‹ Le Compère Mathieu, ou les Bigarrures de l'esprit humainChapitre 3 sur 28 · O LE COMPERE · texte numérisé non relu

O LE COMPERE

Sophie ! quand est-ce que ton flambeau éclairera les mortels ? quand vicndras-tu dissoudre les entraves où Tuflivers est plongé? — O mon père , mon cher père î in'écriai-je , vous êtes mort ! votre mort me prive de mon unique consolation, et me déshonore à jamais aux yeux de tout le monde! O lois! ô mœurs! ô raison! ô philosophie ! quand vous accordercz-vous ?

Lorsque nous fumes entrés dans la ville y nous troufvàmes que la justice s'était accommodée du peu debiea des défunts. Etant naturel , selon moi , que ces biens nous revinssent y je réclamai celui de mon père; mais le procureur du roi, auquel je m'adressai à cet effet, me dit pour toute réponse : IJamnatione hona publicantur, cum vîta adimitur. *— p^'entendant rien à ce latin là , je le rapportai au compère pour en avoir l'explicaliou: — Ce latin, me dit-il, signifie que quand^ Hercule vola les boeufs de Geryon , il ne fit cpi'user du droit que la .nature donne au plus fort sur le plus faible (i). Puis donc que nous n'avons plus rien ici, le plus court est que nous partions au plutôt pour chercher fortune ailleurs.

Page 1