Il,id
de Nantes invile celle de Bordeaux à empêcher tout départ pour Nantes jusqu'à ce que les maîtres se soient soumis.
La solidarité des compagnons et leur fidélité au serment qu'ils ont prêté de ne pas révéler les secrets de la société éclatent dans le procès-verbal d'un interrogatoire auquel fut soumis, le 20 janvier 1810, l'un d'eux, EJadouliac dit l'Angoumois. Cet interrogatoire rappelle une scène fameuse de l'Avocat Pathelin. Le compagnon interrogé y fait preuve d'une obstination invincible. Il garde une défensive inexpugnable, affectant d'ignorer ce qu'il connaît à merveille.
■■ Combien, lui demande-t-on, y a-t-il de compagnons cordonniers à La Rochelle?
« R. Je ne puis pas vous dire; à peu près 30 ou iO ouvriers cordonniers compagnons ou autres. »
(Ce n'est pas là répondre. On ne lui demandait pas combien il y avait d'ouvriers cordonniers à la Rochelle, mais combien il y avait d'ouvriers cordonniers compagnons).
" D. La Rochelle est-elle une ville de Devoir pour vous?
.. !{. Oui.
" D. Quelles sont les villes du Devoir pour vous?
« R. Je ne saurais vous le dire parce que je ne fréquente pas beaucoup chez la Mère. »
Le commissaire de police se Mche devant un parti pris aussi évident et le procès verlial porte : « A lui observé que s'il ne dit pas la vérité, il sera traité avec sévérité ». Mais cette mesure ne produit aucun eiret.
« D. Quel est le premier en ville des compagnons cordonniers?
« R. Je ne sais pas. J'ignore même ce que c'est que le premier en ville '. »
Cette déclaration vraiment stupéfiante de la part d'un compagnon donne le ton de tout l'interrogatoire et permet d'apprécier la vérité de cette assertion du procureur général de Bordeaux : « Il n'y a point de faux frères parmi eux ». Peu après et précisément quelques jours avant la promulgation du titre du Code pénal qui renferme les articles 414 et 415 relatifs aux coalitions, ce même magistrat examine précisément dans une consultation juridique la situation légale du compagnonnage. La loi du