‹ Le compromis austro-hongrois de 1867: Étude sur le dualismeChapitre 196 sur 369 · Publiée par Konyi, Budapesti Szemle, avril · texte numérisé non relu

Publiée par Konyi, Budapesti Szemle, avril

lequel le gouvernement avait montré durant six mois tant d’indulgence. Le grand argument de la note, le refrain qui y revient sans cesse, c'est la Révolution, le soulèvement, — la forfaituré. On sent les ministres allemands déjà sûrs de la victoire, tout infatués de leur nouvelle politique. Ils ne distinguent pas entre les déclamations bruyantes des résolutionnistes et les sages paroles des adressistes ; c'est après les discours de Deék et d’'Eôtvôs, si modérés, si politiques sous leur air d’inflexibilité juridique, que Schmerling déclare qu'aucune entente n’est possible. La situation extérieure favorise ses desseins. Cavour est mort au commencement de juin: l'Italie est désormais pour un temps moins dangereuse ; on peut pousser à bout la Hongrie sans risquer autant qu'elle trouve à Turin un appui pour une insurrection. En Prusse apparaissent les premiers symptômes du conflit entre la couronne et la majorité parlementaire : d’un coup, une Autriche libérale peut regagner en Allemagne le terrain perdu. — Qu'avaient à opposer à ces perspectives les hommes d’État hongrois ? Les lois de 1848, dont le nom seul exaspérait l'empereur. Aussi «leurs actions baissaient » ‘. Schmerling avait déjà partie gagnée.

Ils firent un dernier eflort pour remonter le courant. Qu’une avance de la couronne répondit à l'avance de Deäk, l’entente avait les plus grandes chances d'aboutir. La chancellerie hongroise prépara un projet de rescrit conciliant. Mais auparavant la dignité du souverain exigeait qu'il rejetât l'adresse qui, dans sa forme amendée par les résolutionnistes, paraissait révoquer en doute son droit héréditaire. Apponyi et Ghiczy ne furent pas admis en audience ; l'empereur, le 30 juin, les informa qu'il ne pouvait pas accepter l'adresse sous cette forme, mais que, désireux de pouvoir faire connaître son sentiment sur les graves questions qu'elle traitait, il imvitait le Parlement à la corriger suivant un précédent de 1790, et qu'il la recevrait alors. Les deux Chambres s'empressèrent d’obéir et l'adresse rectifiée fut remise à l’empereur le 8 juillet. Mais le mauvais effet de la première rédaction ne pouvait pas être effacé, et Schmerling avait eu le temps d’envenimer le conflit en y mélant le Reichsrath. — Le 2 juillet, il lui avait communiqué le rescrit du 30 juin. Dans les deux Chambres, la majorité Jugea nécessaire d'exprimer son indignation de l’outrage fait à l’empereur, el sa sympathie pour les idées du rescrit. La Chambre haute ne put pas se mettre d'accord sur le texte d’une adresse, et se borna à une déclaration de loyalisme. A la Chambre

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