‹ Le compromis austro-hongrois de 1867: Étude sur le dualismeChapitre 199 sur 369 · Lederer, Andrässy · texte numérisé non relu

Lederer, Andrässy

3. «Les résolutionnistes même rampent devant lui. » Il est l’idole du pays, jamais un homme dans les temps modernes, n’a eu autant d'autorité sur une nation. Lettre de Hajnik à N. Kiss, 28 mai 1862, Kônyi, Dedk, V, 46.

tient la nation dans sa main : elle le suit, sans divisions et sans résistances, jusqu'à la crise décisive de 1865.

Entre la bureaucratie centraliste et la Hongrie constitutionnelle, la lutte était inévitable. La formule d'octobre et de décembre 1860, libéralisme avec et par les Hongrois, était la seule juste, la seule possible, si l’on eût été à Vienne sincèrement libéral : que pouvait être un libéralisme fondé sur l'oppression du seul peuple qui eût possédé jusque-là des institutions libérales ? Mais Schmerling et son école voulaient un conflit. Centralistes, ils étaient entraînés sur la pente fatale de la germanisation et de l’absolutisme. Cet entraînement et ces tendances absolutistes expliquent seuls leur politique envers la Diète de 1861. La première adresse était conciliante ; le gouvernement avait en mains plus d’une arme : il pouvait effrayer la Diète par un essai d'entente directe avec la Croatie et la Transylvanie, lui faire sentir ce que sa situation avait d'incomplet et d'incertain, faire miroiter devant elle les bienfaits d’une entente rapide, l’amener ainsi à composition. Schmerling, qui se piquait de connaître l’histoire de Hongrie assez pour y découvrir l'esprit de négation. aurait pu y apprendre aussi ce que c'était que le tractatus diaetalis. — Mais l'obstacle à l'entente était dans les sentiments personnels du souverain, irrité dans son orgueil ; dans l’obstination et la raideur du ministre, dont la personne et les projets l'avaient séduit: et dans ces projets eux-mêmes. tout pénétrés encore de la chimère de la mission allemande de l'Autriche. L'adresse de Deäk, sur ce point, était prophétique : entre l'Autriche partie de l'Allemagne et la Hongrie, le conflit était insoluble. Pour n'avoir pas entendu sa voix, l’Autriche n'en à pas moins, cinq ans plus tard, été exclue de l'Allemagne; la séparation inévitable ‘ s’est faite: et, pour ne s'y être pas résignée à temps, elle a dû subir en outre la séparation qui, en 18671, pouvait encore être évitée : la séparation d'avec la Hongrie, le dualisme.

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