Journal, 5 déc. 4860, Marczali, 4 legüj kor t
gralité. Même en supposant de tous les côtés le plus vif désir d'entente, il y a quatre questions presque insolubles : les finances, l'armée, les prétentions des nationalités non magyares, l'arrangement des affaires communes. Deäk sort de l’entrevue aussi ignorant qu'avant de ce qui va se produire, et affecté, déprimé, pessimiste. Les adversaires — c’estainsi qu’il faut les nommer — ne se sont pas rapprochés, si bonne impression qu'ils aient eu l'un de l’autre. L'empereur sait les choses, dit Deäk à Vay, il a de la tête, du cœur, de la conscience ; et l'empereur : Deäk est de la tête aux pieds un homme d'honneur ; quelle logique et quelle conviction ! Mais il tient pour possibles des choses dont l'exécution rencontrerait des diflicultés !. — Le tour que prenaient les événements en Hongrie n’était pas de nature à faire changer le souverain d'opinion sur ce point.
Vay, en octobre, avait été appelé au ministère sans autre instruction que de faire la paix avec la Hongrie. Comme l'empereur, il comprenait que la nation, dix ans opprimée, se laissât aller d’abord à quelques excès dans l'usage de sa liberté reconquise. Mais les ministres © allemands », hommes d'ordre, habitués à l’obéissance silencieuse des pays cisleithans, voyaient déjà ou feignaient de voir l’existence de la monarchie compromise par la licence qui se déchaînait en Hongrie. Szécsen, par tempérament, les soutenait. Les réprimandes de la lieutenance aux comitats restèrent sans effet. Vay se décida alors à frapper un grand coup. Le rescrit du 16 janvier rappela les comitats au respect non seulement des lois, mais des ordres du gouvernement pour la période de transition. L'empereur y déclarait ne plus pouvoir considérer avec la même indulgence que dans les premiers temps les excès des comitats, € Maintenant que les commissions de quelques comitats ont profité des élections pour faire entrer dans leurs rangs des individus qui sont les irréconciliables adversaires de notre empire et de notre souveraineté, qui s’allient à nos ennemis du dehors et, par des complots et de folles agitations, troublent la paix de nos États, maintenant que l’on exploite des divergences de vues sur le futur régime des impôts pour organiser le refus de paiement, qui tarit les ressources matérielles de l’État, confond les idées du peuple, et aboutit à un bouleversement de la vie publique que... le gouvernement ne peut pas tolérer, » alors que les plus nécessaires mesures de transition sont attaquées, au risque des plus grandes complications, que certains comitats cherchent à para-