‹ Le compagnon du Tour de France (volume 4)Chapitre 9 sur 12 · DU TOUS UE FIUIVCE · texte numérisé non relu

DU TOUS UE FIUIVCE

juste , bien généreux , qu'un homme croupisse dans la misère et périsse sur la paille, parce que Dien ne lui a pas donné autant d'esprit ou de santé qu'à vous? Quel est l'esprit de notre société, quelle est sa cause , quel est son but? La nécessité d'employer rinlolligence et le courage des uns à stimuler et à corriger l'ineptie ou la mollesse des autres ; et pour cela il faut les soutenir et les aider de notre gain, c'est-à-dire de notre travail , jusqu'à ce qu'ils aient profilé de nos leçons el reconnu la nécessité de travailler eux-mêmes sans se ménager.

Fja pensée qui a institué le Devoir de liberté, et, permettez-moi de vous le dire, la pensée qui a institué les différents Devoirs du compagnonnage , est donc grande , morale, vraie , selon les desseins de Salomoii '. Eh bien! ce que vous lailes lorsque vous travaillez à expulser une société , est tout à t'ait opposé à cette pensée auguste, à ces suprêmes desseins. Si les travailleurs du temple ont cru devoir se diviser en diverses tribus sous la conduite de plusieurs chefs, c'est que leur mission était de parcourir le monde par différents chemins, afin de porter sur plusieurs points à la fois la lumière et le

I Salomori était alors jjoiir les compagnons et sera encore longtemps pour un grand nombre, un être de raison, une sorte de fétictie au(|uel on attribue toutes les perfections, toutes les puissances. Son nom équivaut pres<]ue à celui de l'Iïternel, et Pierre Huguenin l'emplovait pour donner plus d'auloriléà son invocation relisiieusc.

bieiifail de riiiduslric. Soyez sûrs que les eiifanls tic J.icques et ceux de Soubise sont aussi bien que nous les cnl'aiils du grand Saloiiioii...

Un niunnure (k'-sapprobatcur l'aillil inlcrrompre l'Aïui-du-lrait. Il se liâla de reprendre avec adresse (car un peu d'allégorie était bien nécessaire avec desesprils moins éclaires que le sien) :

— Ce sont des enfants égarés , il est vrai , des enfants rebelles, si vous voulez. Dans leur long et pénible pèlerinage, ils ont oublié les sages lois et jusqu'au nom auguste de leur père. Jacques fut peut-être un imposteur qui corrompit leur jugement, et se lit prophète pour s'approprier le culte du vrai maître; et c'est pourquoi ils ont tantd'animosité contre nous; c'est pourquoi ils nous provoquent et nous maltraitent avec fanatisme, cherchant à s'isoler de nous et à nous disputer le travail , héritage sacré de tous les compagnons. Imilcrczvous donc leur exemple, et, parce qu'ils sont aveugles et inhumains, agirez-vous comme eux? Relèverez-vous le gant du combat? 0 mes pays ! ô mes frères! rappelez-vous une grande leçon que Salomon nous a donnée. Deux mères se disputaient un enfant; il ordonna qu'on le coupât en deux, et que chacune en emportât la moitié. La mère supposée accepta le partage, la vraie mère s'écria qu'on le donnât tout entier à sa rivale. Cet apologue est l'emblème de notre destinée. Ceux do nous qui demandent le partage de la terre et du travail sont

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sans entrailles, el ne suiigcnl pas que ce lambeau partagé par le glaive de la haine ne sera plus entre leurs mains qu'un cadavre.

Pierre leur parla encore longtemps. Je ne sais s'il portait dans son sein la révélation d'un leni[)s et d'une société où le principe de liberté individuelle pourrait se concilier avec le droit de tous. Je sais que son cerveau intelligent eut pu s'élever à celte conception, telle qu'elle est entrée aujourd'hui dans les cœurs et dans les esprits d'élite. Mais il est à remarquer qu'à cette époque, le principe du saintsimonisme(la première des doctrines modernes qui se soit popularisée sous le règne des Bourbons) ne s'était pas encore développé. Les germes d'une philosophie sociale et religieuse couvaient dans de secrets conciles, ou s'élucubraiont dans les méditations des économistes. Probablement Pierre Uuguenin n'en avait jamais entendu pai 1er ; mais un esprit droit et assez cultivé , une àine ardente, une imagination poétique faisaient de lui un être mystérieux et singulier, assez semblable aux pâtres inspirés qui naissent dans l'ancienne tradition avec le don de prophétie. On pouvait dire, avec la Saviniennc, qu'il était rempli de l'esprit du Seigneur; car, dans la candeur de son enthousiasme, il touchait aux plus hautes questions humaines, sans savoir luimême quelles étaient ces cimes voilées où son revu l'avait porte, (lest pourquoi ses discours, dont nous ne pouvons vous domier ici que la substance sèche

