Wiener Zeitung, 27 fév
Pragmatique Sanction, la Patente semble dériver directement de la Constitution de 1849‘. Le Diplôme faisait du Reichsrath un comité, une conférence peu nombreuse, où des délégués du Parlement hongrois viendraient discuter et s'entendre avec ceux des autres États de la dynastie ? la Patente le transforme en un Parlement, formé de deux Chambres, porté par son nombre même aux empiètements, où les députés de la Hongrie ne constituent plus une Délégation qui représente le pays comme tel, mais sont, au fond,les mandataires des circonscriptions électorales. «Il n’y a donc plus une Hongrie, maisun peuple autrichien dans la circonscription électorale de Debreczen, comme il y en a un dans la circonscription électorale de Potzneusiedel *. » La Patente a transféré à ce Reichsrath nouveau une partie des attributions de la Diète hongroise, et il n’y a aucune garantie qu’elle ne lui en transfère pas encore d’autres *. Dans ce Reichsrath, la Hongrie — non seulement la Hongrie proprement dite, mais l’ensemble des pays hongrois — est en minorité certaine et permanente. La Patente lèse ainsi les intérêts de la Hongrie, et elle viole tous ses droits, toutes ses traditions. Le Diplôme impliquait la revision des lois hongroises en matière d’affaires communes ; mais elle devait être discutée et décidée par la Diète hongroise, d'accord avec le roi, dans la forme solennelle des lois: c'est la Diète qui devait être appelée à mettre en harmonie avec la nouvelle Constitution de l’Empire la Constitution de la Hongrie. La Patente opère elle-même cette revision, sans consulter oi législature hongroise ; toute l'intervention de la Diète se réduira à fixer un mode d'élection pour ses 85 députés *. En un mot, le Diplôme traitait encore la Hongrie en État, la Patente la dégrade au rang de province. Ni son intérêt ni sa dignité ne lui permettaient de se soumettre, d'accepter cette déchéance et d'y souscrire.
La nation fut unanime à le penser. La Patente balaya d’un coup les désirs d'entente qui subsistaient en Hongrie; elle tua la confiance publique, que le Diplôme avait un peu ranimée. Eütvôs. toujours impressionnable, accusait Vay de les avoir trompés, Deäk et lui, en les attirant chez l'empereur au sortir de l'audience ; il ne restait qu'à trouver une formule d'accord pour les finances et l’armée, et les lois de 1848 étaient rétablies : aujourd'hui il n’est