‹ Le compromis austro-hongrois de 1867: Étude sur le dualismeChapitre 182 sur 369 · Hasner, Denkwürdigkeiten · texte numérisé non relu

Hasner, Denkwürdigkeiten

2. « Un jour que, dans une affaire spécialement hongroise, le baron Eôtvôs était venu voir Schmerling, celui-ci interpella le petit homme de haut en bas: «cher Eôtvôs ». Eôtvôs répliqua aussitôt «cher Schmerling, » et comme celui-ci, changeant de ton, dit alors « Votre Excellence », le Hongrois lui répondit : « Je ne suis pas plus Excellence que je ne suis votre cher Eütvès.» Rogge, Il, 94.

3. On avait édifié en hâte, pour la Chambre des Députés, une construction provisoire qui ne comprenait d’ailleurs qu’une salle des séances. C'est le théâtre Schmerling. Les commissions se réunissaient € parmi les armures et les trophées » à l'arsenal de la garde bourgooise. La Chambre des seigneurs recevait l’hospilalité des États de la Basse-Autriche, dont avait joui aussi le Reichsrath renforcé. Il en fut ainsi durant toute l’ère de Schmerling. Kolmer, Part. u. Verf., I, 60.

détail, jusque dans les chiffres, la coïncidence est frappante. «Absolutiste de nature », dit de Schmerling un écrivain qui est un adversaire, mais qui l’a bien jugé ‘, Qil est cependant profondément convaincu que l’absolutisme déclaré est devenu intenable et ne peut plus se passer des formes constitutionnelles. » C'est le secret de son système, et c’est pour cela que dans le nouveau régime persistent tant de traits de l’ancien.

Leur conception fondamentale de l'Autriche est la même. Pour tous les deux, l'unité de l’Empire est le fait primordial : les divers pays ne sont pas des composantes, mais des parties, des divisions de la monarchie; ils ne lui cèdent pas une part de leurs droits propres, ils reçoivent d’elle au contraire une part des siens. Comparez le Reichsrath du Diplôme et celui de la Patente. Le Reichsrath du Diplôme est un organe à fonctionnement rare, espacé : la plus grande partie des attributions législatives est exercée par les Diètes. La Patente, au contraire, fait du Reichsrath un organe permanent, sous ses formes alternantes de plénier et détroit. Le même corps incarne l’idée de l'unité autrichiennne, qu’elle s’étende à toute la monarchie ou que par moments elle rende à la Hongrie un peu d'autonomie ; et cet arrangement même d'un Reichsrath à coulisses atteste l'importance toute particulière donnée à cette unité. — La conception des rapports entre la Hongrie et l'Autriche est la même chez Bach et chez Schmerling. Que Bach, pour des raisons de commodité administrative, morcelle le territoire dela Hongrie, supprime ses divisions historiques, abolisse ses droits traditionnels, ou que Schmerling, pour achever son œuvre constitutionnelle, octroie à la Hongrie sa part de représentation dans le Parlement autrichien, sans tenir les promesses du Diplôme et négocier sur ce point avec la Diète, la traite ainsi ad normam aliarum provinciarum, sans égard à son passé et à ses lois les moins contestées, c’est, dans l’un et l’autre cas, la théorie de la forfaiture qui dicte leur conduite. — L’analogie va plus loin dans le détail. Entre les premiers statuts provinciaux élaborés par Bach en 1850 et les statuts de Schmerling, la ressemblance est étonnante. Bach a déjà eu l'idée des ceuries : il établit trois classes, plus hauts imposés, villes et campagnes. Schmerling a seulement perfectionné cette organisation, en doublant les villes des chambres de commerce, et surtout en substituant aux plus hauts imposés les grands propriétaires, plus malléables et plus sûrs. La Diète bohème de Bach aurait compris 220 membres ; celle

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