DE LA COUVERTURE
Le grand titre se reproduit d'ordinaire textuellement sur la première page de la couverture ; on Tencadre quelquefois de filets avec ou sans coins ornés, A cet égard, la simplicité est du meilleur goût; il faut toujours en outre approprier les encadrements au genre léger ou grave des ouvrages, se souvenant que les travaux sérieux se passent même avec avantage de tout encadrement.
La quatrième page peut rester blanche; mais si, tomme cela se fiilt souvent, on y ftiit figurer la marque et le nom de Fimprimeur, il est préférable de Tentourer d^un encadrement analogue à celui de la première page, lorsque celle-ci en comporte un. Mais on s'abstient généralement de &!re un encadrement à la dernière page lorsqu'elle est occupée par des annonces de librairie ou par des renseignements relatifs à la publication ^ comme ceJa se fait parfois aussi sur les deux pages intérieures. Dans ce cas, on doit donner à la composition de ces trois pages mêmes longueur et justification.
Les filets latéraux de Tencadrement de la première page ne doivent pas être collés aux lettres extrêmes des lignes pleines ; on les en sépare par un blanc d'au moins six points ; on ménage aussi, entre les filets de tête et de pied et la première et la dernière ligne, des blancs proportionnés à ceux de Fintérieur du titre ; à cette fin, on donne souvent aux pages de couverture un peu plus de longueur qu'aux pages de texte.
Les ouvrages d'une certaine étendue comportent uii dos dont la largeur s'évalue sur l'épaisseur de la totalité des feuilles du volume. Il est essentiel de se rendre bien compte exactement de cette justification en la prenant sur un effectif réel de feuilles pliées et pressées comme elles devront l'être après brochage, afin que l'impression des lignes et des filets du dos ne déborde pas sur les deux pages voisines, tout en occupant cette largeur aussi complètement que possible. On fait figurer ordinairement sur toute la longueur du dos, en commençant par le haut, successivement le nom de l'auteur, le titre général, la tomaison, le prix de l'ouvrage, le nom de l'éditeur et le millésime. Ces diverses indications se séparent les unes des autres par des filets maigres, et Ton met en tête et en pied des filets de cadre qui doivent s'aligner avec ceux de l'encadrement, ou, à défaut de ceux-ci, correspondre aux têtes et aux pieds des pages du texte.
Mais, si l'ouvrage ne forme qu'un nombre restreint de feuilles ne permettant pas d'imprimer un dos horizontalement, on se borne à indiquer, sur une ligne verticale allant de bas en haut, le nom d'auteur et le titre abrégé, ou simplement oe dernier. Quelquefois aussi, si la justification le permet, les différentes mentions accessoires s'impriment horizontalement en tête et en pied, et le titre général verticalement au milieu.
Les mêmes principes qui règlent la proportion relative des marges du texte sont applicables à celles de la 'couverture, c'est-à-dire que les blancs dé fond et de tête devront être à ceux des marges extérieure et de pied dans le rapport de 2 à 3 ; or, il ne faut pas oublier que la couverture doit toujours recouvrir, sans le dépasser, l'excédent des fausses marges ordinaires.
186 PREMIÉRB PARTIE : COMPOSITION.
DBS FILETS ET DBS TABLBAUX.
Les tableaux sont créés pour simplifier les explications et apporter la clarté par le classement en quelque sorte méthodique et hiérarchique des parties d'un même tout.
La composition des tableaux ^ est soumise à des règles générales qu'il importe de bien connaître, parce qu'elles sont apidicables aux variétés infinies qu^est susceptible de présenter ce genre de travail ; c'est à ces règles que nous devons nous borner, notre cadre se refusant à la descriplion de cas particuliers dont le nombre illimité ne permettrait jamais d'être complet. Les notions élémentaires qui vont suivre sufBront d'ailleurs, nous Pespérons, à un praticien intelligent pour résoudre les difficultés imprévues qu'il pourrait rencontrer, à la condition toutefois qu'il ait à sa disposition l'élément indispensable, c'est-à-dire un bon fonds de connaissances typographiques.
