I 00 . 000 6 . 3oo
Cette nomenclature s'applique, il est vrai, à Tlnde et au Levant, mais si Ton songe que l'importation française en ces deux contrées a été de 1880 à 1902 ;
Indes.
Levant
fr.
fr.
on doit remarquer que les deux tiers au moins des achats portent sur des articles tout autres que les tissus mêlés or et argent, et nous croyons savoir que ces tissus ont conservé dans Tlnde la vogue qu'ils n'ont plus au même degré dans le Levant. On peut donc évaluer, pour Tannée 1889^ à 1 million et demi environ, la valeur des étoffes or et argent de fabrication lyonnaise, qui ont été vendues en Turquie.
Le reste du marché appartient aux étoffes de soie pure ou de soie mélangée, telles que nous les connaissons en France. Elles se distinguent toutefois de nos étoffes par leurs couleurs souvent trop vives et un peu criardes.
Les tissus tout soie que nous vendons le plus en Orient sont les damas couleurs, les duchesses couleur unis ou tramés en deux nuances, les failles couleurs, les taffetas couleurs, les régences nationales couleur, les armures couleur et plusieurs genres de façonnés. Ces mêmes articles se vendent aussi en noir, mais ils ont moins d'écoulement.
Le métrage de ces diverses étoffes est habituellement de 48, 5o ou 52 centimètres. En noir, les articles les plus recherchés sont les satins de Lyon et les taffetas dits haberas» qui ont 100 centimètres de largeur.
Les rubans viennent de Saint-Etienne , qui a le monopole de cet article pour les bonnes qualités.
Les tissus tout soie ne sont pas ceux qui dominent sur le marché. La clientèle leur préfère en général les tissus tramés coton^ qui coûtent moins cher, et qui, pour des yeux inexpérimentés, produisent autant d'effet que les premiers, lorsque les étoffes sont neuves et ont subi un apprêt avantageux. Dans ce genre, ce sont surtout les satins noirs unis qui ont le plus d'écoulement : les clients préfèrent ceux qui sont teints en pièce. Les satins gaufrés, noir ou couleur, bénéficient également des faveurs de la clientèle. Puis viennent les damas tramés coton simple et double largeur, les armures, pékins, brillantines, et une foule de fantaisies à dénomination variable, dont Lyon a le monopole.
Les tissus laine et soie consistent en jacquards, fantaisies et divers genres comme armures rayées, quadrillées, diagonales, etc.
Les peluches et les velours de soie et tramés ne viennent en France qu'en petite quantité.
Importation. — Srnyrne. — Eq 1889, M. Bougon donne les chiffres suivants :
Qaint. tares. fr.
franco 47^ 2.2(^5.000
Autriche ) ^„ ^
Allemagne )
Angleterre 38 184.000
Egypte 2 8.000
Grèce i 5. 000
Italie 1/2 2.5oo
Turquie 8i5 3.954.000
En i855, la situation s'était déjà profondément modifiée. Nous n*avons plus importé que pour 304.000 francs de soieries fB C, C\ avril 1897, p. 94.)
£a i8(j(>, l'importation totale de ce port a été de 186;$ quintaux contre 2.676 eu 1898 et a. 265 en 1897. L'Italie dont la pari est négligeable dix années auparavant, fournit le tiers de cette importation. La France reste avec les chiffres de 1896 : 3ou.ooo francs.
Les tissus importés de France continuent d'être les plus estimés ; Lyon reste sans rivale pour la fabrication et la qualité des produits ; mais la clientMc recherche de plus en plus le bon marché et les fabriques italiennes de Côme se chargent de subvenir à ses besoins.
Trébizonde. — Trébizonde approvisionne de produits européens la partie orientale de TAsie turque et reçoit en transit les marchandises à destination de la Perse. Comme marché turc, il a reçu en 1899 9.600 kilogrammes de soieries et velours, valant 2ia.5oo francs, contre 207.000 francs en 1898. La France fournil les velours tout soie, dont les prix varient de 7 a la francs le mètre, tandis que l'Autriche et TAllemagne importent une certaine qualité de velours, nommé velvet, dont les prix sont de 2 à 5 francs le mètre. La plus grande consommation des soieries porte sur les qualités ordinaires, dites « armures », de fabrication autrichienne et suisse valant de i fr. 5o à 3 francs le mèti*c. Les qualités supérieures venant de France ou d'Allemagne trouvent peu d'acheteurs. On importe également des damas servant k rhabillement des femmes turques ; ces damas se vendent de 5 à i5 francs le mètre pour les bonnes qualités et de.i à 4 francs dans les qualités basses et médiocres. (B, C. C , 1899, I, p. 3ii.)
La même année, Trébizonde a reçu i.ooo kilogrammes de fils d*or et galons, d*une valeur de 92.000 francs, avec une augmentation de 6a. 000 francs sur 1898. A part 6.000 francs, fournis par la France, le reste vient d'Autriche et d'Allemagne.
En ce qui concerne le transit persan, Trébizonde a reçu 21..000 kilogrammes de soieries valant 553. 000 francs, avec une diminution de 246.000 francs sur 1898. La France arrive en tète du commerce avec 3i8.ooo francs; puis viennent l'Autriche el l'Allemagne avec 160.000 francs, l'Italie avec 5o'.obo francs, l'Angleterre avec aS.ooo francs.
Samsoun. -> Il nous est difficile de démêler la part afférente aux ports de Samsoun et de Kerassunde, sous les dénominations officielles de manufactures divei*ses et tissus. Très certainement la meilleure part, sinon la totalité de Texportation, doit être attribuée aux cotonnades. En effet, sur le chiffre de 3.969.000 fr., afférent à Samsoun, la Turquie figure pour a.358.ooo francs,
TÂngleterre pour i.J^ôi.îtoo francs et la France pour 14.000 francs seulement. L'importance même de Timportation anglaise indique sufûsamment qu*il s'agit de cotonnades.
Les chiffres d'IneboU sont mieux connus. Cette ville, relativement peu importante, a reçu en 1899 pour 6.aoo kilogrammes de soieries, valant 240.000 francs^ dont :
3oo kilogrammes, i5 000 fr., venant de France, aoo — lo.ouo — d'Italie,
aou — lo.ooo — d'Allemagne.