‹ Le compositeur et le correcteur typographesChapitre 78 sur 88 · Tome V, p. 51, et tome VI, p · texte numérisé non relu

Tome V, p. 51, et tome VI, p

Sénèque, III, xxv, et Pline, II, xcv, 95.

Voy. Romania, VI, 121, et le Recueil d*anciens textes de P. Meyer.

Trois exemples similaires. Une virgule ayant et dans chacun, parce que cette conjonction ne peut réunir sans virgule que des membres de phrase de nature parfaitement identique, comme tome V et tome VI, Sénèque et Pline, Romania et le Recueil d'anciens textes. Tout ce qui les sépare est assimilable aux propositions accessoires. La même observation est applicable aux conjonctions ou, ni et autres expressions copulatives.

Ce fait, que nous ne possédons pas les Mémoires de M"** de Motteyille dans une forme tout à fait authentique nous autorise à croire qu'une interpolation s'est introduite dans le passage incriminé.

Pas de virgule après, authentique.

La commission instituée par la Société lombarde d'histoire pour juger le concours dont le sujet était une biographie de Francesco Sforza a donné son rapport, qui vient d'être publié.

Pas de virgule après Sforza.

On songerait particulièrement à appliquer les intérêts du capital qu'on espère réunir à récompenser des travaux éminents relatifs à ces études.

Pas de virgule après réunir.

C'est encore à des versions analogues à celles qui ont servi de modèle au mystère contenu dans le manuscrit français et à celles qui ont été l'origine des pageants qu'il faut reporter la structure du curieux drame comique.

Pas de virgule après ^a^ean^s; à moins d'en mettre une aussi après français, en considérant, ce qui est possible, comme accessoire le membre de phrase et à celles qui ont été l'origine des pageants.

La règle qui roulait qu'en cas de mariage entre personnes de rang inégal l'enfant suivit la pire condition s'appliquait au collibert aussi bien qu'à l'homme libre.

Pas de virgule après condition.

Les cinq exemples qui précèdent offrent un sujet logique assez étendu qu'il ne faut pas plus qu*un autre séparer de son verbe par une virgule. Nous savons qu'il existe parmi quelques correcteurs une théorie qui consiste à faire exception à la règle générale lorsque les sujets logiques sont un peu longs ou même lorsqu'ils comprennent un qui, un que ou un dont suivi -d'un verbe, lequel se trouve souvent accolé au verbe de la proposition principale. Cette opinion n'est point celle de la majorité et nous ne la partageons nullement. Nous nous bornons à rappeler, comme nous l'avons dit plus haut, que la ponctuation est faite pour s'adapter au sens , et non pour marquer uniquement les temps de la respiration. Il est donc inutile de créer ici une exception.

Tout élève qui, pendant deux années, aurait été noté pour n'ayoir pas exécuté avec exactitude les travaux à lui demandés sera remplacé.

Cette assertion disposerait le fecteur qui ne serait pas sur ses gardes à eiierclier dans Thistoire de l'Egypte ptolémaïque, et même de l'Egypte pharaonique, le premier type d'une institution dont les caractères administratifs ne nous sont connus que par le Code théodosien.

Ces deux phrases sont analogues aux cinq qui les précèdent. La seule différence est l'introduction entre deux virgules d'un membre de phrase ne faisant pas partie intégrante du sujet ou du régime logiques, et qu'il vaut toujours mieux isoler de la proposition principale, en raison de la longueur de cette dernière.

Le volume dont il est ici question (Paris, Hachette, 470 p.) traite l'époque des guerres hussites.

Cet exemple est un type abrégé de toutes les phrases où se trouve une parenthèse. Supprimons cette dernière, quelque longue qu'elle soit, il faut retrouver la proposition comme elle eût été sans parenthèse. Ici, une virgule avant traite serait une faute.

Historien, Michel Psellos sert de modèle et d'autorité à tous ceux de l'âge suivant ; philosophe , il est le précurseur de la renaissance platonicienne; homme d'Etat, il annonce le réveil de la nationalité hellénique ; professeur, il ressuscite un moment l'université de Constantinople.

Les mots historien^ philosophe, homme d'État, pro^ fesseur, mis en apposition devant le sujets ne sont autres que des propositions accessoires complètes, équivalant à si on le considère comme historien, si on le considère comme philosophe, etc. Ils ne sauraient être, en conséquence, accolés au sujet sans virgule. Remarquons de suite que les diverses propositions corrélatives des phrases construites sur ce type se séparent entre elles par un point-virgule.

