Srb, Pol: dèj., I
k Srb, Pol. déj. I, 51, 80. — 64 mois et 17 jours de prison. 10. 943 flor. d'amende. Voici des exemples de condamnation: Jules Grégr, des Nér. Listy, pour «avoir troublé la paix et l’ordre publics », quatre mois de prison, 1300 fl. d'amende, perte de son titre de docteur et de sa concession d’imprimeur., incapacité d’exercer les fonctions de rédacteur; en appel, dix mois et 3000 fl. confirmé en cassation. V. Stulë, chanoine de VySebrad, rédacteur du Pozor, organe catholique, sous la même inculpation, acquitté en première instance, condamné à 2 moiset 1000 f. en appel. Les rédacteurs condamnés sont enchatnés, astreints à l’uniforme de la prison. On les traitait ainsi, écrit J. Grégr. « pour avoir défendu des principes qui, quelques années plus tard, furent proclamés solennellement par la couronne elle-même dans quelques discours du trône. » Srb, Pol. dëj. I, 80.
L'ÉCHEC DU GENTRALISME (1861-1865) 345
forts de leur droit national et d'une loi positive, prétendirent ne point recevoir les pièces oflicielles de procédure en allemand, puisque leur langue était le tchèque, on les aflicha à leur porte, car ils « devaient » savoir l'allemand !. La persécution s'attaquait même aux morts. Bach avait laissé paraître, en 1851, deux écrits de Havliëek, L'esprit du National et les Lettres de Kutna-Hora. Schmerling, pour la première fois, Les fit confisquer en 1863 ?.
La persécution aurait dû unir les Tehèques : ce fut pourtant le moment où ils firent éclater aux yeux leurs divisions. Depuis 1848, il y avait deux courants dans leur politique, l'un plus modéré et conservateur, l’autre plus radical et démocratique. Rapprochés et presque confondus dans la période de réaction, ils s'étaient de nouveau écartés depuis la conclusion de l'alliance avec la noblesse. Les radicaux, qui formaient la minorité, siégeaient dans le même club que les modérés, mais ils ne renonçaient pas à leurs idées propres. La passivité des Tchèques était bâtarde ; ils tournaïent le dos au Reichsrath, mais ils continuaient de siéger à la Diète. Aussi, loin de les unir — comme les Magyars — elle contribua à les diviser. Les radicaux prirent parti en plusieurs occasions contre les grands propriétaires, dont l'alliance paraissait aux modérés indispensable, ils attaquèrent leur privilège électoral, leur prétention de faire de leurs grands domaines des communes indépendantes. L’insurrection polonaise de 1863, où PalackŸ et Rieger, pour des raisons politiques, se prononcèrent en faveur de la Russie, tandis que les radicaux et même une partie des modérés soutenaient avec enthousiasme, dans l'intérêt de la liberté, la cause des Polonais, amena un refroidissement encore plus marqué. Les radicaux, que l'on commença en 1863 d'appeler les Jeunes- Tchèques *, votèrent en certaines occasions contre leurs anciens alliés avec les Allemands; ceux-ci, et avec eux le gouvernement, eurent un moment l'espoir qu'une entente plus étroite pourrait se conclure et que la position des Tchèques en serait très affaiblie. C'était une illusion, à laquelle il fallut vite renoncer; les représentants de la nation tchèque se retrouvèrent toujours unis lorsqu'il s'agit de défendre une cause nationale, et même leur présence à la Diète finit par leur procurer plus de succès qu'il n'avait semblé au début.
C'est vers ce moment, en effet, que s’accomplit la division de
1. TouzimskŸ, Dilo Schmerlingovo, dans Osvèta, 1893, IT, 69,6. 2..1b., 695.