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et grossière, avaient un caractère de prédication dont l'effet était grand sur des esprits simples et sur des imaginations encore vierges. Il leur conseilla de tenter, au lieu d'une épreuve douteuse, une paix honorable. I-es dévorants, las de querelles, commençaient à s'adoucir. Il serait peut-être plus facile qu'on ne pensait de les amener à reconnaître le droit des enfants de Salomon. Pourquoi, si ces derniers étaient capables découler la raison, de comprendre la justice, les dévorants ne le seraient-ils pas aussi? IN 'étaient-ils donc pas des hommes? et, au risque de n'être pas écouté, ne devait-on pas essayer de les ramener à des sentiments humains, plutôt que d'envenimer leur haine par un défi d'amour-propre? Enfin ne serait-on pas encore à temps de reprendre la décision du concours, s"il venait à être bien démontré que c'était le seul moyen d'éviter de nouveaux combats. Mais que ne fallait-il pas entreprendre avant d'abandonner les chances de paix et d'alliance? L'avait-on fait? Tout au contraire, on n'avait songé qu'à répondre injure pour injure, bravade pour bravade. On s'était , de gaieté de cœur, précipité dans mille dangers qu'il eût été facile d'éviter dans le principe, avec plus de calme et de dignité. N'avait-on pas provoqué aussi les charpentiers Drilles, en chantant le matin même, devant leurs ateliers, des chants de guerre et d'anathème? Pierre avait été témoin de ce fait. Il le censura avec force, avec douleur. — Vou? avez l'tMgueil d'être les seigneurs.

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les palricioiis du tour de France, leur dit-il ; ayez donc au njoins les manières nobles qui convicnnenl quand on s'eslime supérieurs au reste des hommes.

Lorsqu'il cessa de parler, il se lit un long silence. Les choses qu'il avait dites étaient si nouvelles et si étranges, que les auditeurs avaient cru faire un rêve dans une autre vie, et qu'il leur fallut quoique temps pour se reconnaître dans les ombres de la terre.

Mais peu à peu les passions contenues reprirent l'essor. Leur règne n'était pas encore près de linir ; et le peuple des travailleurs n'avait gardé du grand principe d'égalité fraternelle proclamé par la révolution française, qu'une devise au lieu d'une foi, quelques mots glorieux , profonds, mais aussi mystérieux pour lui que les rites du compagnonnage. Les murmures succédèrent bientôt à la muette adhésion de quelques-uns, à la stupeur profonde du grand nombre; et ceux dont le cœur avait tressailli involontairement rougirent tout aussitôt d'avoir senli celle émotion ou de l'avoir laissée paraître. Enfin un des plus exaltés prit la parole. — Voilà un beau discours, dit-il, et un sermon mieux fait qu'un curé en chaire n'eut pu le débiter. Si tout le mérite d'un compagnon est de connallre les livres et de parler comme eux, honneur à vous, pays Villpcreux rAmi-du-trait ! vous en savez plus loUçÇ que nous tous; et si vous aviez affaire à des femmes, vous les feriez peut-être pleurer. Mais nous sommes des hommes, des enfants de Salomon; et

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si la gloire d'un compagiiuu du Devoir de liberté est de soutenir sa société , de se dévouer corps et âme pour elle, de repousser l'injure, de lui faire un rempart de sa poitrine, honte à vous, pays Villepreux, car vous avez mal parlé , et vous mériteriez d'être réprimandé. Comment donc ! nous avons écouté jusqu'au bout les conseils d'une lâche prudence, et nous ne nous sommes pasindignésîOn nous a dit qu'il fallait abjurer notre honneur, oublier le meurtre de nos frères, tendre la joue aux soufflets, rayer notre nom apparemment du tour de France, et nous avons écoulé tout cela patiemment! Vous voyez bien, pays Villepreux, que nous sommes doux et modérés autant qu'on peut i'èlre. Vous voyez bien que nous avons le respect du devoir et la fraternité du compagnonnage bien avant dans le cœur, puisque nous ne vous avons pas réduit au silence comme un insensé, ou jeté hors d'ici comme un faux frère. Vous avez une si belle réputation, et vous avez été revêtu de dignités si éminentes dans la société, que nous persistons à croire vos intentions bonnes et votre cœur droit. Mais votre esprit s'est égaré dans les livres , et ceci doi t servir d'enseignemer)t à tous ceux qui vous ont entendu. Qui en sait trop, n'en sait pas assez; et quiconque apprend beaucoup de choses inutiles, risque d'oublier les plus nécessaires, les plus sacrées.

