‹ Le compagnonnage, son histoire, ses coutumes, ses règlements et ses ritesChapitre 42 sur 107 · G G LE COMPAGNONNAGE · texte numérisé non relu

G G LE COMPAGNONNAGE

le six heures du malin en mon élude et par devant moy s'est présenté Philippe Leschelle maître serrurier à Dijon lequel s'est plaint de ce que au ])réjudice des délibérations et des arrests qui les ont confirmés, les compagnons serruriers de celte ville continuent do s'assembler et faire un Devoir qui leur a clé deffendu par le dernier arrest rendu contre eux et par ce moyen se rendent maîtres des com|)agnons serruriers qui arrivent en cette ville, pour les y placer ou les faire ])asser outre quand bon leur semble ; de celte sorte ils taxent entre eux les ouvraijes qu'ils fabriquent chez leurs maitrcs, lesquels n^ozent leur rien contredire.

C'est déjà notre tarif syndical , do même que notre moderne mise à Cindex ou en interdit apparaît nettement dans une lettre écrite en mai 1753 par les compagnons vitriers de Tours à ceux d'Orléans pour les informer (ju'un maître tourangeau nommé Uertereau a écrit à deux de ses confrères d'Orléans pour les prier de lui envoyer des compagnons. Les auteurs de la lettre prient les compagnons d'Orléans d'avertir tous leurs camarades et d'agir même auprès des deux maîtres sollicités par Bertercau pour que ce dernier n'obtienne pas satisfaction. Car il traite les compagnons de fripons. « Lu boutique est défendue )>, disentils, et ils ajoutent «jne les compagnons qui malgré tout se rendraient à Tours, aujaient fort à faire s'ils voulaient travailler sans la volonté des coni|)agnons de cette ville. Les compagnons d'Orléans n'eurent garde de négliger un pareil avis; ils intei'vinrent, comn)e on le leur demandait, et avec un plein succès aupi'ès des maîtres d'Orléans. Du reste eux-mêmes avaient aussi une boutique défendue '.

Les indépendants, les sarrasins, comme on les nomme aujourd'hui, étaient par contre en butte à l'hostilité des loiiipagnoiis, (jui les nuMiacaienl, les injuriaient et parfois même se livraient sur leurs iieisdiiiies à des voies de fait. Les pièces d'archives qui rehilenl des attentats à laliberté du travail retracent Idnjiiurs les mêmes faitsavec (luehiues variantes. Nous citerons, à titre d'exemple, le procès intenté en juin 1723 à Hourguignon, compagnon teinturier à Orléiins, accusé d'avoir été le chef d'une bande

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