‹ Le compromis austro-hongrois de 1867: Étude sur le dualismeChapitre 193 sur 369 · Der ung. Reichstag · texte numérisé non relu

Der ung. Reichstag

2, Kemény, dans le Naplô du 27 avril 1861, explique ainsi l'attitude de Deäk, Beksics, Kemény Zs., 261-2.

3. « Nous ne pouvons participer à aucune représentation du peuple de la monarchie », dit le texte de l'adresse (Der ung. Reichstag, I, 122; K6nyi, Deük. IL, 25). Il ne me semble pas que cette expression exclue un Reichsrath composé comme celui du Diplôme, ou des corps analogues aux Délégations actuelles,

se retranche dans la thèse de l’union personnelle, parce qu'elle est pour la Hongrie la meilleure des positions défensives contre le centralisme menaçant ; mais il ne se ferme pas toute issue; par l'offre d'entente « d'occasion en occasion, » par la promesse que la Hongrie s'inspirerait non-seulement de ses obligations légales, mais de l'équité, il se maintient ouverte une porte de sortie. Peut-il d’ailleurs faire autrement ? Les lois de 1848 elles-mêmes démentent la thèse de l'union personnelle. La loi 1848: III $ 13 attribue au ministre a latere la représentation du pays « dans toutes les affaires qui l’intéressent en même temps que les États héréditaires », c’est-à-dire dans les affaires communes, dont l'existence est ainsi une fois de plus reconnue. Mais la Hongrie ne peut faire cette concession que contre une concession correspondante ; elle ne peut donner ces garanties à l'unité de la monarchie, que si elle en reçoit d’équivalentes pour sa propre indépendance. Elle les trouvait dans les lois de 1848 ; et ainsi, pour elle, la reconnaissance préalable de ces lois est le premier acte indispensable d'une entente. — Deäk, avec ses idées modernes, est toujours, par certains côtés, un homme de l’ancien régime, nourri de l'étude du droit hongrois, formé dansles Diètes d'avant 1848. Or les anciennes lois hongroises sont toutes le résultat de longues discussions, de longs marchandages entre la cour et la nation : aucune des deux ne dit du premier coup son dernier mot. Le discours et l'adresse ne disent sûrement pas le dernier mot de Deäk : il dépendait de la réponse de la cour d'ouvrir le éractatus diaetalis, la négociation traditionnelle, ou de rejeter par son intransigeance la nation dans une intransigeance égale.

Un mois entier, les débats de la Chambre roulèrentuniquement sur la question : adresse ou résolution. Quatre-vingt-cinq députés, près du tiers de l'assemblée, y prirent part. Tisza, le premier, opposa à l’idée d'une adresse celle d'une résolution. Son discours est caractéristique de la situation des deux partis. Pour le fond, il approuve entièrement le texte de Deäk; on ne pourrait dire mieux, seulement ajouter que l’existence d'une Hongrie indépendante suivant ses lois est dans l'intérêt des Etats héréditaires. de l'Allemagne, de l'Europe entière et de la civilisation. Mais. pour la forme, il s’écarte de Deäk; la Hongrie n'a personne à qui elle puisse, constitutionnellement, envoyer une adresse : il le démontre

toujours sous la condition d’une restauration préalable des lois de 1848. D’autres passages du discours et de l’adresse, sur lesquels je ne puis pas m’étendre ici, me semblent contenir de mème des avances à l'Autriche.

par des arguments souvent trop subtils. Avant de reconnaître comme légal le pouvoir de fait et de collaborer avec lui à la législation, il faut exiger qu'il s'incline lui-même devant les lois du pays. € Ne violerions-nous pas, en vérité, la Pragmatique Sanction si nous reconnaissions la validité de celle de ses parties qui nous oblige sans reconnaître la validité de celle qui nous protège ?» Ne pouvant pas envoyer d'adresse à un roi qui n'existe pas, ne voulant pas, comme le proposent quelques extrêmes, lancer un manifeste à la nation — car ce serait trop dangereux — que restet-il à la Diète qu'une résolution ? Je ne veux pas, dit Tisza, provoquer une rupture; mais, si elle a lieu, ce n’est pas parce que nous aurons choisi la forme de la résolution, c'est parce que nous aurons fermement maintenu nos droits légaux, € Nous ne pouvons pas », dit un autre résolutionnisie, « représentants de la Hongrie, nous adresser à l'empereur d'Autriche » ‘, et François-Joseph, puisqu'il n'est pas couronné, n'est pas autre chose. — Il y a douze ans, répondent les adressistes. que le roi légitime nous a abandonnés ; le délai légal du couronnement, qui est de six mois, est donc largement passé. « Il nous est impossible d'obtenir sans négociation, comme par un miracle, un roi couronné, et, d'après la logique de la légalité, un ministère formé par le roi non couronné est illégal, tout aussi bien qu'un Parlement convoqué et complèté par le roi non couronné ?. » Eôütvôs, avec sa largeur de vues et sa richesse d'idées coutumières, justifie par des considérations politiques sur la monarchie, Allemagne et l'Europe les idées de Deäk. Melchiér Lényay le seconde avec des arguments d’ordre économique, où il est maître : (On a sacrifié » (sous Bach) « deux milliards et demi pour quoi ? pour tenter de nouveau sans succès l'incorporation de la Hongrie à l'Autriche * » — clair avertissement à ceux qui seraient tentés de voir dans l'essai de Schmerling une garantie pour leurs intérêts matériels. Paul Somssich, conservateur rallié aux libéraux, insiste sur l'unanimité de tous les Hongrois lorsqu'il s'agit de défendre la Constitution et l'existence même du pays. et après avoir souligné qu'il est, de famille et personnellement, catholique et bon catholique, il déclare: «Le Concordat ne lie pas la Hongrie, il n’existe pas pour la Hongrie, car il n’a pas été conclu par un roi couronné de Hon-

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