D'autres orateurs plus véhénients encore renchérnenl sur l'indignation de celui-là, cl bientôt une

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discussion violenlo s'uiigagoa coiilio l'icrrc Hugueniu. Il répondit avec calme ; il supporta avec la résignation d'un martyr et la fermeté d'un stoïque les accusations, les reproches et les menaces. Il disait d'excellentes choses , variant ses arguments et appropriant les formes de son langage à la portée d'esprit de ses divers interlocuteurs. Mais il voyait avec douleur que le petit nombre de ses adhérents diminuait de plus en plus, et il s'attendait à des outrages publics; car la séance était livrée à la confusion , et la vérité n'avait plus de pouvoir sur ces âmes endurcies ou exaltées. Enfin le dignitaire, après bien des efforts inutiles, obtint le silence , et prit la défense des intentions de Pierre Huguenin. — Je le connais trop, dit-d, pour douter de lui; et si un soupçon contre son honneur pouvait entrer dans ma pensée , je crois qu'un instant après je lui en demanderais pardon à genoux. Il n'y aura donc ici de réprimandes que contre ceux qui se permettraient de l'insuller. Sur tons les points, il a parlé suivant sa conscience , et sur plusieurs points mes sentiments sont d'accord avec les siens. Cependant je crois que ses idées ne sont pas applicables pour le moment; c'est pourquoi je propose de passer outre : mais je demande, une fois pour toutes, qu'on respecte la liberté des opinions , et qu'on les combatte sans aigreur et sans brutalité. Consolezvous , pays Villepreux, de la contradiction un peu violente que vous avez rencontrée ici. Si vous vous

êtes trompé cm quelque chose . vous n'en avez pas moins dit certaines vérités qui resteront gravées dans plus d'un cœur ami , et dans le mien particulièrement. Soyez sur qu'il en restera aussi quelquesunes même dans l'esprit des plus exaltés. Peut-être les idées de paix et d'union générale que vous avez osé proclamer seront-elles mieux écoutées dans des jours plus heureux. Je trouve , moi , que vous avez bien parlé , et que votre cœur n'a pas été corrompu par la science des livres. Vous êtes libre de vous retirer, si la discussion de nos intérêts, comme nous les entendons pour le moment, blesse votre croyance; mais nous vous prions de ne pas quitter la ville avant que la crise où nous sommes ait changé de face. S'il fallait en venir à de nouveaux combats, et si la société vous ordonnait de marcher , nous savons que vous vous conduiriez comme un brave soldat de l'armée de Salomon.

Pierre s'inclina en signe de respect et de soumission. Il se retira, et le Corinthien le suivit. — Frère, lui dit ce noble jeune homme , ne sois pas humilié, ne sois pas triste, je l'en supplie; ce que le dignitaire vient de dire est bien vrai , tes paroles ont retenti dans des cœurs amis du tien.

— Je ne suis point humilié, répondit l'Ami-dutrait , et ta sympathie suffirait à elle seule pour me dédommager de l'emportement des autres. Mais je suis inquiet, je te l'avoue, et pour une chose toute personnelle. Le dignitaire vient de m'ordonner

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en quelque sorte de rester ici. Je comprends la délicatesse de cette intention ; il voit que plusieurs m'accuseront de manquer de cœur à l'heure du combat, et il me fournit l'occasion de me réhabiliter à leurs yeux ; mais je ne suis pas jaloux de cet honneur farouche, et je l'accepterai avec douleur. Une raison non moins grave me fait regretter d'avoir renoué mes relations avec la société. J'ai donné ma parole d'honneur à mon père d'être de retour sous trois jours, et mon père a donné la sienne de reprendre ses travaux demain. Il ne peut le faire sans moi. Il est malade, et plus sérieusement peut-être depuis que je suis absent. Il est d'un caractère bouillant , d'une loyauté scrupuleuse, A l'heure qu'il est, il m'attend sur la route, et je crois le voir, tourmenté par l'inquiétude, par l'impatience, par la fièvre. Pauvre père ! Il avait tant de foi à la promesse que je lui ai faite ! Il me faudra donc y manquer!— Pierre, répondit le Corinthien , je sens que lu es entre deux devoirs : le saint devoir de liberté, et le devoir fllial qui n'est pas moins sacré. Il faut que tu partages ton fardeau. J'en veux prendre la moitié. Tu resteras ici pour obéir aux lois de la société , et moi j'irai chez ton père. J'inventerai quelque prétexte pour t'excuser , et je me mettrai à l'ouvrage à ta place. Une heure d'attention va me suffire pour recevoir tes instructions. Je sais comme tu démontres, et lu sais comme je l'écoute. Viens dans le jardin, et avant la nuit je nse mettrai en

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route. Je coucherai chez la Jambe-de-bois, et avant le jour, je prendrai la diligence qui passe par là. Deniain soir je serai chez ton père, après-demain matin dans la chapelle de ton vieux château. De cette manière tout s'arrangera , et tu auras l'esprit tranquille.

