CAISSE DE RETRAITES
Membres actifs au 31 décembre 1900 2 287
Membres honoraires 4
Le compte de pr-ollts et pertes pour l'année 1900 se solde par un bénéfice de 3299 fr. 05; la caisse a payé pendant
1. Voir V Union coiiipuynunniquc, ir" dus 7 et VI avril l'JOl.
ORGANISATION ET REGLEMENTATION 321
cette année des pensions s'élevant à la somme de 9 C07 fr. 915. La quotité des pensions est faible et ne dépasse guère 50 francs par an. L'avoir de la caisse s'élevait, au 31 décembre 1900, à 187 840 fr. 1j.
Orphelinat. — Recettes en 1900, 3106 fr. — Dépenses, 2147 fr. 40 — Avoir au 31 décembre 1900, 9703 fr. 95.
Journal. — Le compte financier de l'exercice 1900 se solde par un b'-ger déficit (39 fr. 80). Mais l'avoir du journal s'élevait au 31 décembre à 2068 fr. 80.
Statistique des sociétés de compagnons en 1901. — Il est impossible, on le conçoit, de prétendre établir une statistique complète du compagnonnage tant que des données précises qui font actuellement défaut n'auront pas été recueillies'. VOffice du Travail [Les associations professionnelles, t. I, p. 102) a cru pouvoir évaluer approximativement à 5000 le nombre des compagnons de toutes les sociétés, abstraction faite des 3700 membres (aujourd'hui 4038) de l'Union des travailleurs du Tour de France (2000 membres de l'Union compagnonnique et 3000 compagnons du Devoir et du Devoir de Liberté). Ces chiffres nous semblent demeurer très au-dessous de la réalité.
Tout d'abord le chiffre de 2000 membres de l'Union compagnonnique indic|ué par VOfp.ce du Travail est aujourd'hui sensiblement dépassé. Il existait au 31 décembre 1900 2500 membres actifs de l'Union.
De même, il existe certainement plus de 3000 compagnons dits restéii fidèles au Devoir. VOffice du Travail lui-
1. L'Union compagnonnique a entrepris un recensement de tous les compagnons actifs. Ce travail, qui est on cours d'exécution, sera évidemment fort intéressant, mais ne pourra lui-môme être accepté sans quelques réserves. Certaines sociétés refusent tout renseignement sur leur effectif et il est à craindre que l'Union compagnonnique ne soit parfois induite en erreur en ce qui concerne les compagnonnages du Devoir, dont elle no pourra étaVjIir l'importance numérique que très difficilement. — En cours d'impression de ce livre, une lettre de M. Blanc nous apprend qu'à la date du 16 juin 1901, le nombre des compagnons des divers rites et métiers recensés par l'U. C. s'élevait à lÛ'J-ll. Lo travail do dénombrement n'était pas encore entièrement achevé.
LK COMP.\GNONNAGE. ^1
même admet que la société des compagnons maréchaux ferrants groupe 1100 membres actifs'. Celle des compagnons charpentiers passants du Devoir n'est guère moins nombreuse 2. il convient encore de faire état, d'après notre enquête personnelle dont les éléments ont été recueillis auprès des premiers en ville et contrôlés, autant que possible, par des informations prises à diverses sources, de 400 ou iiOO compagnons charrons (et autant d'aspirants) ; de 400 ou iJOO compagnons forgerons (contre l'JO aspirants) de 400 compagnons boulangers pour Paris seulement, de 150 à 200 compagnons serruriers, de 500 à 000 compagnons couvreurs. Avec l'appoint des autres sociétés moins nombreuses (cordiei's, menuisiers, tisseurs, doleurs, etc.), on peut évaluer à un chiflre minimum de 5000 le nombre des compagnons actifs du Devoir. Si à ce chiffre on ajoute près d'un millier de compagnons de Liberté de toutes professions*, et les 2500 membres de l'Union compagnonnique, on est amené à cette conclusion qu'il existe encore en France environ 8000 et peut être 10 000 compagnons actifs (aspirants non compris). Si on tenait compte des compagnons anciens en même temps que des compagnons actifs, l'effectif total du compagnonnage s'élèverait très probablement au chiffre de 20 à 25 000 membres *.
