‹ Le compagnonnage, son histoire, ses coutumes, ses règlements et ses ritesChapitre 59 sur 107 · H8 LE COMPAGNONNAGE · texte numérisé non relu

H8 LE COMPAGNONNAGE

pays, comme disaient alors les bonnes gens, c'est-à-dire s'initier à des méthodes de tr.ivail inconnues dans sa ville natale, gagner ses éperons dans cette chevalerie du peuple qu'était alors le compagnonnage.

On trouvera dans les Mémoires d'un compaynoa, ce livre si peu connu et pourtant si altachant et si coloré, le récit de la vie errante d'Agricol Perdiguier. De Marseille, où il passe deux mois (mai-juin 1824), il gagne Nimes, où il ne séjourne qu'un mois. Il reste sept mois à Montpellier, où il est reçu compagnon. Ses autres étapes sont : Béziers (février 1825), Bordeaux (où il demeure jusqu'en juillet 1820), Nantes, Chartres (septembre 1827), Paris, où il ne s'arrête pas, Chalon-sur-Saône, Lyon où il est élu premier compagnon (décembre 1827), Le 24 août 1828, il est de retour à Avignon après quatre ans et demi de voyage, et l'année suivante il cesse d'être un compagnon actif; il remercie.

Dès 1834, Perdiguier avait publié un premier volume de chansons tiré à 500 exemplaires, grâce à une souscription entre compagnons. Ces chansons, dont un deuxième cahier parut en 1836, sont assez faibles; Perdiguier fut toujours un poète médiocre. Mais déjà dans ce livre se révèle le noble dessein de l'auteur. Il prêche la fraternité. Il flétrit le fanatisme et veut, dit-il, l'empècher de s'inlioduire dans sa belle société. Dans l'Ancien Conipaipion il adresse un touchant appel à la Fraternité :

Fraternité! clioz les luimains Exerce ta douce innuencc.

Fais sentir aux fils de la France Tes faveurs, les cliarmes divins.

Que les compagnons plus heureux, Oubliant leurs funestes guerres, Puissent se voir, s'aimer entre eux Comme des amis et des frères.

Mais l'ouvrage capital de Perdiguier, celui (jui devait consacrer sa renommée, est sans contredit ce Livre du Comparjnonnage, dont la ['" édition parut à la fin de 183'.». L'auteur venait à peine de guérir d'une grave maladie

lorsqu'il composa cet ouvrage dont il nous raconte la genèse dans la préface de l'édition de 1837.

J'y ai peint, écrit-il, des ciioscs antiques, originales, étranges, curieuses sous bien des rapports. Il faut les conserver intactes... D'autre part mon livre est empreint de l'idée fraternelle; il a montré l'avenir; il a poussé vers le mouvement, la régénération et la vie.

Les compagnons se battaient, se déchiraient les uns les autres. J'en souffrais; il me semblait que leur sang était mon sang. Je voulus les réformer. Avec quel entrain je me jetai dans celle rude entreprise!... J'aurais tout donné pour réaliser le bien, et ma liberté et ma vie et une grande fortune si je l'eusse possédée... C'était mon cœur, c'était mon âme qui agissaient, qui s'épanchaient, qui se prodiguaient. Je ne faisais pas une œuvre littéraire, mais quelque chose de saint... Peut-être sentira t-on en me lisant une émanation du sentiment dont j'étais animé.

Qu'était-ce donc cjue cet ouvrage, ce bréviaire du compagnon où l'auteur avait mis toute son âme et dont il parle avec l'accent d'une émotion si sincère? Le plan en était peu méthodique; c'était plutôt un recueil d'articles et de notices qu'une étude homogène K En tête du volume on trouve les deux cahiers de chansons publiés en 1834 et 1836, suivis d'une sorte de précis élémentaire de géométrie et de dessin linéaire [trait) sous forme dialoguée. La notice sur le compagnonnage vient ensuite : elle est fort courte et consiste dans une rapide revue des sociétés de compagnons et de leurs coutumes; de nouvelles chansons de compagnons terminent la notice. — La Rencontre des deux frères est, à notre avis, la partie la plus intéressante du livre. Prenant texte d'une aventure imaginaire — un combat singulier entre deux frères séparés tout enfants et qui, ne se reconnaissant pas, sont sur le point de s'entretuer parce qu'ils appartiennent à des Devoirs rivaux—, Perdiguier y prêche la tolérance, l'oubli des vieilles rancunes, la réconciliation des compagnons. Il prête à l'un des per-

1. Il n'est question ici que do la premièro édition (1839). La 2= édition (1841) et surtout la 3" (1857) sont plus complètes et mieux ordonnées. La l'"" édition est en un volume; les 'î' et 3° éditions sont augmentées d'un second volume.

sonnagos du récil ce langai,^*, qui exprime évidenimenl ses propres sentiments.