Donnons d^abord un aperçu des divers genres de filets usités dans l'imprimerie. Ils sont de dix espèces :
4** Le filet maigre :
2** Le filet double-maigre :
3° Le filet demi-gras :
4° Le filet gras :
1. On donne souvent aux tableaux le nom d'opéreUioru lorsqu'ils comportent surtout des chiffres et^n'ont qu*une étendue restreinte. On se dispense souvent alors de les encadrer, et les filets se remplacent par des blancs.
50 Le filet de cadre :
6* Le filet pointillé :
70 Le filet tremblé :
%^ Le fiiet anglais :
90 Le filet orné :
\0^ Le filet ombré ou azuré :
Les cinq premiers servent particulièrement dans les tableaux. Le filet double-maigre et le filet de cadre s'emploient aussi dans les encadrements de couvertures. Le filet azuré est destiné à recevoir renoncé d'une somme en toutes lettres dans les effets de commerce ou Texpressiond'un nombre en chiffres ou d^un numéro d'ordre. Tous ces genres de filets s'emploient d'ailleurs, à différents titres, dans toutes espèces de travaux de fantaisie. Les filets anglais et ornés sont susceptibles de varias infinies.
A l'égard des tableaux, dont nous allons expliquer le mode de confection, voici les emplois particuliers qu'y prennent les cinq premières espèces de filets :
Le filet maigre sépare verticalement les colonnes entre elles.
Le filet double-maigre établit verticalement une division plus tranchée entre deux colonnes ou une série de
plusieurs colonnes. II en est de même du filet gras. Mais, s'il y a lieu de les employer tous les deux pour indiquer des divisions et subdivisions, le filet doublemaigre s'emploie pour la séparation la plus grande et la plus marquée.
Le filet demi-gras peut aussi s'employer à la place du filet gras pour les divisions verticales, surtout dans les tableaux de petite dimension ^ de même, il remplacera avantageusement, dans les grands tableaux, le filet maigre usité, dans les moyens et les petits, pour établir la séparation horizontale entre les têtes et les colonnes.
Le filet de cadre sert, comme ^on nom l'indique, pour encadrer l'ensemble du tableau.
Mentionnons enfin Vaccolade, d'un si fréquent et si utile emploi dans les tableaux :
Elle se place, suivant le besoin, horizontalement ou verticalement, pour réunir sous un même titre une série d'objets, que ses branches doivent naturellement embrasser. On ne fait plus usage aujourd'hui d'accolades brisées, c'est-à-dire à branches inégales, pour enserrer deux colonnes de différentes largeurs.
Quelquemultipleque puisse être la nature des tableaux, ils se réduisent à deux éléments essentiels : les têtes et les colonnes. Les têtes comprennent les titres généraux et quelquefois aussi des subdivisions de ces titres dont la dépendance sMndique à l'aide d'accolades. Les colonnes renferment les énumérations diverses afférentes à ces lêtes. Or, il faut, dès le début, déterminer la largeur des colonnes et la hauteur des têtes.
La largeur totale du tableau se règle sur le format et
sur les justifications partielles. Celles-ci dépendent surtout de rétendue du texte. Voici comment on les obtient. On compose, sur la justification totale déterminée, déduction faite de Tépaîsseur des filets, une ligne de cadratins du caractère destiné au tableau et qui doit être toujours de plusieurs points inférieur à celui du texte ; rétablissement de cette longueur sur un nombre exact de cadratins facilitera le travail, particulièrement pour le placement des chifi^es dans les colonnes. On met aux deux extrémités l'épaisseur des filets de cadre, et, dans Tintérieur, à des distances respectivement proportionnées à rétendue du texte des colonnes, autant de filets maigres ou autres nécessités par chacune d'elles. Ces filets provisoires seront remplacés ensuite par des filets coupés sur des longueurs voulues.
