CHAPITRE II
I^'Espagnol veat épouser dçnx femmes à la fois.*— Père Jean le dissuade de faire une^elle folie. — En conséqaeifce Diego fait une exhortation chrétienne et pathétique à ses deux prétendues , et les abandonne pour noq» suivre.
A notre arrivée an logis ^ nous tronvâmes père Jean qui dormait à côté d'un broc de yin y et Diego couché entre les deux donzelles que le Juif leur avait procurées! Aussitôt que rEspagnolnoul eut aperçus , il sauta tout nu en bas du lit, et dit , en se jetant an cou du . compère : Ah| mon cher màîlrc ! vous me trouvez occupé à faire un miracle.
Le vénérable père Jean que voilà qui dort , a retire autrefois le corps d'une religieuse des grififes de Satan qui la tourmentait ; et moi je vais retirer des pattes de Beelzebuth ces pauvres petites filles que voici cachées sous cette couverture. Au moment où vous êtes arrivé^/ je leur peignais le concubinage où elles sont plongées y comme un état dans lequel il était très difficile ^e faire son salut. Je leur proposais les exemples de la Madeleine et de sainte Marie-Egyptienne y qui, après avoir passe la fleur de leur jeunesse dans ce métier , Tabandonnèrefit enfin, et -passèrent le reste de leur vie dans la pénitence (i). Je leur disais. encore que si elles
(ij Mon camarade Diego ment ici comme no arracheur de denfs; la Madeleine n'a jamais fait la gourgandine : c'était une femme de bien et d'honneur, qui avait. sept diables djios le fiorps, que Jésus -Christ chassa; qui, en reconnaissance d'un s] grand bienfait^ suivit le sauveur jusqu'à sa mort ,• a^cc
a a LE coifriftE
ne se sentaient point appelées à une Tie si austère que celles que ces grandes saintes menèrent après leur con-
d'aatres femmet de Galilée : elle moanit à Ephëae. Ce ne fat me depuis le dixiëne siècle, que l'on a imaginé qu'elle était allée en Prorence ayec Marthe et Lazare , que l*on suppose fanssement être sa sosur et son frère ^ puisque l'Evangile dit : La Madeleine de Galilée et Marie-, soeur de Marthe de Béthanie. La pécheresse, avec laquelle on la confond, était une femme publique de Naïm , dont on ignore le nom , qui ne vit Jésus-Gbrls^ que la seule fois qu'elle lai oignit les pieds, et à laquelle il dit^ Allez en pais et ne pécli^z plus.
Quanta sikinte Marie<rSgyptienB9, IHégi» a raison ; elle fut une fameuse débauchée tt une grande pénitente. Ayant quitté ses parens à l'âge de douze ans, elle s'en futé Alexandrie t où elle se prostitua au premier v^nu pendant dix-sept ans. Elle alla ensaite , par curiosité , à Jérusalem , avee une troupe de ' pèlerins , pour assister à la (ête de l'Exaltation de la Sainte-
tacle, prit aussitôt la résolution de changer de vie et de faire
Îiéoitenoe ; puis elle entra dan» l'église aussi facilement que es autres, y adpra la Croix, et partit le mtoe four de Jéra« salem pour se retirer dans une vaste solitude qui était au-delà du Jourdain. Lorsqu'elle fut arrivée an bord de ce fleuve, elle ne se ^x»uva point d'argent pour se faire transporter de l'autre c6té;ie diable croyant que cet obstacle lui ferait rebrousser chemin, se réjouissait déjà; mais Marie, inébranlable dan» la sainte résolution qu'elle levait priae, pirate batelier de son ancienne monnaie et passa outre. Arrivée dans le désert, elle se mit à pleurer ses pécnés et à mener une vie si austète , que le seul récit en fait frémir ; elle passa ainsi quaraute-^ept ans sans voir personne. Au ()out de ce temps-là, un solitaire nommé Zozyme,Ja rencontra et lui doriba l'Eucharistie: un an après le saint homme retourna où elle était pour la C0D4bunier eneore ^ mais il trouva son corps étendu sur le sable avec une inscription tracée sur la terre, qui annonçait à. Zozyme que la sainte femme était morte l'année précédente, le même jour qu'elle avait reçu la communion. Il s'agit alors de donner la sépulture au ' corps de Marie ; mais Thomme de Dieu
version ^ elles pouvaient demeurer dans le inonde , se marier et vivre désormais d'une manière chaste et bon** néte ; j'ajoutais enfin que si elles craignaient que le scandale qu'elles avaient donne leur apportât quelque obstacle à trouver des maris y je les épouserais toutes les deux pour leur faire plaisir.