Les résultais ordinaires de ces fatales collisions (les rixes entre compagnons) sont pour nous la ruine, la déconsidération, la mort. Nul n'y gagne, tout le monde y perd. Nos sentiments s'aigrissent, notre esprit s'obscurcit, notre âme se dégrade; dans nos pensées, plus rien de grand et de généreux ; dans notre entendement, tout devient trouble et confusion. Aussi tout travail d'application nous devient impossible jusqu'à ce que le temps, la paix, la raison nous aient ramenés à notre état naturel. Alors seulement nous pourrons nous livrer de nouveau à cette étude des arts et des sciences qui a tant de charmes pour nous... 0 camarades! nous vivons dans un siècle avancé, sachons le comprendre... Renonçons à toutes ces rivalités mesquines qui nous abaissent. Je compte sur vous, ô mes amis. Je vois que votre âme s'élève, qu'une voix intérieure vous touche et vous persuade de la noble mission que nous devons remplir. Oui, répandons dans l'esprit de nos frères les idées nouvelles dont nous sommes pénétrés et qu'à leur tour ils puissent faire entendre ces mois sacrés : union, concorde, justice, amour, fraternité. Alors une grande régénération sera faite; alors les compagnons groupés plus intimement ne craindront plus ni la misère, ni l'oppression. Le compagnonnage sera un vaste foyer de lumière et de fraternité.

Ailleurs, un autre peisonnage du récil s'élève contre les préjugés dont certains métiers sont victimes. <( Aucun état producteur, dit-il, ne peut déshonorer... On dit compagnon d'armes, compagnon de voyage. Pourquoi ne dirait-on pas compagnon maréchal ou cordonnier? » Et le sentiment général est traduit en ces termes par un compagnon du devoir.

Vous trouvez que le compagnonnage protège les droits et les intérêts des ouvriers... Je pense comme vous, mais dépouillonsle de ce qu'il a de trop vieux, de trop usé, de ce qui choque la raison et les usages de notre temps. Conservons-lui ce qu'il a de bon; ajoutons-y encore pour le rendre plus parfait, et un jour, nous nous applaudirons de notre œuvre.

La Rencontre des deux frères ievui'wv' le Livre du Compagnonnage (du moins dans la première édition). Le retentissement de cet ouvrage fut considérable. Le compagnonnage, jusqu'alors presque inconnu du grand public, qui

se souvenait seulement (Fcivoir assisté ijurfuis à des défilés bizarres, à des manifestations dont le sens lui échappait, le compagnonnage était brusquement dévoilé. Ses coutumes, son organisation, sinon ses rites, étaient décrits et expliqués. Une immense force ouvrière, à peine soupçonnée des hautes classes, ajiparaissait tout à coup en pleine lumière. 11 semblait qu'un État dans l'État, une sorte de royaume du travail avec ses institutions et ses lois eût été découvert par un Christophe Colomb populaire, et la découverte était d'autant plus piquante qu'en 1840 chacun pouvait se dire : tout ce qui vient de m'èti-e révélé a existé de tout temps près de inoi sans que je m'en sois aperçu ou tout au moins sans que j'aie compris la signification des scènes singulières dont j'étais le témoin. La curiosité publique était en même temps éveillée et satisfaite.

Une autre cause contribua encoie au succès du livre : il venait à son heure. La doctrine économique du laisser faire , longtemps triomphante et qui devait avoir sous le second Empire son été de la Saint-Martin était, dès cette époque, vivement combattue. Déjà sous la Restauration, Sismondi avait dénoncé le danger d'une politique sociale fondée sur l'isolement de l'individu et sur l'égoïsme de l'État, Dès 1834, la même tlièse était repi'ise et soutenue avec talent par un publiciste de l'école catholique, Villeneuve Bargemont. Saint-Simon et ses disciples d'une part, Fourier d'autre part, avaient, eux aussi, en dépit de l'extravagance de certaines conceptions, orienté l'opinion publique vers l'idée d'association. Bûchez poursuivait dans V Atelier une active campagne en faveur de la coopération, tandis que les premiers théoriciens socialistes : Pierre Leroux, Proudhon, Louis Blanc, Pecqueur et Cabet s'apprêtaient, eux aussi, à donner l'assaut au régime économique et social inauguré en 1789 1. Un travail s'opérait dans tous les esprits. On

