‹ Le commerce français dans le LevantChapitre 88 sur 132 · Autres pays · texte numérisé non relu

Autres pays

(Compte rendu des Travaux de h Ch. de G. de Lyon, 1900, p. 184)

Klats-Unis .

Allemagne .

Suisse . . .

Italie. . . .

Helgique . .

nélîce sur le prix de fabrication et les paiements se font attendre. Autrefois, la France était seule et ne recherchait pas les commandes; elle se trouve aujourd'hui en compétition avec plusieurs concurrents et il faut faire à la clientèle une cour assidue.

Ces affirmations sont exactes. La reconstitution de nos vignobles eut une répercussion sur le commerce des soieries. Les Turcs vendant moins de vin voulurent des étoffes moins chères et, comme nous savons très difficilement nous plier aux circonstances, nous mimes quelque mauvaise volonté à les satisfaire. I/AUemagne etTItalie, qui avaient déjà entrepris la conquête du marché, profitèrent très habilement de ces dispositions pour porter un coup sensible à la vente des étoffes de prix, qui avaient eu jusqu'alors la préférence. Elles introduisirent des étoffes moins coûteuses, qui plurent aussitôt et eurent un écoulement rapide. Pour favoriser la vente, elles envoyèrent des voyageurs, accordèrent de longs crédits, se plièrent à toutes les exigences de la clientèle levantine. Nous fûmes débordés et, avant que nous ayons songé à défendre la place, nous en avions perdu une partie.

Pour continuer la lutte, il nous fallut entrer dans la voie tracée par nos concurrents et, à côté des articles de valeur, fabriquer et vendre des étofTes où le bon goût et la solidité sont souvent sacrifiés à l'apparence.

A la faveur de ces concessions, Tusage des soieries d'Occident se démocratisa et leur consommation prit un développement fabuleux. En môme temps, les prix baissèrent. Nous venons de voir l'écart entre les chiffres de 1880 et de 1900; en ce qui concerne la France, suivons la progression par période de cinq années. Nous avons vendu à la Turquie :

kllog. Tr. fr. le kg.

En i88o .... H.93y valant 7iJ4.i8o soit 8:î,iI$ — i885 .... 22.987 — 1. 520. 588 — 66, i5

kilog. fr. fr. le kil.

En 1890 .... ii5.i<)9 valant 7.447.^^4 soit 64,65

Ces chiffres indiquent mieux que toute démonstration théorique, la transformation radicale qui s'est opérée depuis vingt ans dans le commerce des soieries et il nous laissent deviner les efforts, parfois courageux, de nos commerçants pour résister k une concurrence chaque année plus vive et plus implacable. Nous comprenons les lamentations de ceux qui ont connu des jours meilleurs; nous comprenons, sans les approuver, certains découragements. Dans les luttes commerciales, il ne faut désespérer qu^avec tout le monde; les défaillances des uns sont escomptées par les autres.

Les pessimistes ont beau nous dire que TOrient n'offre plus de sécurité pour les affaires, qu'il n*y a pas assez de justice et trop de crédit. L'expérience nous apprend que, si les affaires sont difficiles pour quelques-uns de nos compatriotes, c'est parce qu'ils n'envoient pas assez de voyageurs dans le Levant et qu'ils mettent une obstination déraisonnable à ne pas vouloir se plier aux exigences de la clientèle.

Les étrangers, et particulièrement les Allemands, ont plus de souplesse.

Les fabricants de Crefeld, eux aussi, ont leur amourpropre ; cependant ils ne craignent pas de provoquer les acheteurs par des offres répétées ; chaque année ils envoient dans le Levant des jeunes gens pour s'initier aux usages commerciaux du pays ; leurs voyageurs leur rapportent les échantillons qui ont la vogue et, sur ces échantillons ils fabriquent des étoffes qu'ils sont assurés de vendre l'année suivante. On pourrait, sans déchoir, imiter leur exemple.

Voyons plutôt pour chaque pays les chiffres du commerce depuis 1895. Ils accusent dans leur ensemble une progression continue et si le bas prix des articles indique la vivacité de la concurrence^ le chiffre même des affaires et l'augmentation constante de la production prouvent d'une façon très nette que les découragements partiels se perdent dans Tensemble des bonnes volontés et des énergies y comme une eau troublée se perd dans le torrent qui remporte et la clarifie.

Le Tableau du Commerce et de la Naviffation ^ pour la France, le Movimento commerciale^ pour Tltalie, la Statistik des deutschen Beichs, pour TAUemagne, VAnnual Statcment of the trade of the United Kinffdom^ pour l'Angleterre, la Statistik des Auswàrtigen Handels^ pour TAutriche-Hongrie, nous donnent respectivement les chiffres suivants pour l'importation de chacun de ced pays dans l'Empire ottoman :

France.

Italie.

Allemag.

Autriche

Anglel.

5ao . 000

Moyenne.

Nous devons une mention spéciale à la Suisse. Dans les statistiques publiées par le Gouvernement fédéral (Statistique du commerce de la Suisse avec V étranger)^ le commerce des soieries avec le Levant figure sous la même nomenclature que le commerce de l'Arabie, de la Perse et du Turkestan. En prenant les chiffres tels qu'ils se présentent, nous nous trouvons en face des résultats qui suivent pour les années 1 898 à 1 900 :

Levant, Turquie d'Europe. Perse, etc. Ensemble.

fr. Ir. fr.

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