RIVALITÉS ENTRE COMPAGNONS
Paris et retournent en force à Maisons. Un escadron de lanciers est requis pour les disperser *.
En novembre 1845, près de Marseille, des loups dressent une embuscade à des chiens (charpentiers de Soubise). Un chien nommé Joubert est entouré et frappé à mort bien qu'il demande grâce de la vie. Deux de ses meurtriers sont condamnés, le 14 mars 1846, par la Cour d'assises des Bouches-du-Rhône à vingt ans de travaux forcés avec exposition publique -.
Après la Révolution de 1848, les mœurs s'adoucissent et les conflits se font plus rares. On ne signale plus guère que quelques bagarres : une rixe survenue à la Bastide (Gironde), le 3 août 1851, entre compagnons du Devoir et sociétaires de l'Union ^. Ces derniers ayant provoqué leurs adveisaires en chantant ce refrain :
Dans un an, dans un an
Il n'y aura plus de Dévorants,
une mêlée générale s'ensuivit. Plusieurs personnes furent blessées; la gendarmerie dut intervenir et arrêta vingt des combattants qui furent condamnés à une peine légère. Citons encore, en août 1855, à Cognac, une rixe peu grave entre compagnons du Devoir soutenus par des charpentiers de Liberté. Depuis quarante ans, l'ordre n'a plus été troublé par les compagnons, bien que leurs divisions se soient perpétuées.
Concours. Tirages au sort de villes. Chefs-d'œuvre. — Une cause assez fréquente de conflits entre compagnons était la coexistence dans une même ville de deux sociétés appartenant à la même profession, mais à des corps d'états différents : charpentiers du Devoir de Liberté et charpentiers passants du Devoir (Enfants de Soubise) par exemple. Chaque société prétendait évincer l'autre et demeurer maîtresse sans rivale de la ville contestée. On
1. Gazette des Tribunaux, n»s des 23, îl février, 21 mars 1812.