‹ Le compagnonnage, son histoire, ses coutumes, ses règlements et ses ritesChapitre 55 sur 107 · LA RESTAURATION · texte numérisé non relu

LA RESTAURATION

gnons, c'est-à-dire les anciens du métier, préféraient s'arrêter dans les grandes villes, Nantes ou Bordeaux; ils ne faisaient guère que passer dans des villes de second ordre comme la Rochelle. En 1823, cependant, quelques compagnons en quête d'ouvrage allèrent en chercher dans cette ville; ils y trouvèrent les ateliers au complet et toutes les places déjà occupées par les aspirants. Ces derniers témoignèrent même à leurs aînés quelque mauvais vouloir. Les compagnons en référèrent alors à la Chambre de Bordeaux, qui s'empressa d'élever la Rochelle au rang des villes de réception. C'était consacrer, au profit des compagnons, le droit d'être embauchés avant les aspirants. Évincés, ces derniers protestèrent, se retirèrent de la société pour en former une nouvelle, celle des menuisiers indépendants '.

Les cordonniers, ces parias du compagnonnage, s'étaient eux-mêmes divisés, ainsi qu'on l'a vu, en 18H et une société nouvelle s'était constituée. En 1827 d'autres démêlés amenèrent un second schisme. Deux compagnons cordonniers, Monge dit Perpignan et Imbert dit Poittevin, s'étant battus à Marseille contre des compagnons d'une autre profession, avaient été arrêtés et condamnés à un an de prison. Gomme ils avaient encouru cette peine pour avoir vengé une offense faite à leur corporation, celle-ci, aux termes des statuts, eût dû leur verser une indemnité d'un franc par jour de captivité. Mais à leur libération, au lieu des 36o francs qu'ils s'attendaient à recevoir, on prétendit ne leur en compter que la moitié. Ils refusèrent ce paiement incomplet, s'emportèrent et, finalement, après une rixe générale, ils quittèrent la société, accompagnés d'un certain nombre de leurs amis et fondèrent un groupe dissident, celui des Indépendants -.

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