‹ Le compromis austro-hongrois de 1867: Étude sur le dualismeChapitre 189 sur 369 · Der wng. Reichstag, II, 258 (Maijlâth · texte numérisé non relu

Der wng. Reichstag, II, 258 (Maijlâth

plus question de rien, c’est la germanisation qui reparaît. Deäk, plus juste, n’était pas moins sombre : avant, tout pouvait s'arranger ; sur la Dette, sur l'armée, beaucoup de patriotes auraient consenti aux concessions nécessaires pour assurer au pays le repos, la liberté constitutionnelle, la prospérité matérielle, pour lui éviter les périls de la Révolution. Maintenant, il n’y a plus rien à attendre que d’une guerre où l'Autriche sera vaincue ‘, Le Naplé, son journal, se refusait à parler même de la politique intérieure: et la police, en désespoir de cause, après avoir tant suspendu les journaux qui parlaient trop, suspendait maintenant celui qui se taisait trop *. Les conservateurs avaient offert leur démission si la Patente impliquait que l’ère de négociations avec la Hongrie fût close. Par peur d'une crise, les ministres allemands avaient aflirmé qu'ils étaient toujours prêts à négocier. Mais leurs actes contredisaient leurs paroles. Pourquoi fixer un chiffre de députés hongrois au Reichsrath? demandait Szécsen. Que vous écriviez 85 ou 0, le résultat est le même, ils ne viendront pas. Mettez au moins les apparences de votre côté, dites que le chiffre sera fixé d'accord avec le Parlement hongrois. La majorité du conseil s’y refusait. De même, malgré Szécsen, elle inscrivait dans la loi le principe des élections directes ; on ne pouvait pas s’en passer en Cisleithanie, c'était une menace qui ferait réfléchir les opposants et, d'ailleurs, on n’était pas forcé de la mettre à exécution *. Les ministres hongrois étaient constamment mis en minorité par leurs collègues ; ïls ne se retiraient pas, cependant, par obéissance personnelle au roi, et dans l’espoir que le souverain, qui se déclarait toujours aussi attaché au principe de la transaction et de l'entente, finirait par en assurer le triomphe.

Une conférence politique hongroise fut chargée d’arrêter la ligne de conduite du gouvernement en face de la Diète. Ses membres, Vay, Szogyény, Apponyi, Majläth, Dessewffy, demandèrent à l’empereur d’aller aussi loin que possible dans la voie de la tolérance et de la modération, sans laisser pourtant franchir les limites imposées par l'intérêt de la monarchie et l'autorité de la couronne. La Diète serait invitée à nommer une commission qui s'entendrait avec une commission semblable du Reichsrath en vue de parer aux besoins financiers les plus pressants : cela revenait à dire que la Patente ne serait pas imposée violemment à la Hon-

Page 1