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et qui craint de lui gâter les ailes. Elle a cherché ensuite à se diriger vers récheUe-à-marchee pour regagner la tribune, et je n'osais ni la suivre ni m'éloign<H*. Quand elle a été sur les premières marches, elle a fait encore un petit cti, et yai entendu craquw les planches. J'ai cru qu'elle tombait encore, et en deux sauts j'ai été auprès 4'eUe. Elle riait, tout en disant qu'elle s'était fait mal m pkd ; et elle disait aussi qu'elle n'osait pas remonter, de l»eur de rouler en bas. Je lui ai proposé d'aller chercher 46 la lumière.
---«Oh! non, non! s'est^elle écriée. Il ne faut pas qu^oa me sache iei | Et elle s'est risquée à grimper. J'aurais été bien grossier, n'eit*ce pas, si je ne l'avais pas aidée? £Ue était vraiment en danger en montant dans robscurité cette échelle qui ne serait pas commode pour une femme même en i^injour . J'ai donc monté avec elk, et elle s'est appuyée sur moi. Et voilà qu'au dernier échelon elle t encore failli tomber, et que j'ai été forcé de la retenir encore dans mes bras. Le danger passé, elle m'a remercié d'un ton si doux et avec une voix si flatteuse, que je me suis senti attendri; et quand elle a refermé sur- elle la porte de la tourelle, j'ai eu comme un accès de folie. J'ai appuyé mes deux bras sur cette porte, comme si j'allais l'enfoncer... Mais je me suis enfui aussitôt à travers le parc, et je crois bien que je n'ai pas retrouvé encore toute ma raison depuis ce jour-là. Pourtant il y a des moments où tout cela me paraît autremeat. Il me semble qu'il faudrait être bien coquette pour vouloir tourner la tète à un homme qu'on n'oserait pas aimer. Cela serait bien lâche; et si la marquise a eu cette pensée, ce n'est pas le fait d'une femme qui se respecte... Réponds- moi donc, Pierre ; qu'en penses-tu?
— C'est une question bien délicate,. répondit Pierre, que ce récit avait fort troublé. Une femme ainsi plaeée qui
aimerait sérieusement un homme du petiple se seraitelle pas bien grande et bien courageuse? De* combien de persécutions ne serait-elle pas Tobjet? Et, dans cette affecti(m, ne serait-elle pas forcée de faire en quelque sorte les avances? Car, quel serait Thomme du peuple qui oserait Taimer le premier, et qui, comme toi, ne se mènerait pas un peu? Ainsi, tu vois que je ne puis biànvfir cette dame si elle a de Tamour pour toi. Mais je ne sais pourquoi je n'ai pas grande confiance à ]a Térité de^eet amour. Cette marquise, étant ia fille d*un bourgeois, et pouvant choisir parmi ses pareils, s'est laissé marier à un bien mauvais sujet, parce qu*il avait un titre* Elle s'est avilie par ce mariage, croj^nt s'éloigner de plus en plus du peuple, dont elle est sortie.
— Ne pourrait- on pas répondre à cela, dit Amaury, qu'elle était alors un enfant, qu'elle ne savait ce qu'elle disait, que ses parents l'ont mal conseillée ? Et, à présent« n'est-il pas possible qu'elle ait fait des réflexiens sérieuses, qu'die se soit repentie de son erreur, et, qu'ayant reçu du sort une cruelle leçon, elle soit revenue à d^ sentiments plus nobles?
— Oui, cela est possible, répondit Pierre ; tout ce qui peut excuser et justifier une femme aussi malheureuse, j'aime à l'entendre, et je m'efforce d'y croire. Mais q«e nous importe de savoir si elle est sincère ou coquette? Pourrais-tu t' arrêter un instant à la pfaisée de répondre À de telles avances? mou ami, si un amour disproportionné, irréalisable, venait à s'emparer de toi, soIshsu certain^ ton avenir serait compromis et ton Âme enquel** que sorte flétrie. Garde-toi donc des rêves dangereux et ée$ écarts de l'imagina tion. Tu ne sais pas ce qu'on se«f* fre quand une seule Cois on a laissé passer devant le pur minoir de la raison c^rtadns fantômes trompeurs qud ne peuvent se fixer dans notre vie de misèt^et de privation.
M Lfi COMPAGNON
ravaU TQ« é&tr^ danci leB Miiis poar y reeneîltlr d« mo<asse« et des jungermânns. Mats ce pouvait être aasA ^ la m^rfuise qui s'était glissée là pour les éeooler» Ib en re^seaiBie&t quelque perplexité secrète, lorsque le €oriiitèien, soit pour chercher Toccasiou d'éclaireirce m^fère, soit eatratué par un penchant irrésisttble, ^itta brusquement le bras de son ami, et alfa inviter Joséphine. Pierre ne put se défendre d*un sentiment pénible en voyant ia pcUssanee de cet attrait réciproque. Il se mit à Técart pour les observer, et reconnut bientôt qu'un grand danger menaçait la raison et le repos du Oortnttiien. La marquise ne hii parut guère moins à plaindre* Elle semblait à la fois enivrée et«on^mée. Lorsque le jeune sculpteur était à ses cétés, elle ne voyait plus que lui; mais, dès qu'il s'éloignait, elle hasardait autour d'elle des regs^ds effrayés et pleins de confusion . Il faut qu'elle l'aime foeauciMip, se disait Pierre, pour venir ici, à peu près seule, danser avec ces braves paysans, qui certes ne sont à ses yeux que des rustres. Pierre se trompait sur œ dermer point. Ces rustres avaient des yeux ; ils admiratent la brillante fraîcheur de Joséphine Glicet^la grâce légère de ses mouvements. Us se le disaient les uns aux autres. Le Gorinltiien entendsdt ces éloges naïfs, et Joséphine voyait bien qu'il ne les entendait pas sans émotion. Elle désirait donc de plaii^ à tous ses danseurs, afin de plaire davantage à celui qu'elle préférait.