1. Nous n'oublions pas que lo xviii" siècle a connu, lui aussi, les théories socialistes. Voir à ce sujet Espinas, La l'hilosophie sociale au XVIII' siècle, Paris, Alcan, 1808, et A. Lichtenberger, Le Socialisme au XVIII' siècle, Paris, Alcan, 1899. Mais les vues utopiqucs d'un Mercier, d'uu Morclli ou

rêvait d'un monde plus parfait dont l'image encore vague s'ébauchait à peine dans le cerveau de la foule. Le livre de Perdiguier ne pouvait manquer d'éveiller la curiosité et la sympathie d'un public animé do (els sentiments. Aussi adopta-t-il l'ouvrage avec enthousiasme et s'éprit-il aussitôt d'une belle ardeur pour le compagnonnage. La mode, cette reine de l'opinion, sourit aux compagnons du Tour de France et Perdiguier connut l'ivresse de la popularité *. Le Capitule (n° du 23 décembre 1839) déclarait que son livre était un véritable traité d'économie politique à l'usage du peuple, remarquable par de bonnes et solides pensées, de sages et utiles conseils, riche de réflexions profondes. « 0 riches ! écrivait Louis Blanc dans la Eevue du Progrès du 1®"" janvier 1840, vous pouvez le lire sans crainte, ce Livre du Compagnonnarje. Il vous apprendra bien des choses dont votre curiosité s'amusera peut-être, mais vous n'y trouverez pas une parole dont votre orgueil ait le droit de s'irriter; vous n'y trouverez ni amertume, ni colère, ni déclamation envieuse. » « Que pourrais-je offrir au public, disait M. de la Farelle dans la Quotidienne, qui valût, sous le rapport de la réalité, de l'intérêt, de la couleur, la production si originale et si frappante d'Agricol Perdiguier? Il y a longtemps que la presse ne nous avait doté d'un livre semblable au sien, aussi serré, aussi nourri, aussi neuf surtout, aussi curieux li lire et profitable à méditer. » La Fraternité, le Corsaire, le Journal des Débats, le Correspondant, la France, le Moniteur parisien, le Censeur de Lyon exaltaient à l'envi l'écrivain populaire, riiumble ouvrier

mcmo d'un Mably ne furent, comme l'oliserve fort justement M. Liclitcnbcrycr, que des jeux d'esprit, do pures spéculations ])liilosopliiquos. S'il y eut, d'autre part, en suspension dans l'atmosplicro d'orage créée par la Révolution, des germes et des ferments socialistes, il est cependant acquis que la Constituante, la Législative et môme la Convention n'ont jamais envisagé l'éventualité de l'abolition de la propriété privée et son remplacement par la propriété exclusive de l'État.

1. Chez les compagnons, l'ouvrage do Perdiguier jirovoqua les impressions et les jugements les ])lus divers. Tandis que les uns le félicitaient chaleureusement et se ralliaient à ses idées, d'autres le llétrissaient commo un renégat et un traître. On proposa même do lirùlcr son livre. 'Voir Lirra du Compaynonnacje, 3» édit., t. II, p. 69.

devenu tout à coup un ])ovs<>nnage. Le National, usant d'un procédé peu loyal, publiait le livre en feuilleton, sans noiumer l'auteur.

Des hommages plus flatteurs encore étaient rendus à Perdiguier. Lamartine lui écrivait, le 28 novembre 1840 : « Votre ouvrage est plein d'intérêt et d'une utilité réelle; il ne peut manquer d'atteindre le but vers lequel vous marchez : l'extinction des haines qui divisent les divers corps d'état. « Chateaubriand, Lamennais, Béi-anger joignaient leur suffrage à celui de l'auteur des Méditations. Entîn George Sand donnait au petit écrit de Perdiguier une véritable consécration en lui empruntant le sujet de son roman : le Compagnon du Tour de France , paru en 1841. Ce roman n'est autre chose que la mise en action, avec toutes les ressources de l'imagination et du style, du récit sans prétention de Perdiguier. Si l'on fait la part de l'amplification et du merveilleux inséparables de toute œuvre de ce genre, on ne peut méconnaître que le livre soit remarquablement documenté. Nous inclinons à penser que Perdiguier, avec lequel George Sand avait eu plusieurs entrevues et qui l'aida de ses deniers à refaire le Tour de Finance dans un but de propagande (IG juillet- 20 septembre 1840), collabora d'assez près à la composition du roman *. Sans doute il dut fournir les couleurs oii la grande artiste trempa son pinceau. Il est difficile d'expliquer autrement la précision et l'exactitude des détails que renferme cet ouvrage. Le récit de la rencontre sur la grande route de Pierre Iluguenin (Villepreux, l'ami du trait) et de Jean Sauvage (la Terreur des Gavots), qui se trouve au chapitre VII du roman, est pris sur le vif. La description de la lutte sanglante livrée par les Gavots aux

L George Sand reconnut du reste loyalement ce qu'elle devait au livre lie Perdiguier. « Cet ouvrage, écrivait-elle, renferme tout ce que l'initié du compagnonnage pouvait révéler sans trahir les secrets de la Doctrine. Il a été composé naïvement et sans art, sous l'empire des idées les plus saines et les plus droites. Le l)ut de celui qui l'a écrit n'était pas d'amuser les oisifs; il en a un bien autrement sérieux : réconcilier les Devoirs entre eux, faire cesser les coutumes barbares, les jalousies, les vanités, les batailles. »