--* Mon cher Diego , dit le compère ^ sais-tu que la reUgion. défend la polygamie? — Mon doux maître , rependit Diego y j'ai toujours été très bon catholique y et j'espère que je le serai jusqu'à la consommation des siècles ; mais sur cet article-ci je suis plus hérétique que maître Jean |!]alvin; car s'il a été permis aji plus sage de touà les^ommes (i) d'avoir sept cents femmes et trois cents concubines ^ il doit bien être permis à celui qui en est presque le plus sot d'en avoir deux ; au- reste y ces pauvres petites mères ne sont ni Sjdonienses y ni Cananéennes , ni Ammonites^ ni Moabi» tes : elles ne me feront point sacrifier à Astarte, à Mo-
loch, à Tamosy et je — Tu raisonnes comme un
animal^ tel que tu es, interrompit le compère; ne saistu pas que si Dieu toléra autrefois la pluralité des fem^ mea (2) y c'était parce que les Juîfo vivaient dans un
n'avait point de pelle pour ftdrc une fosse. Un lion qui était là ans environs s'aperçut de l'embarras dn saint, et vint faire no trou av^ ses patçs ; Zosytne y mit le cadavre et partit. V. le Martyrologe Romain.
(i) Salûmon.
(2) Nons'ne devont point tieaver étrange qoe Dieu toléra la polygamie 9 qui a'était introdoite dès avant le 4^Iug6, parmi les Israélites « quoiqu'elle fût contraire à la première institution du mariage ; car quand il fut institué dans le paradis terrestre , il n'y avait point encore de concupiscence , et depuik que , psr la loi nouvelle , il a été élevé à la dignité de sacre* ment 9 il est accompagné de grâces très fortes, mais dans lintervalle , lorsque la grâce était beaucoup moindre et que le
ai ut coMPiftK
temps où la concupiscence était beaucoup plus forte qu'aujourd'hui y et la grâce beaucoup momare? — Il fallait donc ^ reprit Diego | que Saloroou fût en butte à de terribles tentations | et que la grâce fiât en lui. presque anéantie ^ car sept cents femmes et trois cents concubines!.... — Qu*est-ce que j'entends là ^ s'écria
λère Jean en se réveillant en sursaut. A cette Toix , 'Espagnol ressauta sur son lit , et se fourra entre tes deux prosélytes.
Alors père Jean nous ayant reconnus, dit : Ah! voici mes amis de retour : ça , mes entaiis, approchez; buvez un coup à ma santé, et contezrmoi un peu ce que vous 4ivez vu dans votre voyage. Le compère m'ayant fait signe de parler , je dis : Le révérend père Jean sawrsk qu'en partant d'Amsterdam nous fâmes à Maarsen et a Loenen , deux grands villages remplis de maisons de plaisance assez jolies, et de jardins. que mon compère et moi avons trouvés magnifiques , mais qui ne plurent point autant à M.Vitulos, parce qu'ayant été en Italie , il aura dit en lui-niiême : Ce n'est point ici il giardino del principe Bor^hese , ni il Belrespirodelsig. Panifili , ni la villa Ludovisi , posta sol monte Pincio.
De Loenen et de Maarsen nous allâmes à Utrecbt, où il n'y a rien à voir qu'une université; objet très peu intéressant pour des philosophes.
D'Utrecht nous fômes ta Rolterdem , ville très jolie et très bien située; mais la grande quantité d^homroes que nous y vîmes avec des plumes à leurs perruques , nous fit ju|j^r que nous n'y trouverions guère à nous amtlser.
péché régna , il était tlieiie de la bonté de 1)ieii d'user d'une pliis grande indulgence. Y. M. Fleury, Moeurs des Israélîtcf , chap. 169 p. 65.
