quintaux
— — étrangers ....
— — terre
Dari. *- Le dari est une variété de mais, avec des grains plus petits. 11 est principalement récolté dans la région de Smyrne et en Syrie. Dans certaines contrées, à Alexandrette par exemple, les habitants s'en nourrissent presque exclusivement^ soit en l'employant seul, soit en le mélangeant avec du blé.
La majeure partie de-ce produit est exporté en Angleterre; les quantités introduites en France sont réexportées en Algérie, où elles servent à la nourriture des Arabes. En Angleterre, on s'en sert pour engraisser les volailles et les porcs. Le prix de la tonne est d'environ 100 francs.
Smyrne en exporte de 55 à 60.000 hectolitres. En 1889, elle en a exporté 390.000 francs pour l'Angleterre et 95.000 francs pour la France. (Rougon, Smyrne, p. 271.)
On évalue la production de la Syrie entre 8000 et 20.000 tonnes, quelquefois plus, répartie entre Alexandrctte, Lattaquieh, CaïfTa, Acre et JafTa. Les trois quarts de cette production vont en Angleterre et à Malte. Certaines années, l'Algérie en reçoit de 2 à 3ooo tonnes. (B. C. C, 1900, I, 874O
Millet. — Le millet est produit par les vilayets de Smyrne et d'Adana. Smyrneen exporte en moyenne pour 60.000 francs, dont 54* 000 pour la France. Mersina en exporte pour aSo. 000 francs à destination de l'Angleterre et de la Turquie. (Vemey, p. 6i3.)
Alpiste, — L'alpiste (phalaris canariensis) est une graminée dont les tiges atteignent de 4o à 80 centimètres de hauteur et se terminent par un gros épi ovoïde, qui contient de petits grains.
Cette graminée est originaire des îles Canaries ; de là, elle s'est introduite en Espagne et dans le Midi de la France. En Turquie, elle ne pousse que dans les régions d'Andrinople, Rodosto, Gallipoli et Dédégah. Elle n\i pu s'acclimater en Anatolie.
L'alpiste est plus connu sous le nom de blé des Canaries ou millet long^ et ses graines sont appelées graines d'oiseaux, graines des canaris, graines d'aspic. Elles servent à nourrir les serins et les oiseaux de volière.
Dans les bonnes années, la production turque peut atteindre 200.000 sacs, comme elle peut tomber à iS.ooo, si Tannée a été sèche; la moyenne est de 100 à iSo.ooo. Le sac est de 1 12 à 1 15 kilogrammes.
En France, Lille est un grand centre de consommation de cette graminée qui lui arrive par Anvers. Néanmoins, Marseille importe une certaine quantité qui lui vient de Turquie d'Europe ou de Smyrne.
Les expéditions de Smyrne sont des réexpéditions : la marchandise étant importée de Rodosto. En 1 889, Smyrne a exporté pour TAngleterre 388. 000 francs d'alpistes et pour la France 87.000 francs. (Bougon, p. 276.)
Industriellement, l'alpiste est employée sous forme de pâte ou de colle dans la fabrication de certains tissus.
L'alpiste vûut de 10 à 11 centimes le kilogramme.
MATCÈRES VÉGÉTALES 283
20 tt raines et fruits oléaf^neux et leurs huiles.
Les graines et fruits oléagineux sont les végétaux d'où Ton extrait de Thuile.
Les principales graines oléagineuses sont les graines de sésame, lin, pavot ou œillette, moutarde, coton, niger, ricin, etc. Les fruits oléagineux comprennent les olives, les arachides et divers fruits exotiques, tels que l'anacarde d'Orient, la noix d'acajou, la noix de Calabre, etc. Les huiles de fruits, exception faite des huiles d'olives, sont peu nombreuses. ,
On extrait encore de Thuile de diverses graines, comme le chènevis, — d'amandes, comme les noisettes, le croton, les faines, etc., — enfin de certains bois, comme le bancoulier du Tonkin.