Drilles, chez la mère Savinien, n'est pas purement imaginaire; elle rappelle une bataille dont la ville de Blois fut le théâtre en 1827. Sans doute, les caractères des personnages ont été quelque peu idéalisés. Mais il est évident, cependant, que l'auteur, en les traçant, a tenu compte de l'état d'esprit et des aspirations dont la classe ouvrière et plus spécialement les compagnons étaient animés à cette époque. Pierre Huguenin est bien le compagnon de la nouvelle école, le disciple de Perdiguier, l'apôlre de la réconciliation et de la concorde. Sa réponse à la Terreur des Gavots eût été, sans nul doute, approuvée par l'auteur du Livre du Compagnonnage; comme son maître, il est un peu prêcheur et s'épanche un peu trop volontiers en dissertations empreintes d'un humanitarisme assez vague. Mais ses intentions sont excellentes et il fait pi^euve de courage en combattant les haines qui divisaient les sociétés et les préjugés si fortement enracinés chez les compagnons *. La Terreur des Gavots, personnage, du reste, purement épisodique, c'est le compagnon aveuglément attaché aux vieux usages, le fanatique, pour nous servir de l'expression consacrée, qui épouse, les yeux fermés, toutes les querelles de sa société et croirait forfaire à l'honneur s'il manquait une occasion de se battre avec les membres des Devoirs ennemis; bon cœur, du reste, lorsqu'il n'est pas sous l'empire de la passion, accessible cà la pitié et tourmenté, après coup, par le remords du sang versé. Les autres personnages : Amaury le Corinthien, Vaudois la Sagesse, la Savinicnne sont moins intéressants au ])(iinl de vue qui

1. « Sur tous les points do la Franco — dit Pierre Huguenin à son ami le Corintliien — nous nous provoquons, nous nous égorgeons i)Our le droit de porter exclusivement l'cquerrc et le compas, comme si tout homme qui travaille à la sueur de son front n'avait pas le droit de rovôlir les insignes de sa profession. La couleur d'un ruban placé un ])cu plus haut ou un jieu plus bas, rornemcnt d'un anneau d'oreilles, voilà les graves questions qui fomentent la haine et font couler le sang des pauvres ouvriers! Quand j'y pense, j'en ris dopiti6 ou plutôt j'en pleure do honte. » (Ch. iv). Voir encore au chapitre xii le discours du même Pierre Huguenin aux compagnons do Blois assemblés chez la Mère ; c'est un véritable plaidoyer — j)arfois aussi un sermon — on faveur do la tolérance ot do la fraternité ontro compagnons.

nous occupe, bien que plusieui's d'entre eux soient reliés assez étroitement à l'action. Pierre Huguenin est évidemment la figure caractéristique que l'auteur a voulu placer en pleine lumière ; il est le héros-type, le personnage en qui s'incarnent les espérances, les rêves généreux, mais hélas! illusoires de toute une génération de compagnons.

Il est certain cependant que les efîorts de Perdiguier ne demeurèrent pas complèlement stériles. Ils contribuèrent puissamment à mettre fin sinon aux divisions, du moins aux conflits sanglants entre compagnons. Nous indiquons dans une autre partie de cette étude qu'à ce point de vue les conseils d'Avignonnais la Vertu furent écoutés et qu'à partir de 1840, les rixes et les batailles entre Gavots et Dévorants, ou entre Dévorants et Unionistes se font de plus en plus rares. Les mœurs s'adoucissent. Les vieilles haines, sans disparaître complètement, perdent de leur âpreté. A l'état de guerre déclarée succède une paix relative encore interrompue seulement de temps en temps par de passagères escarmouches, par des rixes individuelles, le plus souvent sans gravité *.

Il importe, toutefois, de ne pas s'y tromper. Si le Tour de France cesse, à partir de 1840, d'être, selon l'expression de Perdiguier, im champ de carncujc, il faut, cependant, se garder d'en conclure que les Devoirs réconciliés aient formé, dès cette époque, une grande famille, et que l'entente ait été parfaite entre leurs adhérents. Bien au contraire, la désagrégation du compagnonnage, commencée

1. « Que l'on se reporte à trente-cinq ans en arrière, écrivait Perdiguier en 1863 (dans un factum sans titre édité chez lui-même, rue Traversicre- Saint-Antoine, u" 38). Le Tour de France était un champ de carnage. Chaque ville, chaque route avait ses batailles, ses combats, ses meurtres. Le sang dos ouvriers était répandu par la main des ouvriers. Et pourquoi? Parce qu'ils n'étaient pas du môme Devoir. Je vis cette barbarie, ces désordres, ces crimes; j'eus la pensée d'y mettre fin. De là, mes premières chansons, mes publications de 1834, 1830, 1837 et enfin en 1839, le Livre du Cumpafjnonnafje. Il agita, inquiéta le fanatisme. Je rencontrai des opposants, des cris, des menaces, mais les partisans ne manquèrent pas non plus et les eff'ets de cette publication no se firent pas attendre. Une heureuse révolution a fini par s'accomplir dans l'esprit et les mœurs du compagnonnage. Plus de comijats ; maintenant les routes sont sûres, partout des amis et plus d'ennemis. «

dès 1830, va se poursuivre et s'acrt'lércr pendant les dernières années du règne de Louis-Pliilippe.