KATHICIT. 25
Ëtant arrivés à La Haj<e , nous fûmes clieft un amateur de tableaux^ qui nîanqua de nous avaler, parce qtie Vitulos lui avatt dit que les peintres de son pays ne sont point les nieillëïirs peintres de l'univers.
- De elles ce brutal , nous fûmes cLez un amateur de dessins et d'estampes, qui battit Vitulos pour lui avoir .prouve qu'il n'était qu'un ignorant.
- De chez ce batteur de gens nous fumes chez un bibliophile quittait assez raisonnable ; aussi priai-jc Dieu de le conserver tel, car il court grand risque de se gâter avec les autres. . : , •
De la Haye nous partîmespour Leyde , où nous trouvâmes un savant qui avait des chambres pleines de terres , . de métaux , de minéraux , de fossiles , d'oiseaux , de poissons, d'insectes, de reptiles, d'instrumens et de machines. Ce savant appelait tout cela des tableaux et deslivr^^. Il se ventait de- voir des faits , dos rais^ons , des rapports , que personne n'avait jamais vus. Il disait qu il voyait partout Id main de TËterncl ; que l'univers était un théâtre, et ce qui l'environnait, un poëme. Lorsque le compère demanda à ce savant ce qu'il pensait delà religion, des lois, de l'intolérance et des préjugés, il répondit que Dieu avait gravé au fond de son cœùT: Tends sans cesse à la per/eaion, et ckeréke ion bonheur.
' Enfin diQ Leyde nous sommes revenus ici, ou nous avons trouvé votre révérence qui dormaiit, et Dié«o qui. faisait un miracle.
— Par ma foi , dit père Jean , pour faire une pareille tournée , ne rien voir d'extraordinaire, n'entendre que des impertinences, attraper des coups, et ne point trouver l'occasion de faire la moindre diss^tatioti philosophique sur la nature de l'ame, sur le bien et le mal moral , sûr Tîntolérancè et lés pf^iigés , ce n'était point la-peine d'aller si loin: pour le coup, je vois que les
T. II
que j
û6 LK COMBBAE
HoUudoU n'ont point respnt tonrnéa la philoMpliie; nous ferobs dono bien de parlir AenuMBi
Juê respectable père Jcen aiinit-41 la cbirole de partir sans son serviteur ? s'dcria Diego de son lit. -^b l
Ibi i'empécbe de partir avec nous? dit père Jean. — /amour, répondit Diego , ce donx tjfan desceèun, qui fit filer Hercule avec Cknpluik ^ qui mit Achille vm mGwt pour BriseïSy qui fit descendre Orph^ aux enfers pour Eurydice, ijm. enchaîna Marc^Antoine â Cleoj^âtre , qui ctend son empire jusque sur les Di'enx et qui fait brûler le pauvre Di^go pour cttsdeux petites poulettes qu'il tient ici entre aeà bras. -^ fin voici bien d'une autro , dit père Jean ; que yeux-»tn donc fiiire ^ ces deiix poulettes? — Les épouser toutes les deuir, mon révérend père. -^ Fi! n'es tu pas bonteux de vouloir épouser deux inÇsmes proftdtnées à tons les diables, qui te planteront ^antont de cornes sur la tête qu'il j. a de sapttis.dans tontes les forêts de la Livooie, qui te pilleroiit p oui te voleront ^ qui té battront, qui te mongeront, qui te reoondjkimiseront. -^ Le vénérable pèie Jean ne sait peut-être pas que je viens d'opérer leur isonversioni interrompit l'Espagnol ^ et qu'elles m'ont l>roniis de vivre avssi saintemeniavec moi que sainte Anne véout,avete sonmari Jnaekim. D'aill6urS| s'H n'y avait que ceux qui épousent des prostituéesqw fossentMjets aiuç înalbeurs dont vous roc mehaceft, k la bonne béurê; mais je vois tons les jours Les plus sbnples Af^ès, que l'on tire d'un couvent pour êlre mariées , devenir au bout d'un an ptires que ees pauvres petites malbeurenses-ci ne ûirent et ne seront de leur vie. »— Tu n'as peut-étrepas songé ai«x autres inconvéniens où un gnfaut homme s'âxpoae(i) lorsqu'ilse marie , tels que le
}) PliMie^rt grandt poïiopas^es (inf dstia^ i^ Utn 6^1 «n/S-
