‹ Le commerce français dans le LevantChapitre 83 sur 132 · CHAPITRE PREMIER · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER

Il semble que la Turquie, qui produit à elle seule deux fois et demie plus de soie que la France et qui a dlmportantes fabriques de soieries indigènes à Damas, Homs, Hama et Alep, devrait pouvoir se passer de l'importation étrangère, aussi bien en soies qu'en soieries. Il n'en est rien. Une partie des cocons ou des soies qu'elle exporte lui revient sous forme de soie grège ou de déchets de soie. Une autre partie lui arrive de Chine ou du Japon, soit directement, soit après avoir traversé les marchés d'Europe.

Le motif en est fort simple. Dans le Levant, l'industrie de la soie s'arrête à la iilature; or, les fils simples ne suffisent pas à toutes les étoiles. 11 est certains tissus qui ne peuvent se fabriquer qu'avec des fils retors qui ont passé au moulinage. Il en est d'autres moins résistants ou moins luxueux, pour lesquels on se contente de fils de bourre de soie. Ces fils, la Turquie ne les travaille pas, et c'est pourquoi l'Europe lui envoie chaque année plus d'un million de francs de soie grège ou de déchets de soie filés.

L'importation des soies d'extrême Orient se justifie par leur bon marché. Même après leur entrée en Turquie, certaines d'entre elles coûtent moins cher que les soies levantines proprement dites.

Quant à l'introduction des soieries d'Europe, elle

s*explique par d'autres motifs. Les soieries indigènes ont un cachet spécial qui les destine presque exclusivement ù la population musulmane ; or, sur les côtes et dans les principaux ports, la population où les Grecs dominent très souvent, a d'autres besoins. Elle a été touchée par la civilisation européenne, qui a apporté avec elle ses goûts et ses produits, et elle aime mieux les soieries d'Occident, dont l'importation annuelle dans tout l'Empire s'élève à environ i5 millions de francs.

Avant d'aborder Tétude de ce double commerce, nous dirons quelques mots des graines ou œufs de vers 'à soie, qui en sont le germef et la cause première.

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