X PRÉFACE
satisfaisants, q[ue Tapprenti, suffisamment préparé par une bonne instruction primaire*, ait devant lui les éléments nécessaires pour devenir, non seulement excellent compositeur, mais encore , le cas échéant , metteur en pages, correcteur, imprimeur, conducteur, prote où même chef de maison, suivant ses aptitudes personnelles ; il faut, par conséquent, que le patron réunisse dans sa main tous les fils de cette trame intellectuelle et sache s*en servir selon la nécessité et dans l'intérêt des uns et des autres.
Faire connaître à tous les membres d'une imprimerie les bonnes règles relatives à la composition et à la correction, ces deux branches d'opérations trop souvent divisées dans la pratique et dont l'union intime a toujours fait notre préoccupation , tel était d'abord notre seul objectif. Nous voulions rassembler
1. Nous ne voudrions pas avoir à insister sur la nécessité de remplir cette condition avant d'entrer dans Timprimerie. On sait malheureusement que rien n'est plus rare que de voir, en province, les patrons exiger les connaissances préparatoires. L'empressement des parents à placer leurs enfants avant d'avoir complété leur instruction primaire, dans l'espoir d'un gain plus rapide, n'est pas moins condamnable que celui d'un chef de maison cherchant par ce moyen à produire plus économiquement. Étrange et fatal raisonnement de part et d'autre I L'apprenti aura beau faire preuve d'une certaine habileté manuelle, il perdra bientôt par son ignorance le bénéfice de ses bonnes dispositions. Ce n'est qu'avec des sujets suffisamment préparés que nos leçons pourront obtenir le succès espéré.
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en un faisceau toutes ces règles consacrées par le bon goût et la raison, et les présenter sous une forme peu volumineuse. Mais, conmie leur ensemble constitue à lui seul la majeure partie de l'enseignement typographique , nous avons pensé qu'il valait mieux faire un pas de plus et donner parallèlement la partie didactique matérielle. De cette façon, nous formions un traité suffisamment complet*, aussi précis et succinct que possible, de toutes les opérations antérieures au tirage.
Si nous avons réussi dans notre entreprise, nous aurons produit un petit manuel formant en quelque sorte la première partie d'un code typographique dont le travail de M. Monet sur la conduite des machines sera la partie complémentaire*. Nous avons voulu,
1. « La chose nécessaire, a dit M. Littré, est non pas d'être complet, ce qui est impossible, mais de fournir un fonds solide de renseignements sûrs. »
2. C'est sur nos conseils , nous nous plaisons à le dire , que M. A.-L. Monet, alors prote des machines à l'imprimerie Claye, se décida, en 1872, à réunir et coordonner de nombreuses notes éparses, fruit d'une solide expérience, et les publia sous ce titre : le Conducteur de machines typographiques. Cet excellent traité est devenu le yade-mecum de l'imprimeur en général, de l'imprimeur de province en particulier, car c'est surtout en vue de ce dernier que l'auteur a travaillé. L'ouvrier, souvent peu expérimenté, de nos ateliers trouve chaque jour dans ce précieux manuel un aliment presque inépuisable à son désir de bien faire.
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en outre , rendre ce manuel accessible à tous en le laissant à un prix modique.
En résumé, nous avons cherché à travailler utilement : .
1® Pour l'apprenti, qui a tout à connaître ;
2® Pour l'ouvrier, déjà instruit, qui souvent a besoin de rafraîchir sa mémoire;
3» Pour le patron, qui, à cette époque d'abaissement manifeste du niveau intellectuel typographique , doit faire des efforts incessants pour se montrer à la hauteur de ses fonctions; pour le patron, qui, trop souvent élevé en dehors des ateliers ou n'ayant pas puisé à une bonne source les éléments de son art, en ignore les principes essentiels, dont la connaissance et l'observation scrupuleuse pourront seules le faire sortir de la sente vulgaire où végétera, sans éclat, celui qui n'aura eu pour point de départ que la licence de la loi nouvelle et pour soutien que les droits de la chose acquise.
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