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soin du ménage $ le dégoât de sa fe^UDe^ rembarras dea enfans , la fkerte de la îibertë. -^ J'ai penaëà tout cela , répandit Diego. < — Tu n'as pas songe que si tu te ma-
riage une obligation injuste, par dore et trop rade captivité, d'«QtMii qoe par le mariage l'on s'attache et s'assnbjectst par trop aasoin et aai hiuDevri d'autruy* Qee s'il advieat d'avoir mal reiicontrét a'estre mescompté au choix et aa marché ^ et que l'on aye prinsjplas d'os que de chair, l'on demeure misérable toute sa vie. Quelle iniquité et infusiice pourrait estre plus grande, qne pour une heure de iol marché, pour one faatb uictetana matioe et par ntesf^pde^et bîeo aouvent pour obéir «t suivre l'avis d'autruy, l'on soit obligé à une peine perpétuelle t Il vaudroit mieux se mettre la corde au col, et se jeter en la mer la teste la première pour finir ses jours hientost , que ^estre toujours eo peines d'enfer, et souAir saf» -cesse à son coate la tesipeste d'one Jalonsîe, d'une malice » d'ooe rage et mame d'une bestiseopiniastre et d'autres misérables cnnditio as; dont l'un a diot , qne qui avoit inventé ce nœud et lien du mariage, avoit trouvé un bel et spécieux expédient pour se venger des hamains , une chaussetrape on un filet pour attraper les hesitts, et puk les faire langtsir à petit fen, l'autre a diot ifoe marier im sage avec nue folle, on au rebours, c'estoit attacher le vif avec le mortj qni estoit la plus cruelle mort inventée par les tyrans, pour faire languir et mourir le vif par la compagnie au mort Four la seconde accusation, ils disent que le mariage est uUe corruption et abastardisscment de bons et rares esprits, d'autant que les flatteries et mignardises de la partie que l'on aime, l'affection des en fans, le soin de la maison et lavancemejat de aa famille, relascbeut , deatrempeot et ramollissent la vigueur et la force du plus vif et généreux esprit ?ai puisse estre, tesmoin Samson, Salomon, Marc-Ântoine.^. lus, le mariage empesche de voyager parmy le monde et Its estraogera, soit pour apprendre à se faire sage, on pour enseigner lef autres à l'estreet publier ce que l'on sait; bref , le mariage non aeulcment apoltronnit ou aecrouçit les bons et graDd$ esprits, mais prive le public de plusieurs belles et gpandes choses^ qui ne peuvent s'exploiter, demeurant au sein et an giron d'une famme et autour aes petits enfans. Charron , db /a Sagesse , liv. i , cbap. ia.^
a 6 LE COM?ÈEE
ries^ nous partons sans toi et nous t'abandonnons ici comme un malheureux? Serait -il possible! s'écria Diego en sautant de son lit : non , je veux que la postérite apprenne qu'un Espagnol a sacrifie une fois en savîeVamour à Tamitié. Je vous suivrai partout, ô très bénin, très sage, très redoutable père Jean! et vous, mon doux maître ! le prototype de tous les philosophes de la terre , je ne vous abandonnerai jamais. Si quelque Hector vous insulte , je lui arrache la vie de ma propre main, et je traîne impitoyablement son cadavre d'un bout du monde à l'autre (i). Si je suis riche, et que je vous survive , j'ouvre Pline et Aulugelle , j'y prends le plan du tombeau qu'Artémise fit bâtir à Mausole, et je vous en fais faire un pareil; si je n'ai que cinquante pistoles , je fais frapper une médaille d'or, et je prie quelcpe académie de la proposer pour récompense au bel esprit qui fera le mieux votre éloge 5 si je n'ai que trente sous, je les porte au premier journaliste pour qu'il daigne faire mention de vous dans son journal^ si je n'ai que cinq sou», je les envoie à un gazetier (a)
(1) Il me parait que Diego fait ici allusioa à l'histoire d'Achille, qiii, après avoir tué Hector pour venger la mort de son ami ratrocle» traîna le caidavre ae ce Trojen aatpar des raurs de troye.
