.000 L'Allemagne . ao.ooo

L'Egypte. . . 4^.000 La Turquie . . iS.ooo

L'Autriche . . 3o.ooo L'Angleterre . 6. 000

(M. 0. C, 18 avril 1901.)

Beyrouth, en 1899, a exporté 237.000 kilos d'abricots secs, aoo.ooo kilos de noyaux d'abricots et 1. 170.000 kilos de pâtes d*abricots.

En dehors des abricots, Beyrouth a encore exporté, en 1899, 1 10.000 kilogrammes de cédrats.

Oranges et oltrons. — Les oranges et citrons viennent dans le vilayet de Smy rne, mais ils ne commencent à se trouver en abondance que dans le district de Payas (vi layet d' Adana), qui confine au vilayet d'Alep. La production se développe au fur et à mesure que lV)n se

rapproche de la Palestine, où elle atteint soii plein épanouissement.

Les oranges de Payas vont a Alexandrelle qui, en 1899, en a exporté pour 3io.ooofr., dont 180 000 à destination delà Turquie, 120.000 pour Odessa et ao.ooo pour TAutriche et TAngleterre.

Beyrouth a exporté en Russie 3 16.000 kilogrammes de citrons et la.Qoo kilogrammes d'oranges.

JatTa n'exporte pas moins de a millions i/a de francs d*oranges et de citrons. Dans ce commerce énorme, la France n'a qu'une part de 10 000 francs. Le reste est ainsi réparti : Angleterre, 1.900.000; Autriche, 90.000; Egypte et Turquie, 85. 000; Russie, 80,000; Allemagne, So.ooo.

Noix et noisettes. — Les ports de la mer Noire expédient leurs fruits surtout en Roumanie, en Russie et à Constantinople. I^eur principale ressource est Texportation des noix et noisettes.

Les novers et noisetiers viennent en abondance dans le sandjak de Trébizonde, c'est une culture qui ne demande aucun soin, elle convient donc à merveille dans le Levant.

Le commerce des noix se pratique surtout dans les ports de Kerassunde, Ordou et Tireboli. Les noix décortiquées sont plus demandées que les noix en coque.

Trébizonde se distingue au contraire par le commerce des noisettes. Les noisettes tiennent, dans ce pays, la place que les figues occupent à Smyrne et les dattes dans rirak. La récolte est escomptée àTavancepar les paysans qui attendent d'elle un peu de richesse ou la continuation de leurs misères.

Trébizonde a exporté en 1899 2.171.000 kilogrammes de noisettes, représentant une valeur de 2. 149.840 francs. L'exportation en 1898 avait été de 6.44^.400 kilogrammes, mais par un phénomène qui se produit partout, lorsqu'une mauvaise récolte succède à une bonne, les prix se maintiennent en raison de la rareté du produit. En 1898, la valeur de l'exportation avait été de

2.625.075 francs, sensiblement les mêmes prix qu'en 1899. Seulement, tandis qu'en 1899, les 100 kilogrammes de noisettes ont valu 100 francs, en 1898, ils n'en valaient que io. Les noisettes expédiées en France en 1899, ont atteint le prix de 296.760 francs contre io3.4oo francs en 1898.

Les noisettes s'expédient en coques ou décortiquées : ce second commerce est beaucoup plus important que l'autre. Sur une exportation totale de 7.474-795 francs en 1899, la France entre pour 876.495 francs.

Après Trébizonde, les ports exportateurs sont Kerassunde, Ordou etTireboli.

20 Froito * distiller*

quint.

fr.

quint. fr.

Détail

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