Les huiles se divisent en deux sortes : les huiles Gxes et les huiles volatiles ou essences. Les premières sont douces, visqueuses, insolubles dans l'eau et ne s'enflamment pas à l'approche d*un corps en combustion. Les secondes sont acres, caustiques, se volatilisent facilement, sont légèrement solubles dans l'eau et s'enflamment à rapproche d'un corps en combustion.
Le Levant produit et exporte en assez grande quantité des graines de sésame, de pavot, de chènevis, de lin, de coton, de moutarde, de colza, ainsi que leurs différentes huiles. Celles-ci, toutefois, sont fort peu nombreuses ; il n'existe de transaction de quelque importance que sur les huiles d'olives. Il semble même que le commerce des huiles proprement dites doive disparaître. Tandis que, dans la période décennale 1877-1886, nous avons importé de Turquie pour 2 millions de francs d'huile en moyenne, nous n*en avons pas importé pour i5.ooo francs en 1900. Aux mêmes dates, le mouvement sur les graines et fruits est tombé de i3 millions de francs à moins de 4 i^il-
lions, mais il se maintient mieux. Il est difiicile de dénaturer les matières premières elles-mêmes, tandis que les huiles de Turquie sont d'ordinaire très mauvaises et impropres à tout autre usage qu'^ la savonnerie ^
Huile d'olive. .
— de lin . .
— de coton .
— de sésame
— de colza .
— autres . .
quint.
3« ■ullM.
fr.
Détail en 1900.
le kHogr.
o.4ai 0.44a o.5o 0.56
quint.
fr.
quint.
fr.
Exp. par navires français 1995 quint.
— — étrangers .... i —
ftr.
40 draines et frultn oléagrlBeux.
quint.
fr.
quint
fr
* Le» importations totales en France de graines et fruits oléagineux ont atteint, en 1898, 5.780.000 quintaux valant i38 millions de francs, et, en 1899. 6.t65.ooo quintaux valant 166 millions.
Détail en
le kîl.
qalnt.
fr
quint.
ir.
Gr. de niger . .
— de coton . .
— de lin. . . .
— de chènevis.
— de séftame .
— de moutarde.
— pavot. . . .
Autres graines .
Ëxport. par navires
français.
turcs . .
étrangers
L'huile d*olive étant la plus importante de toutes les huiles au point de vue commercial, nous lui donnerons la place d'honneur.
01iT68. — L'olivier s'étend sur toute la côte d'Asie Mineure et de Syrie. Il est Tune des principales richesses de l'archipel, notamment Mételin. En face Mételin, la petite ville d'Aïvali lui doit toute son activité.
L'olivier commence à porter des fruits à huit ans et est en plein rapport à vingt. Il n'y a de récolte pleine que tous les deux ans. Mais il s'en faut que cet arbre donne tous les produits qu'on pourrait attendre de lui. Les paysans négligent complètement de le cultiver ; ils ne coupent jamais les branches trop vieilles et respectent le bois mort qui tombe de lui-même ou pourrit sur le tronc qu'il endommage insensiblement.
L'olive d'Asie Mineure est de bonne qualité, mais l'huile qu'on en retire est fort mauvaise, sinon impropre à la consommation. Ce vice tient à plusieurs causes, dont la principale est le manque d'argent. Les paysans, écrasés par Tusure, n'ont que des meules très inidimen-
286 EXPOtVTATIONS DU LEVANT EN FRANCE
taires, dont le nombre même est insufiisani. Loi*sque le moment de faire l'huile est arrivé, le fabricant ne peut satisfaire à la fois à toutes les demandes, et pendant qu'il presse les premières olives, les autres attendent et se gâtent. Quand Thuile est faite, le paysan n^a pas toujours assez de récipients pour la recevoir ; il mélange les nouvelles avec les anciennes, et, toutes ensemble, elles prennent un goût rance et fétide.
