‹ Le compromis austro-hongrois de 1867: Étude sur le dualismeChapitre 172 sur 369 · Lederer, Andrdssy · texte numérisé non relu

Lederer, Andrdssy

Rogge, IT, 400.

considérer comme un ennemi ‘, » L'empereur a encore confiance dans la chancellerie ; mais il est très irrité contre la lieutenance «€ qu'il a taxée, dans les termes les plus sévères, d'incapacité et de lâcheté. Il m'a fait remarquer combien il lui faut prendre sur lui pour tolérer sans rien dire les insanités et les insolences qui se débitent à Pest *., » Comment admettrait-il dans ces conditions l'idée qu’essaie de lui suggérer Szôgyény, « qu'il ne serait pas impossible d'accepter les lois de 1848, si on donnait des garanties sur la manière dont elles seraient appliquées. Mais l'empereur na pas confiance dans ces garanties, et ne veut plus même entendre parler de ces lois * ». Le 4 février, le ministère, qui, depuis la chute de Bach, n'avait guère eu qu’une organisation provisoire, avait été constitué définitivement. L'archiduc Rénier, cousin de l'empereur. qui avait dirigé les séances du Reïichsrath renforcé, était devenu président du conseil; Schmerling, ministre d'État, gardait la haute direction des affaires politiques ; Lasser, ministre de l'administration, le déchargeait de la besogne pratique de tous les jours. L'archiduc, Lasser, le nouveau ministre de la justice Pratobevera, ami personnel de Schmerling, renforçaient l'élément centraliste et l'influence du ministre d'État. La Patente, œuvre de Perthaler et de Schmerling, était assidûment discutée dans le conseil; les journaux oflicieux en faisaient connaître d'avance au public les traits essentiels. Dessewffy, l’éternelle Cassandre, écrivait à Vay, pour le supplier d'employer tous ses efforts à ce que le nouveau Reichsrath ne s’appliquât qu'à la Cisleithanie, à ce que, pour les affaires communes, on s’en tint aux idées du Diplôme : cent membres, moitié Cisleithans, moitié Hongrois, avec la faculté pour le Parlement hongrois de fixer lui-même le mode de nomination de ses délégués. L'empereur s’enthousiasmait pour les idées de Schmerling ; il voyait la situation extérieure dangereuse, incertaine, et d'autant plus grande la nécessité d'une rapide consolidation intérieure. « La pacification de la Hongrie se fera », disait Apponyi, & si on nous en laisse le temps », et, l'empereur interrompant : € Oui — si l'on savait que Louis-Napoléon nous en laisse le temps “. » Ge fut dans ces dispositions qu'il signa la Patente du 26 février. Il était impossible de tarder quelques jours de plus, car on serait retombé dans le mois de la Révolution, le mois de mars.

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