Tout d'abord, la foi en Tinstitution, la croyance en ses légendes, en ses enseignements s'éteignent peu à peu. Le héros du roman de George Sand, Pierre Huguenin, traduit bien ces idées nouvelles lorsqu'il dit à son ami Amaury : « Je ne voudrais pas refroidir ton enthousiasme, ni ébranler en toi cette foi vive au Devoir qui est le mobile et le ressort de la vi(! du compagnon. Pourtant, il faut que je t'avoue à quel point cette foi s'est évanouie en moi... A mesure que je m'éclaire sur la véritable histoire des peuples, la fable du Temple de Salomon me semble un mystère puéril, une allégorie grossière. Le sentiment d'une destinée commune se révèle à moi et ce barbare usage de créer des castes entre nous me semble de phis en plus funeste. »

Non seulement l'esprit de corps s'alTaiblit, mais les divisions s'accentuent. En 1842 les aspirants menuisiers du Devoir de Marseille se refusent à payer un droit d'embauchage aux compagnons et demandent que leurs assemblées soient commandées par le premier aspirant seul. Sur le refus des compagnons, 1400 aspirants sur 1500 se révoltent et forment une société nouvelle, celle des Indépendants '. En 184o cette société se dissout. Quelques-uns de ses membres reviennent au Devoir de Maître Jacques qui leur accorde certaines concessions et notamment les exonère de toute redevance envers le rôleur désormais chargé de distribuer gratuitement aux aspirants les adresses des patrons, sans s'entremettre autrement pour la conclusion du contrat d'embauchage. D'autres, en plus grand nombre, adhèrent à l'Union.

Cette dernière société, qui ne nous intéresse pas directement — car elle a rompu avec le compagnonnage dont elle est issue — avait singulièrement grandi en quelques aimées. Hien que l'aulorisation admiiiistj'ative lui eût été

1. Voir Chovin, Le Conseiller (Ji/s compnipwx.i, p. 0,5 à 109, et la Notice historique ittir lu fonihi.liun de l'Union des liaruilleurs du Tour de Frnnce, p. 63.

refusée, elle avait fondé à Paris plusieurs bureaux : en 1843, ceux des menuisiers-ébénistes et des serruriers-mécaniciens; en 1844, ceux des Quatre Corpa (ferblantiers, chaudronniers, couteliers, fondeurs) et des tanneurs et corroyeurs; peu après on créait un nouveau bureau, celui des selliers-bourreliers, et on votait un nouveau règlement général en 2S2 articles qui conférait la direction de la société à un bureau central établi à Lyon; des bureaux généraux (Paris, Bordeaux, Marseille, Nantes, Lyon) servaient de lien entre le bureau central et les bureaux particuliers. Les cotisations étaient fixées à 1 franc par mois plus 75 centimes par trimestre pour les frais généraux. On décidait en outre d'organiser une caisse de retraites '.

L'histoire de la société l'Union et de ses démêlés avec le compagnonnage évoque naturelleuKMit le souvenir de l'homme qui fut le champion infatigable de la première et l'irréconciliable adversaire du second : Pierre Moreau, ouvrier serrurier, dont les polémiques avec Perdiguier sont demeurées célèbres. Perdiguier voulait réformer le compagnonnage, non le supprimer. Moreau, qui avait rompu avec les compagnons dès 18.37, jugeait l'institution du compagnonnage incompatible avec les idées et les conditions d'existence des travailleurs modernes. Dès la publication (lu Livre du Compagnoiinage, il adresse à l'auteur une lettre qui renferme des critiques fort vives ^. « Il est facile de voir dans votre livre que vous êtes gêné; vous ne pouviez dire tout d'un coup à ceux qui paient votre livre : Votre institution est mauvaise parce qu'elle détruit l'égalité prescrite par la nature, parce qu'elle est pleine d'abus, de mystère et d'orgueil. 11 faut la détruire do fond en comble.... En tenant un tel langage, on vous appellerait traître, renégat et transfuge; vous n'auriez plus de souscripteurs, mais seulement des ennemis. » Moreau s'en prend encore aux surnoms des compagnons, qu'il juge ridicules. Il reproche à Perdiguier d'avoir travesti la vie de Salomon

