Mémoires d'un compagnon, t. I, p
de ces chansons de geste comme les compagnons se plaisaient autrefois à en composer, perpétue la mémoire de cet exploit.
Entre Mus çl Vergèze Nos honnêtes compagnons Ont fait battre en retraite Trois fois ces chiens capons....
Pas de charge en avant!
Repoussons ces brigands, Ces chiens de Dévorants Qui n'ont pas de bon sang.
De 1815 à 1848, on ne compte pas les rixes individuelles ou collectives motivées par des rivalités entre corps d'état. En 182lj, à Nantes, les Gavots se battent contre les forgerons du Devoir; un de ces derniers est tué. En 1827, à Blois, les charpentiers bons Drilles vont assiéger les Gavots chez leur Mère; deux charpentiers sont tués; un menuisier de Liberté reçoit plusieurs coups de couteau; il y a de nombreux blessés.
Sous Louis-Philippe la liste funèbre s'allonge démesurément. Nous ne citerons que quelques-uns de ces sanglants épisodes.
En 1834, à Toulon, un sociétaire (dissident) est tué. La même année, à Agen, sept charpentiers et un tanneur leur allié, sont tués au cours d'une échaufTourée par des boulangers qu'ils veulent empêcher de porter les insignes du compagnonnage '.
En décembre 1835, à Montpellier, rixe entre des Gavots et des compagnons menuisiers du Devoir; un aspirant menuisier est tué ^.
En février 1842, des rixes éclatent à Maisons entre des compagnons tailleurs de pierre de Maître Jacques et des Indépendants, les uns et les autres employés aux travaux du chemin de fer de Paris à Rouen. Les Indépendants, chassés par les compagnons, vont chercher du renfort à
1. MoiiEAU, /Ji: la liéforinc îles abus du cnmpnijnonnnije, j>. '22. '2. Ibhl., p.2r>.