Il y a une quinzaine d'années, on pouvait améliorer ces huiles en les coupant avec des huiles d'arachide ou de coton d'importation étrangère ; mais les producteurs locaux ont jugé que ces huiles leur faisaient concurrence et ils sont arrivés à les faire prohiber comme nuisibles à la santé. Depuis ce temps, Thuile du Levant est restée avec ses seuls défauts.
L'olive, une première fois broyée et pressée à la meule, laisse un résidu pâteux qu'on nomme grignon. Ce résidu contient encore certains principes oléagineux. On en tire profit en Taspergeant d'eau bouillante et en opérant aussitôt après une seconde pression de la meule. L eau et l'huile sortent ensemble, mais l'huile finit par surnager; alors on la retire de la cuve ou de la jaiTe. Cette seconde huile se nomme huile de ressence ou huile de pulpes ; elle est employée pour la fabrication des savons. En Occident, au lieu de presser le grignon, on le traite au sulfure de carbone.
C'est pourquoi la Turquie, qui est un grand producteur d'huile d'olive, en importe beaucoup de l'étranger.
L'huile d'olive, dans le Levant, sert à la préparation d'une multitude de plats que nous ne décrirons pas ; on en assaisonne les artichauts, les aubergines, les moules, les poissons, etc., sans compter les fritures. Dans les quartiers populeux des villes, l'air en est empesté.
L'huile d'olive non comestible et celle qui n'est pas
MATIÈRES VÉGÉTALES ji87
consommée dans le pays sont exportées pour les besoins de la savonnerie. Cependant, certaines huiles soi-disant fines ; qui viennent du Levant, sont raffinées et mélangées à des huiles de Provence.
Les principaux centres de production de Thuile d'olive sur la côte d'Asie Mineure sont Adramit, Aïvali, Mételin, Smyrne, Chio et Brousse. Près d' Aïvali, à Bourkhanié, un de nos compatriotes, M. Ampré, a entrepris dans de bonnes conditions la fabrication de Thuile d'olive et en exporte ime grande quantité à Marseille.
La production de Brousse et de la mer de Marmara va toule à Constantinople On distingue les olives noires d'Inegueul, Moudania, Artaki, etc., et les olives vertes du Cartal, dans le golfe dlsmidt. De Constantinople, une partie de ces huiles sont réexportées dans les Etats Danubiens, en Russie, en Angleterre el en France.
La production de Smyrne est principalement dirigée vers l'Angleterre. Lorsqu'elle est insuffisante dans le vilayet, on fait venir des huiles de France ou des îles de TArchipel, notamment Mételin et la Croie.
Alexandrette exporte les huiles abondamment produites dans le vilayet d'Alep. Si Ton y joint les graines de sésame, on obtient dans les bonnes années un chiffre de 6 à 700.000 francs. En 18999 le commerce d'huile d'olive seule a été de 1 37.000 francs dont 62.000 pour la Turquie, ao 000 pour l'Egypte, 35. 000 pour la France et 10.000 pour l'Angleterre. (M, 0. C, i8 avril 1901.)
L'huile de Lattaquieh, de qualité inférieure, est transportée à Tripoli pour le besoin des savonneries locales. Il est impossible, en raison de l'écart considérable qui se produit entre deux récoltes, d'arrêter des chiffres moyens pour l'exportation. On estime que, dans les bonnes années, Tripoli peut exporter pour deux millions de marchandises, et seulement 100.000 dans les mauvaises. En 1899, il a été employé pour les industries locales environ 4S0.000 kilogrammes d'huile et il en a été exporté pour 390.000, dont aoo.ooo à destination de l'Egypte et de l'Empire ottoman et 7000 pour la France.
Malgré l'importance de son port, l'exportation de Beyrouth est toujours moins considérable : 240.000 kilos en 1897 et 180. ouo kilos en 1899, année de mauvaise récolte. La totalité va en Egypte.
