DE LA DISTRIBUTION
Nous avons supposé une casse pleine ,k la disposition de notre apprenti ^ mais il est d'ordre naturel que Ton fasse sa casse avant de composer. Gela s'appelle distri" huer, ce que les personnes étrangères à la typographie nomment décomposer. On place dans une galée le paquet de distribution, et on le mouille légèrement avec une éponge pour faciliter la séparation des lettres. U est certains compositeurs qui préfèrent distribuer ;ec; ce mode offre ravantage de pouvoir composer avec facilité aussitôt la casse faite, la lettre humide opposant toujours un obstacle à son placement dans le composteur ^ Après avoir enlevé la ficelle, on saisit entre deux interlignes une poignée de six à dix lignes ; le pouce et le médius de la main gauche viennent se poser sur les deux extrémités, l'index en dessous en guise de soutien ; Tœil de la lettre est tourné du côté du compositeur. On enlève alors Tinterligne supérieure, et l'on saisit entre le pouce et Tindex de la main droite plusieurs lettres qu'on lit d'un coup d'œil rapide, puis on les replace, une à une, dans leurs cassetins respectif, en les y laissant retomber de la moindre hauteur possible. Le médius fkcilite la séparation des lettres par une légère pression sur le pied de la lettre, pendant que le pouce et l'index, se desserrant un peu à leur extrémité, la laissent échapper au moment voulu. Avec un peu d'attention et d'habitude, on acquiert vite une grande célérité dans cette opération.
1. Un compositeur qui préfère distribuer mouillé doit s*arnmger, autant que possible, pour faire sa casse le soir, afin que la lettre puisse sécher pendant la nuit.