DE L ERRATA
V errata est un bref exposé des fautes commises dans le texte d'un ouvrage, avec le redressement de ces fhutes, c'est-à-dire le rétablissement du texte tel qu'il aurait dû être imprimé. Errata, nom latin, signifiant faiites au pluriel, il est d'usage de dire erratum, au singulier, lorsqu'il ne s'agit que d'une seule faute à corriger. On dit aussi, avec la même acception, corrigendum ou corrigenda.
On peut employer, pour la composition d'un errata, la disposition par alignement ou simplement la forme en sommaire.
La première comporte quatre alignements : pour l'indication de la page, de la ligne, du texte à corriger, du texte corrigé. Pour peu que l'errata soit long, il faut le composer successivement sur quatre justifications, cor-
respondant aux quatre colonnes à établir, et que l'on réunit ensuite pour en former la justification totale. C'est ainsi, d'ailleurs, que Ton doit toujours opérer chaque fois qu'il s'agit d'alignements verticaux -, autrement, tout en cherchant à aller plus vite en composant à lignes pleines, on passerait beaucoup plus de temps et l'on n'obtiendrait infailliblement qu'un alignement défectueux.
Avec cette disposition, les motspag'es, lignes^ au lieu de^ lisez, en italique ou en petit caractère romain, se placent en tête des colonnes. On réduit autant que possible les deux premières colonnes au profit de celles du texte^ qui doivent généralement être égales. Si une ligne vient à doubler, on la renfonce d'un cadratin sous la première ligne de sa colonne :
Pages lignes au lieu de : lisez :
6 15 l'éditeur l'auteur
27 17 chef-lieu de canton chef-lieu d'arrondisse-
ment 132 9 la véritable pierre mil- la huitième pierre mil-
liaire liaire
158 24 il fit division il fit diversion
Souvent aussi on se borne à composer sur trois colonnes, en réunissant en une seule le texte à rectifier et le texte rectifié 5 alors les mots pfige, ligne, lisez, au lieu d'être en vedette, se mettent dans la ligne même, abrégés ou non, suivant la place dont on dispose. Remarquons qu'il vaut toujours mieux ne pas faire figurer de ponctuation à la suite des membres de phrase, à moins qu'elle n'existe réellement dans le texte ou qu'elle ne soit elle-même l'objet d'une rectification, ainsi que le cas se présente dans Pexemple suivant :
Page 1, ligne 3 : raTertissanent lisez Yi
— 7,-15 : par ordre de Le TeOier Usez par ordre dcr
Mazarin
— 88, •— 23 : respondit, lises respondlt :
— 142, •— 6 : la puissance d'élire leor maître lises la'pleine
puissance d'élire leur grand maître
La disposition de i'errata en sommaire offre, sur celle qui précède, Tavantage de dispenser de tout alignement Elle est simple et claire à la fois, et convient surtout lorsque les passages de texte ont une certaine étendue ou sont Fobjet de rectiflcations de diverses natures. On évite, en outre, ces blancs disgracieux qui se produisent dans les colonnes, par suite d'un trop grand développement de texte sur Tune d'elles. Pour ces motifs, nous donnons Ja préférence à cette disposition pour Jes petits et moyens formats. Dans ce cas comme dans le précédent, il est avantageux de ne pas exprimer la locution au lieu de, qui n'ajoute point à la clarté et prend dans la ligne une place plus utilement consacrée au texte :
Page 15, ligne 34 : 1135 lises 1185.
Page 59, ligne 8 : La Haute-Marche comprenait le département
actuel de la Creuse ajoutez moins la Combraille et le Franc-
AUeu et les nombreuses enclaves du Berry, du Bourbonnais, de
l'AuTergne, du Limousin et du Poitou.
Page 176, ligne 12 : Deorum quorundam supprimes quorundam. Page 193 : les quatre premières lettres publiées dans le dernier
numéro deyraient être marquées comme ayant déjà paru dans la
Correspondance inédite de Napoléon /*'.