‹ Le compere Leroux Xavier de MontepinChapitre 12 sur 18 · I.E COMI'ÈltE LEllOrX · texte numérisé non relu

I.E COMI'ÈltE LEllOrX

— Ton père était un vieux fou. lin homme sage ne doit se marier qu’une fois, comme on ne vient au monde et comme on ne meurt qu’une fois.

— Pourtant qu’à cela, j’ai celui d’être de voire avis. 'Une femme ça vous en fait tant avaler, qu’il faut avoir une toquade pour se mettre deux fois de suite pareille giberne derrière le dos. Je ne me marierai jamais qu’une fois.

— Il est bientôt temps que tu t’y prennes.

— Oh ! j’ai z’une particulière z’en vue. Ça se fera.

— Je voudrais que ce fût déjà fait pour Cécile.

— Ah ! c’est donc le conjungo de mam’selle Cécile qui vous turlupine comme ça la boussole, mon général?

— Précisément.

— Vous avez raison, mon général. Il faut qu’une fille se marie de bonne heure, et un garçon le plus tard possible. D’ailleurs, mam’selle Cécile n’est pas farte pour rester ici...

— C’est vrai. Ne voir que deux vieux soldais du matin à la nuit, ce n’est pas divertissant.

— J’ai z’eu l’occasion de remarquer, mon général, qu’elle pionçait (1) l’autre jour quand vous lisiez la mort du maréchal Lannes dans les Victoires et Conquêtes.

— Oui! c’est un petit oiseau enfermé dans une cage trop noire. Il lui faut un plus vaste théâtre. Il faut qu’elle voie le monde, qu’elle aille dans les belles sociétés; nous sommes trop vieux et trop bêtes, Houillard.

— Oh! mon général, c’est bon pour moi. Je n’ai point z’été z’éduqué convenablement; mais vons, c’est une autre histoire.

— Quoi qu’il en soit, elle finira toujours par se déplaire ici... •

— Je le crois, mon général.

— Aussi faut-il qu’elle se marie tout de suite. La tête des jeunes filles n’est pas très-solide, toujours quelque chose la trouble. La solitude elle-même tend à ne pas faire envisa-

(1) Dormait

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