‹ Le compromis austro-hongrois de 1867: Étude sur le dualismeChapitre 166 sur 369 · Neun Briefe · texte numérisé non relu

Neun Briefe

conditions sociales nouvelles ; elle doit dériver des corporations autonomes, communes et cercles. Les assemblées de cercle nommeront un ou deux députés, suivant l'étendue du cercle, sa population, ou toutes «autres circonstances qui augmenteront son importance », et les conseils municipaux du cercle en éliront le même nombre; les villes importantes seront représentées directement ; les chambres de commerce, dans chaque province, ébiront un chiffre de députés proportionné au rapport de la population industrielle à la population totale. Ainsi « les intérêts généraux et et ceux des provinces, des corporations, etc., seraient pleinement sauvegardés ».

Le grand problème, en Autriche, c’est de concilier les droits et les intérêts de l’ensemble et ceux des parties. Perthaler le résout par cette formule : Qune formation unitaire ‘sur des bases fédéralistes ! », et voici ce qu'il entend par là. Les provinces auront des Diètes : mais ces Diètes se composerontde la réunion des membres du Reïichsrath pour la province ; ainsi il n'y aura ni jalousies, ni rivalités de compétence, ni intrusion de la politique dans les Diètes, qui ne doivent qu'administrer. Il considère cette disposition comme essentielle : comme l'union des provinces forme l’Empire, l'union de leurs représentants doit former le Parlement. Ainsi, ni le Parlement, divisé en deux Chambres, ni les Diètes ne seront des assemblées trop nombreuses. Les députés s’instruiront pratiquement dans les Diètes avant d'aborder au Parlement les affaires politiques. «Le Parlement serait ainsi une Diète réunie, les Diètes un Parlement divisé en ses parties géographico-politique. » Mais le Parlement siègera toujours avant les Diètes, pour assurer le triomphe des intérêts généraux sur les intérêts provinciaux, et pour empêcher les coalitions de provinces. L'Empire est supérieur aux provinces : c’est lui qui leur assigne leur compétence; et celle-ci doit se borner à l'autonomie administrative. «Aïnsi le droit de la variété et de la diversité trouve à s'exercer ; mais le principe d'unité doit dominer là représentation des corporations politiques *». Ce système, strictement centraliste, est pourtant sincèrement libéral. Perthaler ne veut pas d’oppression brutale. S'il veut faire une nation autrichienne, il ne veut pas lui imposer une langue. Au Parlement, l'usage d'aucune ne sera proscrit : chacun sera autorisé à parler dans celle qu'il voudra, mais aussi il n'y aura pas d'interprètes, et chacun aura à veiller lui-même à

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