La Syrie produit assez d'huile pour sa consommation, et cette huile est de meilleure qualité que dans les autres parties de TËmpire ; toutefois la population pauvre emploie de préférence Thuile de sésame, qu'elle reçoit d'Antioche, d'Alep et de Kiliss. En 1899, JafTa a exporté pour 180.000 francs d'huile d'olive, le tout à destination de TEgypte ou de la Turquie.
L'huile d'olive vaut, suivant les récoltes et les besoins, de 60 à 80 francs les 100 kilogrammes, fob Levant.
Sésames. *- Par respect pour la grande réputation de rhuilc d'olive, nous lui avons laissé la première place mais l'huile nationale dans le Levant n'est pas elle, c'est rhuile de sésame.
L'huile de sésame a été connue de toute antiquité. Hérodote en parle dans son histoire. Aujourd'hui encore, les Arabes et les Turcs la préfèrent à l'huile d'olive. Dans les contrées où il n y a pas d'oliviers, l'huile de sésame est seule employée; elle reste toutefois la nourriture exclusive dupauvre, lorsqu'on peut se procurer de l'huile d'olive de bonne qualité.
L'huile de sésame est produite par une petite graine qui se travaille de deux façons, soit en la broyant sous des meules, soit en la faisant bouillir dans de Teau. Dans ce dernier cas, la partie huileuse surnage, tandis que la pâte tombe au fond du récipient et forme un résidu qu'on nomme tahin, La première huile est jaune, fluide, inodore et légèrement amère, et la seconde est blanche. Elle vaut de 74 à 84 centimes le kilogramme.
L'huile de sésame de première pression est employée dans l'alimentation; les qualités inférieures sont utilisées pour la savonnerie et la médecine; les Egyptiens s'en servent pour guérir les maladies d'yeux, si communes en ce pays. Une très faible quantité est employée dans les teintureries pour les couleurs rouges.
Le résidu ou plutôt la pâte de sésame sert à d'autres usages : d'abord, sous forme de tourteaux, à la nourriture
des bestiaux, puis sous forme de galette, à la nourriture des classes les plus pauvres, particulièrement des juifs; quand le sésame sert k Talimentation humaine, on fait avec la pâte ou tahin^ soit des helvas^ soit des simiths. Le helva est commun dans tout TOrient; on l'obtient en mélangeant de la pâte de sésame avec du sucre et, pour blanchir cette pâte, de la saponaire. Parfois, on remplace le sucre par le pekmez ; c'est d'un goût plus raffiné. Les simiths sont de petits gâteaux ronds, en farine de froment, évidés au milieu, qu'on roule dans des graines de sésame décortiquées et qu'on fait ensuite cuire au four. Le sésame cuit donne à la pâte une saveur particulière qui est, paraît-il, fort agréable. Seulement il faut manger le simith tout frais: au bout d\me demi-journée, il sent le rance. Le simith vaut un sou. Dans de certaines régions de l'Empire, le helva et le simith sont la seule nourriture des habitants.
Le sésame n'est pas récolté dans le centre del'Anatolie, il vient surtout dans les provinces limitrophes de la mer Noire, dans les vilavets de Brousse et de Smvrne, en Caramanie et en Syrie. On le sème en avril et on le récolte en août. Le rendement est en moyenne de 20 Ik 25 pour 1 de semence. En Syrie, l'hectare produit de 3oo à 35o kilogrammes. La fabrication de l'huile a lieu d'ordinaire en janvier et février.
L'huile de sésame est peu exportée, mais la graine est objet d'un trafic considérable, qui ne se chiffre pas à moins de 6 à 7 millions par an.
S'il faut en croire les statistiques ottomanes, TEmpi-reen aurait exporté :
1891- 1893. . . . 32. 449. 000 kilos valant 6.698 000 fr.