Il nous reste à examiner quelques cas spéciaux qiù compléteront le cadre des modes sous lesquels se présente remploi non facultatif de la virgule :

\^ Les locutions conjonctives ou adverbiales et, mais, puis, car, aussi, enfin, puisque, etc., soit qu'elles commencent la phrase, soit qu'elles se présentent au milieu pour unir deux propositions identiques, doivent toujours, sauf une exception que nous allons signaler, être considérées comme faisant partie intégrante de la proposition principale qui les suit, et, par conséquent, être séparées

par la virgule de toute proposition accessoire qui viendrait immédiatement après. Exemples :

Mais, après avoir hiverné dans ces parages, ils s'empressèrent de mettre à la voile.

L'orateur s'Interrompit, et, comme il se sentait fatigué > il demanda à remettre au lendemain le développement de ses conclusions.

Aussi, pleins de zèle, parvinrent- ils en peu de jours à terminer cette immense besogne.

Nous croyons inutile de multiplier les exemples. Il sufiQt de comprendre que , dans ceux que nous venons de citer, on commettrait une faute en ne mettant pas de virgule après maiSy et, amsi. Des cas analogues à ceuxlà se présentent très fréquemment.

L'exception qui p'feut s'offrir est la conséquence naturelle de la règle, qu'elle ne fait que confirmer. Ainsi, dans cet exemple :

Ce général remporta la victoire, mais après avoir usé la majeure partie de son armée.

une virgule après mais serait vicieuse, parce que la proposition qui suit se rapporte directement à la proposition principale qui précède, et non, comme dans les exemples cités plus haut, à une proposition venant après. 2^ L'inversion, c'est-à-dire le placement des régimes indirects avant le verbe et le sujet, n'entraîne pas l'emploi de la virgule. Ainsi on écrit :

Au respect de l'amour a succédé l'audace.

Avec lui de la vie elle a fait le voyage.

Du joug de l'étranger tu délivres la France.

Aux sons harmonieux d'une harpe docile Chloris a marié sa voix pure et facile.

Mais, s'il s'agit d'une proposition accessoire, on la fait suivre de la virgule, bien qu'on ne l'eût pas employée si cette proposition avait suivi immédiatement la proposition principale :

A ses pleurs, les meurtriers s'arrêtent.

Où règne la paix, rhomme est heureux.

Quand je suis partie, on était entre la paix et la guerre.

Depuis yingt ans, je vis éloigné de mon fils.

On écrirait :

Les meurtriers s'arrêtent à ses pleurs.

L'homme est heureux où règne la paix.

On était entre la paix et la guerre quand je suis partie.

Je yis éloigné de mon fils depuis vingt ans.

3"^ Lorsque, par suite d'une élision, une proposition accessoire, qui devrait être isolée de la principale par deux virgules, se trouve soudée à celle-ci, la première virgule reste sous-entendue, et l'on se borne à mettre la seconde. Ainsi, cette phrase :

On sait que, avant de fuir avec Jason, Médée massacra son frère Absyrthe.

peut s'écrire ainsi :

On sait qu'avant de fuir avec Jason, Médée massacra son frère Absyrthe.

L'élision donne de la brièveté à la phrase, au détriment de la régularité de la ponctuation; mais cette forme est admise. Remarquons que, surtout si la proposition accessoire est courte, on peut supprimer la seconde virgule, si on fait l'élision, et écrire très correctement :

On sait qu'avant de fuir avec Jason Médée massacra son frère Absyrthe.

4** Le pronom démonstratif ce, employé pour résumer

le sujet exprimé sous forme dlnfinitif, doit toujours être précédé d'une virgule :

Régler sa dépense sur son reyenu, c'est agir en homme sage.

De même, un sujet ou un régime répété par pléonasme, soit sous la même forme, soit sous une forme différente, s'isole toujours de la proposition où il figure :

Moi, je voudrais qu'on pût procéder sans danger à un désarmement général.

Si jamais elle se présente, cette occasion, je la saisirai au plus vite.

A ce cas se rattachent les phrases analogues aux suivantes, dans lesquelles le régime, soit direct, soit indirect, est placé, par anacoluthe, eh tête de la proposition, et représenté dans celle-ci par un pronom' personnel :

Ces conditions dont le roi ne veut rien rabattre, les huguenots ne les accepteront certainement pas.

La théorie que vous venez d'exposer, c'est précisément celle que j'ai entendu émettre si souvent.

