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dont il était l'âme. Tout dégénérait en un pur formalisme, l'immense machine fonctionnait à vide, à peine soutenue par ceux qui en vivaient, sans appui dans la population rebutée par l'absolutisme et écrasée sous les charges que lui imposait le nouveau régime. La politique financière du système a été une des grandes causes de son impopularité, et aussi de son échec final. Il avait repris la monarchie dans une situation extrêmement précaire, grevée par le désordre de l’ancien régime et la convulsion de 1848 d’un très lourd passif. Restaurer l'équilibre budgétaire, rétablir la circulation monétaire normale, séparer le crédit de la banque d’émission de celui de l’État, pour les relever tous deux, c'étaient les problèmes financiers les plus pressants. La solution était difficile ; car l’arriéré était énorme, et en même temps les besoins de la réorganisation considérables. L'administration nouvelle était beaucoup plus régulière, mais aussi beaucoup plus coûteuse que l’ancienne ; la réforme de la justice, la tardive sollicitude de l'État pour l'instruction doublaient et triplaient le chiffre des dépenses dans le budget. La série des provisoires au début du régime, mauvaise pour l'esprit public, fut ruineuse aussi pour les finances, par le gaspillage qu’elle entraîna '. Après, les dépenses militaires devinrent le gouffre où se perdirent toutes les ressources de l'Autriche nouvelle : c’est à elles seules qu'est imputable le déficit total de la période de réaction *. Elles dépassaient régulièrement dans des proportions formidables les prévisions du ministre des finances. L'administration militaire se laissait limiter sur le papier, mais ne tenait jamais ses engagements, et invoquait pour se justifier la nécessité de maintenir à la monarchie son rang, sa force, son prestige. L'empereur, convaineu par son ministre des finances, et inquiet du déficit croissant, ordonnait en vain de modérer ces exigences ; elles en étaient seulement retardées pour un temps. Ainsi, faute de ressources, tous les projets de réforme des ministres, tout leur travail se trouvaient perdus. Les recettes n'augmentaient pas dans la même proportion que les dépenses. Elles profitaient, il est vrai, de ce que la matière imposable était mieux utilisée, et en particulier de ce que le système des impôts autrichiens avait été étendu à la Hongrie. Par contre, elles souffraient de la crise économique qu'avait ouverte la libération du sol. Les paysans affranchis, aussi bien que les seigneurs privés de la corvée, s'étaient trouvés sans préparation placés dans des condi-
À. Bcer, Finanzen, 288-9.