Jabn. F. L. Rieger
étroit qui, pour comble, est incomplet ». Ils déclarent ne pouvoir reparaître aux séances que lorsqu'un Reichsrath vraiment plénier sera réuni’. — La majorité décida de considérer cette protestation comme une démission. Réélus en partie seulement *, ils ne revinrent pas davantage, et protestèrent de nouveau. Les Moraves, moins hardis, demandèrent d’abord des congés ; lorsque la Chambre se mit à les leur refuser, ils démissionnèrent à leur tour. La nation tchèque resta sans un seul représentant au Parlement central : Palackÿ n'avait pas pu supporter l’atmosphère de Vienne, il avait cessé de paraître à la Chambre des seigneurs. L'opposition passive inaugurée ainsi par les Tchèques de Bohême dura seize ans, jusqu’en 1879.
La persécution s’abattit sur eux, plus violente encore qu'avant. Le régime de Schmerling. dur à toute indépendance et à toute liberté, n'avait pas plus épargné la presse tchèque que celle des autres nations. 11 la traqua encore davantage, lorsque les Tchèques eurent déserté le Reichsrath, et que leur vieil ennemi, Hein, fut devenu ministre de la justice. C'est, comme on l’a dit spirituellement *, le seul point sur lequel le ministère appliquât l'égalité des droits nationaux ; encore la presse tchèque jouissait-elle d’une faveur : elle était la plus mal traitée. Elle paya son tribut aux nouvelles lois soi-disant libérales sur la presse par plus de cinq ans de prison et plus de vingt mille francs d'amende, en quatre ans, pour des délits. Les textes législatifs étaient si élastiques que pas un « criminel » ne restait impuni; la sévérité des tribunaux, qui allait croissant d'instance en instance, empêchait qu'aucune atteinte au système sacro-saint demeurât impunie : les condamnés de presse étaient mis au milieu des voleurs et des faussaires, et traités comme eux “. Quand les journalistes tchèques,