‹ Le compagnonnage, son histoire, ses coutumes, ses règlements et ses ritesChapitre 100 sur 107 · A Paris, cette redevance a été supprimée · texte numérisé non relu

A Paris, cette redevance a été supprimée

prenlissage pour les aspirants. Ces derniers doivent, pour être reçus, subir des examens assez sévères et étudier encore le métier pendant six mois après leur réception. « On ne veut pas, nous écrit notre correspondant, donner des connaissances approfondies à des ingrats *. »

Cordonniers bottiers. — Ils sont peu nombreux (200 au plus, aspirants compris, pour toute la France, dont une trentaine à Paris) 2.

La société des compagnons et aspirants cordonniers possède une caisse commune gérée par un bureau composé du premier en ville, de deux syndics (pris parmi les aspirants) et d'un rouleur, tous élus au scrutin secret. Une commission de contrôle composée par moitié de compagnons et d'aspirants, surveille les travaux du bureau.

La ville centrale de la société (Bordeaiix) dresse chaque année un état de la situation de l'association. A cet effet, elle centralise les états de comptes fournis par les sociétés des villes principales (il y en a huit, Bordeaux compris) et des villes secondaires.

Tous les premiers dimanches du mois (à Paris le samedi) il y a assemblée générale pour le paiement des cotisations et la lecture de la correspondance courante.

Quiconque veut faire partie de la société doit accomjjlir un stage de trois mois et payer 3 francs à titre de droit d'entrée. La cotisation mensuelle est de 1 fr. 50; le sociétaire en relard de plus de deux mois est à l'amende de 25 centimes; un l'etard de six mois enlraîiu' la radiation.

Tout compagnon voyageur a droit, en [U'incipe, à un dû d'arrivée — un coucher et un repas gratuits — (1 fr. 75) et à un dû de départ (I fr. 25). La société ne garantit à la Mère le remboursement d'aucune dépense faite par les

1. Nous sommes redevables de ces renseifjrncnicnls ù M. lîoiivous jeune, com])agnon couvreur (aujourd'hui entrei)rcncur do couverture à Angoulêmo). M. Bonvous est l'autour d'une intéressante brochure intitulée : « Élude sociale sur le compaynonnni/e du Devoir ».

2. Nous remercions le C.'. Tharreau (Angevin la Gloire du Devoir), premier en ville des compagnons cordonniers de Paris, <[u\ a bien voulu nous conimuniiiucr lo règlement do su société (bordeaux, imi>rinicrio Uounouilhou, 189G).

compagnons, mais on oblige les sociétaires insolvables à prendre des arrangements et à payer par acomptes.

En cas de maladie tout membre a droit à 1 fr. ÎJO par jour pendant trois mois et à 1 franc pendant trois autres mois. Passé ce délai, si la maladie est incurable, un impôt de 50 centimes par membre est levé sur le Tour de France au profit de l'invalide qui cesse de recevoir un secours périodique. En cas de décès, la société supporte les frais des obsèques, du moins jusqu'à concurrence d'une certaine somme (iJO francs à Paris). Il n'existe pas de caisse de retraites; nombre de compagnons sont adhérents au Ralliement.

Bien que l'article 3G des statuts prévoie la création d'écoles professionnelles, il n'existe plus d'institutions de ce genre; un cours de coupe qui avait été ouvert à Bordeaux a été supprimé il y a quatre ou cinq ans.

La fête des compagnons cordonniers est célébrée le jour de la Saint-Crépin. En dehors de la société du Devoir, il existe des compagnons cordonniers adhérents à l'Union compagnonnique. Les anciennes sociétés dites de VÈre nouvelle et du compagnonnage de Liberté ont disparu.

ÏRuisiÈME CATÉGORIE. — CovcUers. — La société des compagnons cordiers était florissante au temps où les marines de guerre et de commerce employaient exclusivement des cordages fournis par l'industrie textile. Aujourd'hui les cordiers ont été presque radicalement supprimés dans les arsenaux par suite de l'adoption des cordages métalliques. « L'ouvrier, est-il dit dans une notice écrite par un compagnon cordier', est en partie devenu un manœuvre et remplacé par les femmes et les enfants. De nos jours les grandes filatures de corderie, les ficelleries du Nord ou d'Angers emploient très jteu d'hommes. Le compagnonnage

1. Cette note, ainsi que celles concernant les tisseurs et les doleurs, nous a été obligeamment transmise par M. Jules Boudin, directeur du Ralliement de Tours, qui, afin do mettre à couvert sa responsabilité, a inséré dans son journal nos lettres lui demandant son concours ainsi que SOS réponses.

s'en est ressenti et son recrutement est devenu de plus en plus difficile. »

Chez les compagnons cordiers chaque sociétaire paie une cotisation mensuelle de 1 franc et reçoit, en cas de maladie, un secours de 2 francs par jour pendant un laps de temps qui ne nous a pas été indiqué.

Doleurs. — Les compagnons tonneliers doleurs du Devoir paient une cotisation de 1 franc par mois et reçoivent en cas de maladie un secours de 1 franc par jour. Ils n'ontplus que de rares initiés, la plupart des compagnons tonneliers ayant adhéré à l'Union compagnonnique *.

Tisseurs ferrancliniers. — Les compagnons tisseurs ferrandiniers, autrefois très nombreux, ne forment plus de nos jours qu'un petit groupe, les métiers à bras dont ils faisaient usage ayant été presque partout remplacés par des métiers mécaniques. La cotisation dans cette société est de 1 franc par mois. La somme allouée en cas de maladie est de 1 fr. 50 par jour pendant six mois et de 75 centimes pendant les six mois suivants. Après un an, le malade est réputé incurable et la société cesse de lui servir un secours; une quête est faite à son profit. La chambre de Tours a organisé un cours professionnel.

Blanchers chamoiseiirs. — Les blanchers chamoiseurs ou mégissiers n'ont plus que deux chambres : celle de Paris, qui groupe environ 20 membres, et celle de Fontaine, près de Grenoble, qui en a une dizaine ^.

Serruriers. — On compte environ 150 à 200 compagnons serruriers. Cette société a organisé la mutualité et l'enseignement professionnel.

Tailleurs de pierre. — Les compagnons tailleurs de pierre ne constituent plus une société qu'à Bordeaux et Montpellier. Ces artisans étaient jadis des ouvriers d'élite, connaissant le dessin linéaire et la géométrie; aujourd'hui le tailleur de pierre n'est plus qu'un manœuvre qui ne songe pas

1. Voir, sur les compagnons tonneliers do Bordeaux et Je Paris, la publication do \' Office du Travail : Les Associations profes.iionnellcs ouvrières, Paris, I'.»01, t. II, p. 70 1 et 781.

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