‹ Le compagnonnage, son histoire, ses coutumes, ses règlements et ses ritesChapitre 106 sur 107 · AU POINT DE VUE SOCIAL · texte numérisé non relu

AU POINT DE VUE SOCIAL

rions que les approuver, si leur intérêt sainement entendu le leur conseillait. Mais alors même qu'un désaccord passager les obligeait à entrer ainsi en lutte avec ces patrons dans lesquels ils ne voient pas des ennemis, dont beaucoup sont leurs anciens camarades, jamais, ainsi qu'ils le proclament avec une fierté légitime dans leur ordre du jour du 15 octobre 1898, ils ne se sont départis du plus grand calme et toujours ils ont su mériter les sympathies du public par leur respect de l'ordre. Si, comme nous l'espérons, la classe ouvrière parvient, enfin, à s'organiser, non dans un but révolutionnaire, mais pour réclamer, par des moyens légaux, une part plus équitable dans la répartition des produits de son travail, pour se prémunir contre les risques multiples auxquels elle est exposée, pour s'élever moralement et matériellement au-dessus de sa situation actuelle, demeurée, en dépit de tout, si inférieure et si précaire, si les ouvriers prennent nettement conscience de leurs devoirs en même temps que de leurs droits, si le prolétariat, sans rien perdre de sa vitalité et de son énergie, se discipline, s'assagit et s'éclaire, il nous paraît certain que le compagnonnage aura été, par son exemple bien plus encore que par son action sur les quelques corporations où il a conservé son influence, l'un des agents d'une si désirable et si bienfaisante transformation.

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