1. Pour plus de détails, voir la Notice historique déjà citée. ■2. Sur cette polémique, voir la S' édition du Livre du Cotnpcujnonnmje, t. II, p. 35 à 49.

en le représentant comme un modèle de sagesse et de vertu, malgré les vices et les crimes qui souillent sa mémoire. Il fait en ces termes sa profession de foi :

« Mon but n'est pas de critiquer l'Association, au contraire. Cest de réunir tous les hommes, tous les ouvriers principalement, dans un seul faisceau, dans une seide société, mais pour cela il faut détruire toutes les distinctions, les cannes et les couleurs.... Ne vous trouvez-vous pas ridicules, vous mêmes, quand vous êtes affublés et chamarrés de rubans avec des franges en or, avec ce bouquet monstre qui vous cache la poitrine. » En terminant il engage Perdiguier à continuer à écrire, mais non pour défendre le compagnonnage que rejette Topinion publique. « Exercez, lui dit-il, votre lyre et votre plume comme les Rouget de l'Isle, les Déranger, les Altaroche {sic), les Jean-Jacques Rousseau, les Louis Blanc, les Lamennais. Unissons nos faibles voix aux voix fortes de la démocratie;... formons une société universelle pour tous les corps, composée d'abord de tous les ouvriers mariés non établis, de tous les célibataires sédentaires, de tous les ouvriers honnêtes qui voudront se réunir à nous; que cette société ait pour base l'égalité et pour but le bonheur de tous par un mutuel secours, etc. »

La réponse de Perdiguier ne se fit pas attendre (13 mars 1840). Le ton en est très monté. « Il ne relèvera pas, dit-il, toutes les erreurs, les injustices, les jeux de mots et les inconvenances que renferme la lettre de Moreau. Il se borne à faire observer à son correspondant qu'il n'a tenu aucun compte des difficultés de tout genre qu'il eut à surmonter. Le compagnonnage est un malade; on n'a guère coutume d'entendre un médecin din; ouvertement à un patient : « Tous mes soins sont inutih's, il vous faut mourir! » Membre d'une association ouvrière, je prêche l'amour et le rapprochement de tous les hommes; si les idées de progrès et de charité que je répands peuvent germer en eux, s'ils se sentent un jour poussés les uns vers les autres et capables de se mêler, de se confondre, de ne plus former qu'une seule association, qu'ils le fassent... Mais, pour le moment, je n'ai pas cru devoir pousser plus

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avnnl,; je connais los hommes el je ne l)rus(juo pas leur suscejilibililé. »

Mais Moreau était un convainru et un persévérant. Loin d'al)andonner son idée, il résolut de la soumettre au public et fît paraître deux écrits successifs : en 1841, une brochui'c : Un mot sur le compagnonnage (Maillefer, libraire à Auxerre '), et en 1843, un livre : Delà Réforme des abus du compagnonnage et de l'amélioration du sort des travailleurs; (1 vol. in-16, Auxerre). Dans ce dernier ouvrage, qui, sans atteindre, comme celui de Perdiguier, à la grande popularité', obtint un certain succès auprès du pul)lic ouvrier, Moreau décrit, non sans verve, les principales scènes de la vie du compagnon ; il raille les bizarreries du rituel des réceptions (p. 17), les guilbrettes (p. 15); il retrace les querelles et les rixes dont il a été le témoin (p. 18, 22, 23). 11 passe impitoyablement en revue tous les abus, toutes les iniquités et les exactions du compagnonnage, étalant avec complaisance les vices de cette association, insistant sur les vues étroites, arriérées et anti-égalitaires qui l'animent. 11 dénonce la fierté et TindifTérence dont les compagnons font preuve envers les aspirants (p. 90); l'ostracisme dont les maréchaux et les tisserands sont victimes (p. 101). Les chansons de compagnons, elles-mêmes, ne trouvent pas grâce à ses yeux. « Toutes les sociétés, écrit-il, ont leurs chansons. C'est pour ainsi dire l'âme du compagnonnage, et c'est aussi une des principales causes de désunion (p. 81). »

Le compagnonnage, du moins, est-il réellement utile à l'ouvrier? Moreau reconnaît (p. 39) qu'autrefois il a rendu dos services à la classe laborieuse. » A cette époque (le temps des corporations), le compagnonnage était, pour l'ouvrier, d'une utilité incontestable. « Il devait le mettre à l'abri de bien des misères et le garantir un peu de l'injuste oppression des maîtres qui ne craignaient alors aucune concur-

1. Perdiguier exécuta assez prestement cet écrit. « M. Moreau, écrit-il, est toujours le même. Sa société est un modèle de perfection ; toutes les autres sont détestables; et, pour le prouver, il les peint de couleurs bien noires ».