(a) Mon camarade Diego se trompe ; il en coûterait plus de cinq S0U9 pourfaireinsérer dans la Gazette une nouvel'e comme celle-là; car j'ai appris, il n'y a pas long-temps, que le docte Taylor, le célèbre Wincel, le famenx le Lièvre, le sage du Yioq, le savant Gottet, l'adroit Neilson (et jadis Tempoiaonneur AiUaud) , donnent cinq sous par ligne aux gazetîers,^ pour les avertissemeos dont ils étourdissent si souvent le public dans les gazettes. Quant aux journalistes, j'ignore ce qu'ils prennent pour dire la vérité ; tout ce que je sais, c'est que lorsque nous étions à Paris ^ il en coûta au compère , an vieuK coq » et quinze livres de lard , qu'il donna à un faiseur de feoillef poar
pour qu'il annonce votre mort dans sa gazette; sL je n'ai rien, mon cœur. sera votre tombeau ; mcsplaintes, mes regrets y feront votre ëloge, et mes larmes annonceront à Funivers entier que le reVërend père Jean de Domfront; et son neveu Mathieu le philosophe^ ne sont plus.
Et vous , ô poulettes admirables ! qui avez des yeux comme des jeux de pigeons y qui avez du poil comme des chèvres, des tëtons qui ressemblent à de petits chevrelots (1)1 le ventre uni comme de l'ivoire, des lèvres vermeilles qui distilent la mjrrhe : j'ai repose comme un sachet de fleurs odoriférantes entre vos mamelles ; mais je n'y reposerai plus, ma gloire m'appelle ailleurs, et je pars.
Sourenez-vous cependant que vous avez éié un pied hors de l'abîme dans lequel voas avez été plongées jusqu'à ce jour: de cet abîme effroyable où, . livrées en proie aux insatiables désirs d'un tas de libertins in£eimes, vous êtes obligées de vous prêter aux dégoûtantes caresses d'un ivrogne ou d'un goujat, vous soumettre aux caprices d'un brutal^ de supporter les mauvais traitemens d'un emporté, ou, pour prix de ces viles complaisances , de cette lâche squmission , de cette servitude odieuse, vous n'avez à attendre que des verrues , des fungus, des ficus, des thimus, des rhagades, une vieillesse pauvre et misérable, la mort enfin ^ et la damnation cteroelle qui s'ensuit.
Si le tableau que je viens de vous faire de cet abîme
faire décrier un bon ouvrage et l'honnête homme qui Tavait fait, parce qae ce bon ouvrage renfermait quelques petits traits contre le traité de cracologîe.
(1) Diego veut dire des chevreaux, car che vrelots n'est pas français, au moins ne l'ai-je point trouvé dans le dicUonoaire de Trévoux, qui est bien le meilleur dictionnaire des dictionnaires.
3o LE COMPBâE
epouTanlabie ne vous toacbe pas; û votre malheureux penckani ëtouiFe en vous tous motiCs de eramte et d'honnêteté; si les tentations du diable l'emportent sur tous mes ratsonnemensy retournez à votre ancien métier, abandonnez le corps à Satan , mais sauvez votre imie.
Cependant, comme k science d'abandonner son corps au diable en conservant Tante à Dieu demande qnelques leçons, quelque pratique, quelques expériences , avant qu'on la possède au point d'être utile et profitable, je vous conseille de vous adresser à quelque sage directeur de la compagnie de Jésus , lequel vous instruira dans cet art admirable, que je croirais une chimère, si l'éducation que j'ai reçue des jésuites de Sarragosse ne m'eât prouvé le contriûre.
Adieu , mes petites mères , adieu, mes petites fem« mes; levez-vous, babiUez-vous, parlez, et n^ouMiez jamais votre tendre ami, votre inconsolable «mi, Diégo- Arias-Femando de la Pkta , j Mendoça , 7 Rioles, j Bftjaloz , qui va prier saint Antoine de Padooe ^'1! veuille vous faire ressouvenir sans cesae des eonseik salutaires que vous venez de recevoir.
L^Espagool, ayant fini ce» mots , se jeta à deux genoux au milieu de la chambre et se mit à prier: les poulettes se levèrent, s'habillèrent et partirent.
MATHIEtJ. 3t