‹ Le compromis austro-hongrois de 1867: Étude sur le dualismeChapitre 180 sur 369 · Wiener Zeitung, 27 fév · texte numérisé non relu

Wiener Zeitung, 27 fév

combien il est loin du fier principe hongrois que la couronne et le Parlement, représentant de la nation, sont deux pouvoirs coordonnés, et combien, au contraire il se sent subordonné, non pas seulement à l'empereur, mais à la cour, aux ministres, même à de moindres fonctionnaires. Un témoin oculaire dépeint l'impression de gêne, de froid, presque de honte ressentie à la première séance. A voir la moitié des sièges vides — ni les pays hongrois ni la Vénétie n'étaient représentés —on gelait déjà. C'est le ministre d° État, Schmerling, qui invite le bureau nommé à prendre place. La Chambre n’a pas à manifester sa souveraineté par la vérification des pouvoirs, celle-ci a déjà été faite par les Diètes. « Ainsi la constitution de la Chambre s’est passée d’une manière aussi bureaucratique que s’il s'était agi d'introduire et d’assermenter le personnel de fonctionnaires d’un office central de nouvelle création. 11 manquait presque absolument à cet événement la dignité morale supérieure qui est l'expression naturelle d’une émotion intérieure solennelle, et le noble enthousiasme qui ne devrait pas être exclu d’une assemblée appelée à représenter dans un moment si important les intérêts et les droits des peuples de l’Autriche. » Pour achever le désenchantement, la première communication écrite du ministère à la Chambre est adressée « à la présidence impériale royale de la Chambre des Députés ». « Ces mots disent tout sur la situation que le ministère veut faire, à ses côtés, à ce Reichsrath '.» Au milieu des débats parlementaires, les procès-verbaux de la «représentation de l'Empire » notent dévotieusement les allées et venues des personnages de la cour dans leur loge, et de même les mouvements qui se produisent au banc des ministres *. Lorsque le bureau de la Chambre va, pour la première fois, se présenter à l’empereur, il doit attendre un certain temps dans la salle d'audience ; le président Hein demande à l’aide de camp de service la cause de ce retard, et celui-ci, après avoir pris les ordres, répond que le Parlement passera après les conseillers intimes. € C'était la stricte étiquette de cour, » dit Hasner, le premier vice-président, « et nous n'avions qu'à nous y plier ‘. »

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