LE COMPAGNONNAC.E.

rence, puisque leur uoinbre éUiil circonscrit dans (rrtroiles limites, comme l'exige l'intcrèt toujours égoïste de la corporation. Il était donc nécessaire pour les ouvriers d'avoir une espèce de corporation mystérieuse alin de contrebalancer celle des maîtres. Avec les prétendus secrets et les mystères, ils en imposaient à la foule; ils agissaient avec plus d'ensemble, ils avaient plus de l'acilité pour se prêter un mutuel appui et échapper aux iiivesligalions de la police. »

Mais, ajoule-t-il aussitôt (p. 43), « les circonstances ont bien changé depuis celte époque. La Révolution a proclamé l'égalité de tous les citoyens, et l'esprit moderne ne comprend plus ces castes et ces disliiictions qui ont pu, autrel'ois, avoir une une raismi délie. Cependant, les compagnons, habitués qu'ils étaient à vivre dans l'isolement, et étant, d'ailleurs, peu instruits, i)ersislèrent à conserver leurs rites et leurs coutumes. Jusiiuc-là, il n'y avait guère eu de divisions qu'entre les enfants de Maître Jacques et ceux de Saloraon. Aiissilùt que l'égalité fut proclamée, plusieurs corps d'état voulurent, par fanfaronnade, se parer des attributs du compagnonnage. Ainsi, les maréchaux, les cordonniers, h\s boulangers furent repoussés par les anciennes corpni'.ilinns, ce qui engendra des combats terribles ».

Le compagnonnage moderne est môme devenu, d'après Moreau, impuissant à défendre les intérêts des ouvriers '. « Les compagnons sont-ils les réguhiteurs du travail, ili' l'industrie et du salaire? Quand un i)atron ne veut [kis embaucher d'ouvrieis, peuvent-ils l'y forcer? (Ju.ind il abuse et profite de la misère de l'ouvrier pour diminuer ou restreindre son salaire, peuvent-ils, b'galenicnt, le

1. Ici, le leproclie est mauircstcmcnt injuste. Sans iloutc, lo ooiuiia^^nonnage n'était pas (en 1813) aussi bien organisé au point do vue do la dél'cuso des intcrêis ouvriers que le sont actuellement les syndicats ouvriers, mais il n'en constituait pas moins une puissante association secrète avec laquelle les patrons étaient obligés de compter. Nous avons déjà cité et nous citerons encore bientôt de nombreux exemples do coalitions et do grèves dont les sociétés de compagnons ont été b-s instigatrices et qui ont eu pour but l'amélioration de conditions du travail.

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réprimer? Donuenl-ils de l'occupalioii aux ouvriers quand les maîtres n'ent ont pas? »

En terminant (p. IGO), Moreau, fidèle à ses idées, demande la fusion des Devoirs existants et de l'Union :

« Que les membres des sociétés de chaque profession, écrit-il, élisent, parmi eux, un nombre égal de représentants législateurs, qui se réuniront pour ne former des trois compagnonnages existants, le Devoir, l'Union, le Devoir de Liberté, qu'une seule et même société pour chaque profession. Ces sociétés ayant le môme but, seront alliées et unies entre elles par un comité central et par un bureau général dans chaque ville oh le nombre des sociétaires le rendra urgent. » Ce comité doit avoir la direction générale de l'Union, statuer sur toutes contestations, venir enaide aux villes en souffrance. Deux noviciatsétaient prévus : l'un, de deux mois, suivi d'une première réception ; l'autre, de six mois, précédant la réception délînitive.

Ce projet ne devait jamais se réaliser, non plus que ceux de Gosset, Père des forgerons, et de Flora Tristan, dont s'occupa un instant l'opinion '. Mais les écrits de

1. Dans son Projet de réyénération du compagnonnar/p, Gosset demandait la fusion de tous les Devoirs, une association générale de tous les corps du compagnonnage ; il proscrit les cannes, les topages, les conduites, mais, à l'inverse de Moroau, il ne répudie pas les vieilles traditions do l'association. Il convie à l'union les compagnons français régénérés sous l'invocation d'un Dieu tout-puissant, miséricordieux et clément; il les invite à perpétuer les sages maximes de Maître Jacques, du grand Salomon et du Père Soubise. Les membres de l'association seraient divisés en trois classes : novices, aspirants, compagnons. Le noviciat durerait trois mois, et avant d'être admis à co degré, une cotisation do 6 francs serait exigible. Un droit d'embauchage (de 30 c. à 75 c.) serait paj'é pjar les membres placés par la société que dirigerait un comité de cinq membres.