Il est naturellement très rare d'arriver du premier coup à une division irréprochable ; le résultat définitif ne pourra souvent être obtenu qu'après un certain tâtonnement ayant pour objet d'assurer aux colonnes une largeur proportionnelle à l'importance de leur contenu. Les plus longues lignes doivent guider surtout dans cette recherche ^ mais il est bon de remarquer que Tabréviation d'un ou de plusieurs mots peut permettre de diminuer ime colonne à l'avantage d'une autre, afin d'obtenir une proportion plus convenable dans leur ensemble.
On arrêtera ensuite la hauteur des têtesy en composant celle qui comprend le plus grand nombre de lignes *, on la blanchit raisonnablement et l'on place dessous le filet qui doit la séparer des colonnes *, la hauteur ainsi obtenue sera celle des autres têtes. L'accolade peut être ici d'un grand secours pour éviter des répétitions de mots ; par exemple, si plusieurs colonnes se trouvent réunies
SOUS un même titre, mais à différents degrés, Fexpression générale figurera une seule fois en tête d'une accolade qui embrassera les titres particuliers des colonnes.
On procède alors à la composition de toutes les têtes successivement, en commençant par la dernière, et on les place ainsi dans une galée spéciale, où on va les reprendre une à une dans Tordre voulu pour le montage du tableau. Après donc avoir replacé la première tête dans la galée de mise en page, on compose immédiatement la première colonne qui lui fait suite, et Ton substitue au filet provisoire le filet définitif que Ton coupe exactement de longueur, en détruisant par la pression rélasticité naturelle des lignes. On passe ensuite à la seconde tête et à la seconde colonne, puis aux autres successivement jusqu'à Fachèvement du tableau.
On termine par Tencadrement. Les filets de cadre sont coupés soigneusement sur une longueur qui doit dépasser à chaque extrémité le tableau de répaisseur au moins de ce même filet, afin de ménager la place des deux anglets, ou biseaux à 45 degrés, destinés à établir la jonction des angles de façon à ne laisser voir, autant que possible, à Fimpression aucune solution de continuité. C'est la dernière condition essentielle d'un tableau bien exécuté; mais, pour Fobtenir, il fkut réduire à néant Félasticité des lignes, et déterminer avec précision la longueur du filet \ trop court, il aurait le défaut de ne pas joindre ; trop long, il forcerait sur les filets adjacents. Que Fon se serve, à cet effet, d'un coupoir biseautier, d'un coupoir simple ou même d'un couteau et d'un marteau, il est presque toujours nécessaire de parfaire avec la lime le travail plus ou moins approximatif de ces divers agents, car il est essentiel que Fœil des
bouts extrêmes du filet conserve ses arêtes intactes, c'est-à-dîre vives et droites.
Quelques observations particulières compléteront ce que nous avions à dire sur la confection des tableaux.
Les titres des têtes de colonnes se composent en sommaire coupé. On forme une ligne en grandes capitales du ou des mots principaux ; on exprime en petites capitales les lignes secondaires, et, s*il y a lieu, on emploie le bas de casse pour celles du texte le moins important. Les mots et, de, du, sur, etc., dont on forme le plus souvent des lignes isolées, se mettent toujours en bas de casse.
Les blancs de tête et de pied et les blancs intermédiaires doivent être égaux dans les titres disposés en un même nombre de lignes similaires.
Si la justification des colonnes ne permet pas de placer certains titres horizontalement, on les place verticalement, mais toujours dans le sens typographique^ c'està-dire en allant de bas en haut, pour les mêmes motifs que nous avons donnés plus haut, page 474, au sujet des bois gravés. C'est aussi le sens que doivent avoir les tableaux que Ton est forcé de composer en travers sur la longueur de la page.
L'usage le plus général est de mettre les filets verticaux d'une seule pièce sur toute la hauteur du tableau et de couper les filets horizontaux pour former les intersections. Le mode inverse, qui consiste à faire régner les filets horizontaux d'un seul morceau sur la largeur du tableau et à couper les filets verticaux à la rencontre des premiers, offre l'inconvénient de rendre plus sensibles les moindres écarts d'alignement, si difficiles à éviter, dans la direction des filets coupés.
t9^ PREMIERE PARTIE : COMPOSITION.