5° Lorsque les conjonctions et, ou, ni unissent deux noms, deux membres de phrase ou deux propositions de même nature et figurant au même titre , ils ne doivent point être précédés de la virgule :

Les vaisseaux de l'Espagne ne parvenaient à protéger d'une manière efficace ni le commerce ni la sécurité des personnes.

L'Église ne cessait de signaler le mal et essayait de l'atténuer avec le concours de la charité chrétienne.

Quand ces mêmes conjonctions sont répétées plus de deux fois, il faut les séparer par la virgule :

Cette personne se recommande et par sa probité et par ses aptitudes professionnelles.

n embrasse et la terre, et la mer, et le ciel, et la nature entière.

Si ces noms sont accouplés à dessein deux par deux, remploi de la virgule se conformera au sens :

Elle est et bonne et belle, et douce et vertueuse, et franche et spiritueUe.

6** Lorsqu'un membre de phrase, verbe, sujet ou régime, se décompose en deux parties distinctes, quoique de même nature, c'est-à-dire que la première se trouve restreinte, modifiée, amplifiée ou complétée par la seconde, il faut isoler de la proposition principale le premier de ces membres de phrase ; cette façon d'agir a sa raison d^ètre dans ce fait que Tattention se concentre sur le dernier membre de phrase, qui représente l'idée la plus dominante. Telles sont les phrases suivantes :

J'ai affirmé; non pas que tous étiez coupable du fait, mais que vous en aviez été l'instigateur.

Le copiste a dû avoir sous les yeux, sinon l'une de ces bibles, au moins un exemplaire analogue.

Cet exemplaire a porté dans la bibliothèque de Saint-Germain, d'abord le n* 9, puis le n"" 645.

Palacky a déjà remarqué que l'auèeur de la chronique rimée en allemand, non seulement se permet des modifications dans un sens favorable à ses compatriotes, mais que souvent aussi il dit le contraire de ce qu'il avait trouvé dans le texte original.

7<^ L'emploi de la virgule avant la conjonction mais a lieu dans tous les cas, sauf un seul : c'est lorsque mais sert de correctif entre deux noms de même nature non accompagnés d'un modificatif ou d'un complément, c'està-dire entre deux noms identiques simples. Ainsi on écrit sans virgule :

Le faible mais juste hommage.

Deux petits mais curieux objets.

et avec la virgule :

Les conclusions sévères, mais peu logiques, de l'orateur. Un serviteur déyoué, mais d'une trop grande timidité.

x)u encore :

C'est une tache qu'atténueront, mais que n'effaceront pas ses exploits.

Les expressions restrictives quoique et bien que sont soumises à la même règle.

8? Tout nom ou toute expression mise en apostrophe se place entre deux virgules :

Je prétends, monsieur, que tous êtes dans l'erreur. Mais, monsieur le comte, que prétendez-vous faire?

Le point d'exclamation dispense de la virgule :

Eh quoi I madame, se peut-il que la chose se soit ainsi passée?

9** On fait suivre sans virgule les différentes parties d'une même expression numérique, qu'on récrive en chiffres ou en toutes lettres :

Il est mort à l'âge de quarante, ans cinq mois six jours.

U est trois heures dix minutes.

Ce champ contient 2 hectares 25 ares 30 centiares.

Douze livres quatre sous huit deniers.

Le 11 pluviôse an IX.

Le 22 septembre 1842.

5 heures 12 minutes 40 secondes.

W L'abréviation etc., intercalée dans le corps d'une proposition à la suite d'une énumération , se place toujours entre deux virgules :

Le blé, le méteil, le seigle, l'avoine, l'orge, le sainfoin, la luzerne, le trèfle, etc., constituent, en général, l'assolement de nos terres.

La virgule qui figure dans les nombres pour séparer

256 SECONDE PARTIE : CORKECTION.

les mille, les millions et les milliards (2,368,493 hommes) n'a que la valeur d'un signe de convention et ne doit pas être confondue avec la virgule qui conserve , dans tous les cas qui nous occupent, son caractère originel de ponctuation.

DE l'emploi facultatif DE LA VIRGULE.

Au premier rang de la ponctuation facultative on doit placer un grand nombre de membres de phrase se rattachant soit aux sujets, soit aux verbes, soit aux régimes, dont ils ne font pas, partie inséparable, et qui, s'ils peuvent en être isolés parla virgule, peuvent aussi bien s'en passer, surtout s'ils ont peu d'étendue. Ces cas se rencontrent très fréquemment; nous en donnons pour types plusieurs exemples, auxquels il sera facile de rapporter tous les cas similaires :

M. le secrétaire communique plusieurs observations critiques touchant un couteau de fer à manche d'ivoire, ayant servi autrefois de symbole de tradition et aujourd'hui conservé à la Bibliothèque nationale.