— Cher Amaury , repondit Pierre Huguenin , je n'attendais pas moins de ton amitié et d'un cœur comme le tien; mais je ne puis accepter ton dévouement. Il est probable que le concours aura lieu ; et je ne dois ni ne veux permettre que tu perdes l'occasion de te faire connaître et d'acquérir de la gloire. Ce n'est pas parce que tu es mon élève, mais je suis certain que tu es le plus fort de ceux qui se présenteront au concours. Si tu ne remportes le prix du compas d'or, du moins tu feras de telles preuves de talent qu'il en sera parlé sur le tour de France. De pareilles occasions ne se présentent que rarement , et souvent elles décident de tout l'avenir d'un ouvrier. A Dieu ne plaise que je te fasse perdre celle qui peut s'offrir demain !

— Et moi , je veux la perdre, répondit le Corinthien, et je la perdrais dans tous les cas. Tu me crois bien borné, si tu crois que depuis ce matin mes idées et mes sentiments n'ont pas marché. J'ai ouvert les yeux, frère; et je ne suis déjà plus J'Iiomme aveugle et grossier qui t'écoutait hier soir avec stupeur sur la chaussée de Blois. Les paroles

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que lu viens de dire devant, l'assemblée sont tombées dans mon cœur, comme le bon grain dans le sillon fertile. 11 m'a semblé qu'un nuage s'élevait de terre entre nous deux, et que je t'avais aimé jusqu'ici à travers un voile. Oui, mon ami, lu ne m'avais pas semblé autre chose qu'un compagnon instruit, honnête et bon. A présent je vois bien que lu es plus que cela . plus qu'un ouvrier, plus qu'un homme peut-êlre. Que vais-je le dire? je me suis figuré le Christ, ce fils d'un charpenlier, pauvre, obscur, errant sur la terre, et parlant à de misérables ouvriers comme nous, sans argent, presque sans pain, sans éducation (c'est ainsi qu'on nous les dépeint). Je me suis rappelé ce qu'on raconte de sa beauié, de sa jeunesse, de sa douct'ur, des préceptes de sagesse et de charité qu'il expliquait comme lu l'as fait aujourd'hui en paraboles. Je ne veux pas blesser la modestie, Pierre, en te comparant à celui qu'on appelle dieu; mais je me disais : Si le Christ revenait parmi nous, et qu'il passât devant celle maison, que ferait-il? Il venait la Savinienne au seuil, avec son air affable et ses deux beaux enfants, et il les bénirait. Et alors la Savinienne le prierait d'enlrer; elle laverait ses pieds poudreux et brûlants, et elle abriterait ses petits dans les plis de la robe du Sauveur, tandis qu'elle irait lui chercher Teau la plus pure pour étancher sa soif. Et pendant ce temps, le fils du charpentier inlerrogerait les enfants, et il saurait d'eux qu'il y a là, dans la

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grange, des hommes qui parlent et qui concertent quelque chose. Alors l'homme divin voudrait connaître le cœur de ses frères, de ses fils, les pauvres travailleurs. Il entrerait dans la grange, et ne dédaignerait pas de s'asseoir comme nous sur une botte de paille, lui qui naquit sur la paille d'une étable; puis il écoulerait. Et tout en faisant ce rêve, je me représentais la belle figure de Jésus, attentive oi souriante , et ses beaux yeux attachés sur toi avec une expression de douceur et d'attendrissement... Et quand tu eus fini de parier ( car ceci, Pierre, n'était pas une simple supposition que je faisais dans mon esprit ; c'était comme une vision que j'avais devant les yeux), quand tu eus fini de parler, je le vis s'approcher, se pencher sur toi et te dire en l'imposant les mains ce qu'il disait aux pauvres hommes du peuple dont il faisait ses disciples : «I Viens avec moi , quitte tes filets et suismoi ; je veux te faire pêcheur d'hommes. » Et il me sembla qu'une grande lumière jaillissait du front du Christ, et t'enveloppait dans son rayon. Alors je me dis en moi-même : Pierre est un apôtre; comment ne le savais je pas? Il prophétise; comment ne lavais-je pas compris? Et moi aussi, je me levai, transporté d'un zèle qui me brûlait. J'allais m'écrier : Oh ! Christ, emmenez-moi avec mon frère; je ne suis pas digne de délier les cordons de vos souliers, mais je vous écouterai et je ramasserai les miettes qui tomberont de votre table... Alors les

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