CHAPITRE If
Physiologie des sectaires ComnanninCes.
Les brigands-sophistes du prolétariat par vol. — Les malheureux, les dupes, les colons. — Le» voluptueux. — Le» faux chrétiens.
Le communisme attaque le cœur de l'homme par bien des côtés. Il flatte toutes les faiblesses secrètes : l'envie, régoisme, l'ignorance, la sensualité. Aussi, parmi les erreurs socialistes, aucune ne fait de ravages plus rapi(ies. Aucune ne gagne des hommes plus différents de caractère et de tendances.
C'est que d'abord le communisme possède un avantage incomparable pour suborner les masses. Le premier venu peut l'exposer en quelques sophismes brefs et grossiers. Weitling et les acolytes qu'il recruta écrivirent, il est ^Tai, des journaux sans nombre, des pamphlets et môme de gros livres pour prôner l'abolition de la propriété individuelle et la mise en commun de toutes les richesses. Ils auraient pu s'épargner ce luxe sauvage de sophismes et de mensonges historiques. Pour plusieurs de leurs sectateurs la doctrine tout entière se résume dans cette réponse d'un candidat que l'on interpellait au sein d'un club démagogique sur sa façon d'entendre Torgani* sation du travail ; « Citoyens, je suis d'avis do prendre là oîi il y a. » Weitling savait bien sur quoi genre de for^r cenés il pouvait compter, lorsqu'il traçait lo plan du Prch Ut art at par vol; lor*sqq'il songeait h loyer dunfî Itt fangp Ac* feTftUth?^ vlIlcÉ! wm wxmm ilo vingt niilu? t*ftndU« i\^\
communauté par Tincendie et le carnage. En effet, pour les hommes perdus, irrités contre les lois sociales, la théorie communiste n'est que le drapeau, la formule éhontée des desseins pervers qu'ils couvaient sourdement : c'est le catéchisme de la jacquerie.
De tout temps les sociétés civilisées ont recelé dans leur sein des ennemis conjurés contre elles. Seulement ils rampaient autrefois, ils se dressent aujourd'hui, ils insultent, ils pérorent. Les clubs communistes établis en Suisse étaient hantés par ces malandrins déguisés en sophistes. Ne per<ions pas notre temps à discuter avec eux. C'est assez que l'envie du bien d'autrui ait secoué toute honte ; il ne faut pas lui domier l'occasion de se montrer pédante.
Il est vrai que Weitling ne communiquait pas à tous ses adeptes ses rêves de brigand. A d'autres, au contraire, il roucoulait, comme on l'a vu, des airs tendres sur la fraternité, et séduisait ainsi des hommes innocents, mais malheureux et ignorants. Ceux-ci, exempts de rancune personnelle contre l'ordre social et d'animosilé contre leurs semblables, se flattaient de trouver une vie moins amère sous le régime de la communauté des biens. Dans l'aveuglement de leur conviction, ils souhaitent départir pour les contrées les plus lointaines, résolus à tenter, au prix de mille sacrifices, les colonisations les plus chanceuses. Tel est le jeune tailleur Martin Kœhler, déclarant aux magistrats de Neuchatel ^1^ qu'il était prêt à passer en Amérique, persuadé sur la foi de Kulmann (]ue tout le monde serait riche dans une colonie où personne n'aurait d'argent.
Ces déplorables dupes se rencontrent surtout j>armi les artisans malaisés des grandes villes. Ceux-là n'ont ni l'usage ni l'intelligence de la propriété territoriale. C'est à peine s'ils exercent la propriété mobilière. Comme le poète Bias, mais dans un autre sens, on pourrait dire qu'ils portent avec eux tout ce qui Ipur appartient. Ils ne participent au droit de propriété que par