Virgules facultatives avant touchant et ayant.

Près de Donauwœrth, dont la population se composait presque tout entière de partisans de la Réforme, se trouvait un courent de bénédictins.

Virgule facultative avant dont.

L'étranger, arrivant dans Metz, entendant parler partout le français, se croyait déjà en France.

Virgule facultative après étranger.

Sismondi annonça son départ prochain pour Paris où il allait surveiller l'impression de son nouveau travail.

Virgule facultative avant où.

Charles le' Chairre i^dnU une recommandation qui avait été omise.

Virgule facultative avant qui.

L'autel fut adossé à la grande porte latérale , que cachaient des tapisseries.

Virgule fecultative avant que.

Le Conseil consulté adopte sans modification le procès-verhal de la dernière séance.

Virgules facultatives avant et après consulté.

C'est ainsi que nous pourrons assurer au pays, qui les réclame, la liberté et la sincérité du scrutin.

Virgules facultatives, quoique préférables, avant qui et après réclame.

C'est lui qui, par des fouilles longuement méditées et conduites avec autant de résolution que d'intelligence, est parvenu à former cette riche collection de tombes et d'inscriptions funéraires.

Virgules facultatives, quoique préférables, après qui et intelligence.

Des amis, à Prague, à Zurich et à Florence, l'aidèrent de leurs recherches.

Virgules facultatives, quoique préférables, après amis et Florence,

Cléon n'eut pas besoin, pour séduire le peuple athénien, de le corrompre.

Virgules facultatives, quoique préférables, après besoin et athénien.

La France vient de perdre, en la personne de M. Thiers, l'un de ses plus grands patriotes.

Virgules facultatives après perdre et Thiers.

t58 SECONDE PARTIE: CORRECTION.

Observons que , dans ces derniers exemples où nous signalons deux virgules facultatives, elles sont solidaires : si on en supprime une, il faut supprimer l'autre.

Un grand nombre de locutions adverbiales, susceptibles de formes très variables, sont soumises à la ponctuation facultative. Exemples :

C'est lui, assurément, qui tous a conduit ici.

Cymodocée réclamait, en yain, la protection de son époux.

Tout à coup il apparut, contre son attente, dans la pénombre de la salle.

Dans ces phrases, assurément, en vain, contre son attente peuvent être ou non placés entre deux virgules. On pourrait aussi mettre une virgule après tout à coup.

Lorsqu'une locution de ce genre a une certaine étendue, mieux vaut toujours Tisoler, par la virgule, du corps de la phrase.

Il est également toujours préférable d'isoler les dates lorsqu'elles commencent la proposition :

Le 13 décembre 1553, Jeanne d'AIbret accoucha heureusement d'un fils.

Aujourd'hui 17 novembre 1664, M. Fouquet a été pour la seconde fois sur la sellette.

Il y a lieu, souvent, dans une proposition comportant plusieurs membres de phrase analogues , mais figurant à des titres un peu différents, de distinguer ceux qui, par leur nature, sont plus essentiels et représentent mieux la pensée dominante de l'auteur; les autres membres de phrase devront être considérés comme secondaires et, par suite, placés dans la proposition principale entre deux virgules-, car on ne saurait raisonnablement faire suivre un trop grand nombre de Jocu-

lions de ce genre sans en nuancer les degrés par la ponctuation. Ainsi cette phrase, que Ton pourrait à la rigueur écrire ainsi sans virgule :

Molière mourut à Paris le 17 février 1673 à l'âge de cinquanteun ans dans une maison de la rue Richelieu des suites d'une convulsion qu'il éprouva en prononçant le mot juro dans le Malade imaginaire.

sera beaucoup plus correctement écrite de la façon suivante, en considérant comme corps de la proposition principale les mots : Molière mourut à Paris des suites d'une convulsion,,. :

Molière mourutà Paris, le 17 février 1673, à l'âge de cinquanteun ans, dans une maison de la rue Richelieu, des suites d'une convulsion qu'il éprouva en prononçant le mot juro dans le Malade imaginaire.

On a vu qu'enxègle générale on ne met pas de virgule avant le verbe lorsqu'une proposition accessoire ne le sépare pas du sujet. Cependant, il est admis d'en mettre une lorsque le sujet se compose d'une suite de mots, substantifs ou ac^ectifs, séparés entre eux par des virgules :

Les vients, la neige, les frimas, font leurs délices.