Coup d'ceil sur la société l'Union des travailleurs du Tour de France. — Bien qu'issue du compagnonnage, cette société n'est pas une société de compagnons; elle a conservé cependant quelques usages et quelques règlements
1. L'Annuaire de la société de secours mutuels des compagnons maréchaux pour 1900 (Mclun, Rcty, 1001), donne la liste do 879 membres actifs, mais est loin do comprendre tous les nionilires do ce compagnonnage.
•2. Dans l'unciuèto de 1S83 sur la condition des ouvriers do l'industrie, p. 192, un témoin, dclcguo de cette société, évalue le nombre des compagnons passants charpentiers pour Paris seulement à 800.
3. La société des compagnons charpentiers do Liberté de Paris compte à elle seule 150 membres ; elle a jilusicurs ramifications on province. Il convient aussi do faire étal des menuisiers du Devoir de Liberté.
•1. Dans ces chillres ne sont pas compris les 1000 membres de l'Union des travailleurs du Tour de France.
qui rappellent son origine. Aussi croyons-nous devoir analyser à grands traits ses statuts approuvés par le ministre de l'Intérieur le 25 août 1899.
L'Union des travailleurs du Tour de France est placée sous l'autorité suprême d'un bureau central élu pour un an parles bureaux particuliers avec mission de veiller à l'exécution des statuts et d'exercer certaines fonctions arbitrales. Ce bureau se compose de 25 membres et dispose d'une caisse particulière alimentée par l'excédent des caisses des bureaux particuliers.
Des bureaux généraux fonctionnent dans cinq gi'andes villes et surveillent la gestion des bureaux particuliers avec l'assistance de conseils de bureaux.
Les bureaux particuliers sont constitués dans un grand nombre de villes et sont chargés de l'inscription et de la réception des candidats. Les membres de ces bureaux sont élus pour six mois.
Pour être reçu membre actif, il faut avoir seize ans au moins, trente-cinq ans au plus, être de bonne vie et mœurs, jouir de ses droits civils et politiques, enfin acquitter un certain droit d'entrée dont le taux varie avec l'âge du sociétaire.
Tout membre actif paie une cotisation de 1 fr. 7o par mois, plus 25 centimes à la caisse de réserve créée en vue de secourir les infirmes et les vieillards. En échange de cette cotisation la société assure à chacun de ses membres : 1° en cas de maladie, les secours du médecin et les remèdes, plus une allocation pécuniaire de 1 fr. 50 par jour pendant six mois et de 75 centimes pendant les dixhuit mois suivants si la guérison ne survient auparavant. Comme les compagnons, les sociétaires visitent à tour de rôle les malades.
2° En cas d'infirmité ou de maladie incurable survenue avant l'âge de soixante ans, un secours dont la quotité varie, plus les visites du médecin. Le sociétaire âgé de plus de soixante ans n'a plus droit qu'à l'assistance médicale gratuite, mais ne paie plus de cotisation.
3° La société se charge jusqu'à concurrence de 60 francs,
des frais funéraires et remet un secours de 10 francs à la veuve.
L'Union des travailleurs du Tour de France s'occupe aussi du placement : un registre d'embaucliage est déposé à cet effet dans chacjae bureau parti(Milier. Tout sociétaire voyageur est logé chez un chef d'établissement (jui remplit l'office de la Mère des compagnons, l'n crédit de 0 francs est ouvert à tout sociétaire.
Le nombre des sociétaires était de 4038 au 31 décembre 1899. Le capital social s'élevait en 1899 à 250 000 francs'.
1. Pour plus de détails sur cette société, voir la brochure intitulée Société de l'Union des trai-ailleurs du Tour de Fi'ance, marche générale, 183-J-18'.'0, Paris, 9, rue Chapon, et la Xotirc historique du sociétaire Marquct. Tours, Bousrez, 1889.