Oesl. uw. die Büurgsch
Issu d’un semblable système électoral, comment le Parlement autrichien serait-il une vraie force politique ? Où puiserait-il une véritable puissance? Il n’a pas été créé pour cela. Il ne représente pas le peuple ou les peuples autrichiens, la nation ou les nations autrichiennes : il représente l'Empire ; la loi le dit expressément, et ses paroles sont significatives. Elles font entendre, en effet, que le Reichsrath est moins appelé à exercer la part dé pouvoir qui, dans l’État, revient aux sujets, qu’à incorporer l'unité autrichienne, à démontrer qu'elle existe malgré le doute et la malveillance. Un Parlement populaire n'aurait pu avoir qu’un nom : Assemblée d'Empire, Diète d'Empire, Reichstag. Ç'avait été le nom du Parlement de 1848 : et c'est pour cela précisément que la cour, toujours nerveuse aux souvenirs de la Révolution, n’avait pas toléré qu’il fût repris. Le texte primitif de la Patente et de la loi organique parlait du Reichstag : durant l'impression, la faute fut remarquée, la correction aussitôt faite et le Parlement d'Empire redevint un Conseil de l'Empire, le Reichstag un Reiïchsrath ‘. Au lieu d’être placé sous le vocable de l’assemblée populaire de 1848, il se rattachait ainsi au Conseil d’État absolutiste de 1850 à 1859, à l'assemblée des notables de 1860, à la délégation d'Empire du Diplôme, et ce présage du nom n'était pas trompeur.
Sur deux points essentiels, le Reichsrath de février est aussi parcimonieusement doté que celui d'octobre : ce sont les affaires étrangères et les affaires militaires. Il n’est pas question, par un seul mot, d’une action du Parlement sur la politique extérieure, même bornée à la ratification des traités qui imposent à l'État des charges matérielles. Il n’est pas «uestion davantage du vote annuel du contingent : en matière militaire, la Patente reproduit simplement les dispositions vagues et générales du Diplôme. Il faut que la diplomatie et l’armée restent le domaine réservé, exclusif, de la dynastie et de la cour. Ces deux garanties cardinales des pouvoirs d'un Parlement — vote annuel du contingent, consentement annuel des impôts, — ces deux armes redoutables, que possédait l’ancienne Diète hongroise d'avant 1848, sont refusées au Parlement autrichien ; car la levée des impôts continue jusqu’à modification constitutionnelle des lois qui la régissent. Ce sont les deux traits les plus frappants qui attestent la faiblesse du Reichsrath, mais il yen a encore bien d’autres ; toutes les précautions sont prises pour empècher qu'il ne puisse s’'émanciper. Les ministres ont le droit d’être toujours entendus dans les discussions ; mais le droit