Mais on ne mettra pas de virgule si les deux derniers mots sont réunis par l'une des conjonctions et, ou, ni :

Les vents, la neige et les frimas font leurs délices.

Cette exception en faveur du sujet ne s'étend pas aux régimes. Ainsi, dans l'exemple suivant, on commettrait une faute en mettant une virgule après fidélité :

Les circonstances donnaient à l'esprit, à l'intelligence, à la fidélité un trop grand prix pour que les nouveaux membres du Parlement ne fissent pas rapidement fortune.

Quelquefois on fait usage de la virgule pour remplacer un verbe sous-entendu, mais alors il faut que son emploi soit combiné avec celui du point-virgule, comme daps cet exemple :

Les maladies tuent le corps ; les passions, l'âme.

Si Ton n'emploie pas la virgule dans ce cas, le pointvirgule disparaît et fait place à la virgule :

Les maladies tuent le corps, les passions l'âme.

La virgule, s'emploie quelquefois à la place du pointvirgule pour séparer des phrases, généralement courtes, ayant une forme identique et des rapports très rapprochés :

Il pleuvait ayant-hier, il neigeait hier, il tonne aujourd'hui, peut-être il. grêlera demain.

Nous avons dit que les conjonctions et, ou, ni sont assimilables à l'égard de la virgule lorsqu'elles unissent deux membres de phrase ou deux propositions identiques. Mais, ce qui arrive assez souvent, quand il y a entre les deux propositions une dissimilitude bien marquée, ou même une nuance qu'il importe de faire sentir, il est préférable et souvent nécessaire de les isoler par la virgule. Il en est de même avec toutes les locutions copulatives, telles que comme, aimi que, de même que :

Les faits sur lesquels s'exerce ce travail de comparaison sont : la création, la chute, le premier fratricide, les généalogies, l'alliance des fils de Dieu avec les filles des hommes, et le déluge.

Si vous aimez la nature, et surtout si vous vous intéressez aux animaux, lisez Buffon.

Ses soupçons se portèrent sur lui, et elle se mit à sa poursuite.

Les habitants vivaient fortifiés dans leurs maisons, et avaient

organisé un système de signaux pour s'ayertir et se demander mutuellement secours en cas d'attaque.

Les esclaves qui servaient de pages chez le roi, ou ceux qui étaient occupés à sa cuisine, étaient le plus en état de procurer du soulagement à leurs frères.

Lorsque plusieurs membres de phrase interrogatifs se suivent, on se dispense le plus souvent d'employer après chacun d'eux le point interrogatif ; on le remplace par la virgule, et on n'exprime le point interrogatif qu'une seule fois, à la fin de la série. Ainsi, au lieu d'écrire :

Qu'est devenue la jactance des Perses ? où est l'orgueil des Mèdes? où sont les projets agressifs des Scythes? le sourcil arrogant des Turcs?

on écrira mieux :

Qu'est devenue la jactance des Perses, où est Torgueil des Mèdes, où sont les projets agressifs des Scythes, le sourcil arrogant des Turcs?

Nous bornons ici notre exposé des principes de ponctuation en ce qui concerne la virgule, espérant en avoir dit assez pour permettre aux débutants de se former une idée nette de son emploi. Convaincu qu'il existe à cet égard des théories trop absolues, mais aussi des théories trop lâches , nous voudrions que nos compositeurs et correcteurs d'imprimerie eussent toujoqfs présente à l'esprit cette vérité comme ligne de conduite : à savoir qu'il ne faut jamais rien exagérer dans l'application des règles de la ponctuation, et que la sobriété doit régner ici plus que partout ailleurs. D est des cas où l'absence de virgule constitue une faute : apprenons à la mettre dans ces cas; il en est d'autres où, quoique facultative, il est préférable de l'employer en consultant le sens général de la phrase-, d'autres enfin où mieux vaut s'en

dispenser pour motif de simplification ; sachons discerner ces circonstances diverses. Aussi, ne doit-on pas demander à un traité de ponctuation de ne rien omettre de tous les cas possibles , qui pourraient le disputer en nombre aux grains de sable de la mer; demandons-lui simplement de tracer succinctement les traits généraux de la loi ; demandons-lui de nous montrer le devoir là où il est, mais aussi de nous faire pressentir le droit, c'est-à-dire les franchises éventuelles que cette loi renferme dans son esprit.

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