Neun Briefe
être compris !. — Le centralisme, et parfois aussi les régimes qui l'ont remplacé, n'auraient rien perdu à adopter cet avis sage et juste.
Que son programme centraliste mène droit au conflit avec la Hongrie, Perthaler ne l’ignore pas, et il ne s’en effraie pas. Les amis, les futurs collaborateurs de Schmerling, discutent cette question des mois avant la Patente. Entre le système hongrois d'autonomie administrative et le système autrichien bureaucratique, ils ne voient pas de conciliation possible. Il faut au moins un fonctionnaire par dix à vingt milles carrés, c’est-à-dire dix fois plus qu'il n’y en a dans les comitats hongrois ; autrement on n’est plus un État monarchique. Contre la Hongrie séparatiste, il faut faire appel à l'Autriche, où on pourra toujours réunir des Chambres très conservatrices, et où l'attachement à la dynastie est assez grand pour qu'aucune entrave sérieuse ne gêne la volonté impériale.- Mais l’élément allemand, le seul auquel on puisse se fier, sera-t-il vainqueur en Autriche? Il finira toujours par l'être, & et d’ailleurs le gouvernement pourrait agir en faveur de ce principe par une répartition convenable des voix * ».
Voilà le dernier mot de la politique de Schmerling, le fond de la pensée du système. Le constitutionnalisme de Schmerling n’est point autre chose qu'un régime bureaucratique, entouré de paravents libéraux. La bureaucratie, allemande ou germanisée au service de l'Etat, se reconnaît incapable de gouverner désormais seule, sous la forme absolutiste ; pour garder l'essentiel du pouvoir, elle noue alliance avec la classe sociale vers laquelle la portent les plus grandes aflinités : la classe moyenne, industrielle, commercante ou adonnée aux professions libérales, qui est allemande en majorité ou germanisée par l'éducation et les études, avide d'unité par intérêt matériel, parce que la circulation des marchandises sous une seule administration, les procès sous l'empire d’une seule loi, sont plus favorables aux affaires, libérale au sens doctrinaire, aussi hostile à la démocratie qu'à l’absolutisme. Hein a été au Reichsrath renforcé le porte-parole de cette classe : au vote, sa voix s’est jointe à celle des hauts fonctionnaires centralistes. Le Diplôme les a tous déçus, mais la Patente va bientôt consacrer leur triomphe.
Des causes extérieures et financières le hâtent. À la fin de