Quant au système de Flora Tristan, système exposé dans son livre : l'Union ouvrière, Paris, Prévôt, 1843 {Bibliothèque Nationale, R. 52,819), il est beaucoup plus ambitieux et ne tend à rien moins qu'à créer une association générale de tous les ouvriers de France, compagnons ou non. On demanderait à chaque artisan une cotisation annuelle de 2 francs, et, avec le produit de cet impôt, on bâtirait des palais de l'Union ouvrière qui rappellent de loin les Phalanstères. Les orphelins, les vieillards, généralement tous ceux auxquels l'assistance sociale peut être utile y seraient reçus. Le travail serait organisé en commun et surveillé par des comités do l'Union ouvrière nommés par les ouvriers ; un comité central dirigerait l'association et enverrait dans les diverses villes des délégués munis de ses instructions.

Moreau portèrent au compagnonnage, déjà ébranU' par les divisions que nous avons retracées, un nouveau coup et déterminèrent la défection de nombreux compagnons qui passèrent à rriiion. Dans toutes les villes, des ouvriers de toutes professions venaient se rallier sous Tétendard de l'Union ouvrière, chaque jour plus florissante, malgré toutes les difticullés que les sociétaires avaient à vaincre *. Une calamité nouvelle allait encore s'ajouter à toutes celles qui affligeaient le compagnonnage et menaçaient de détruire son homogénéité et sa force. Jusqu'alors, toute une fraction du compagnonnage, le Devoir de Liberté, était demeurée unie : les divisions et les schismes, qui avaient affaibli si gravement le Devoir de Maître Jacques, avaient été épai'gnés aux Enfants de Salomon. La concorde et la bonne entente, qui avaient toujours présidé aux rapports entre compagnons menuisiers du Devoir de i-iberté, allaient, à leur tour, être troublés. On se rappelle qu'en 1803, la hiérarchie traditionnelle de cette société avait été modifiée. Jusqu'à cette date, on ne comptait que trois degrés d'adhérents; les af/ilics (ou novices attendant d'être reçus), les compagnons recm^ et les compagnons finis. En 180:{, quelques compagnons maçons proposèrent de créer une dignité nouvelle, celle de compagnons inities, et malgré la lésistance d'un grand nombre de Gavots, il fut décidé que tous les membres de la société seraient réjiartis en quatre catégories : les affiliés et les compagnons du l''', du 2" et du 3*= ordre, degrés correspondant à ceux d'apprentis, compagnons, maîtres et rose-croix de la francmaçonnerie. « Ce fut à ce moment, écrit Perdiguier ^, que notre compagnonnage fut trompé et souffrit qu'on lui imposât, sous les noms d'initiés et de dignitaires, une insupportable autorité. » Les compagnons du S'^ ordre firent montie d'une incroyable arrogance et tentèrent de transformer le Devoir de Liberté en une société vassale de la maçonnerie. En 1842, les anciem de Lyon {initiés) s'arro-

1. Notice historique sw la fondation de la Société l'Union, p. 'A.

2. Histoire d'une scission dans te compaynonnage, Paris, 181C. \k U.

gèrent le droit de recevoir le remerciement des compagnons démissionnaires et de leur délivrer des certificats. Les jeM?ies [reçus et finis) s'insurgèrent contre cette prétention et, malgré les efforts de Perdiguier, une rupture s'en suivit '. Chez les tailleurs de pierre du Devoir de Liberté une scission analogue avait eu lieu dès 1839 entre les compagnons et les jeunes hommes-.

Si désunis qu'ils fussent, les compagnons n'en demeuraient pas moins très absolus et très intolérants. Malgré des efforts répétés, les boulangers ne parvinrent pas à se faire reconnaître. Il en fut de même pendant longtemps des cordonniers. En vain, ces derniers multi[diaient-ils leurs tentatives. En vain l'un d'eux, Rodez la Bonne Conduite, cxécuta-t-il en 1831 un chef-d'œuvre unique en son genre, une botte sans pareille, travail qui lui coûta la vue tant il se fatigua les yeux à faire des jointures et des piqûres merveilleuses. En vain, en 1833, on fonda quelque espoir sur la découverte de prétendus manuscrits hébraïques qui auraient prouvé, disait-on, l'ancienneté de ce Devoir^; ces efforts échouèrent devant la mauvaise volonté irréductible des autres compagnons.

Treize ans s'écoulèrent, pendant lesquels la situation se modifia profondément; le compagnonnage déclinait. « A Lyon, écrivait Guillaumou en 1840, le nombre de nos sociétaires a diminué de moitié depuis dix ans. Autrefois, Lyon foui^nissait au Tour de France dans ses réceptions annuelles soixante à quatre-vingt compagnons; tout au plus maintenant en avons-nous une vingtaine. Il est plus que probable que les autres corporations suivaient le même déclin. L'indifférence avait amené plus de tranquillité. Nos rixes étaient moins fréquentes [op. cit. p. 207). »

Ces circonstances encouragèrent les cordonniers à renouveler leurs efforts ; les tisseurs ferrandiniers, autres

1. Perdiguier, Histoire d'mic scission dans le coinpaijnonnnge, Paris, 1846, p. 111.

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