‹ Le compromis austro-hongrois de 1867: Étude sur le dualismeChapitre 211 sur 369 · Friedmann, 10 Jahre üst. Pol · texte numérisé non relu

Friedmann, 10 Jahre üst. Pol

de la personne du souverain. Il assistait en silence aux réunions des ministres, gènés par la présence de ce sphinx, puis il insinuait à l'empereur ses idées et sa politique, sans oser, trop peu homme d'action, en assumer l'exécution. Le rôle de conseiller intime, parfois presque de confesseur, lui convenait. Profondément légitimiste et catholique, il n’avait accepté d'entrer dans le ministère de Schmerling que pour en préparer la chute. Quatre années durant, il joua son rôle muet avec une incomparable maîtrise. Lorsque Schmerling fut tombé, seulement, on apprit quelle part avait eue dans sa chute ce diplomate habile qui, comme le disait Dessewffy, l'avait renversé sans qu’il y vît rien ‘.

Défendue par la résistance passive, par l'impossibilité des élections directes, par tant d’appuis jusque dans le voisinage de l’empereur, la position de la Hongrie était imprenable par un assaut de front. Mais Schmerling, en réalité, songeait tout au plus à la tourner. Elle offrait deux points vulnérables : la Croatie et la Transylvanie. Si le ministère avait réussi à isoler la Hongrie entre ces deux pays, si, tandis que les Magyars continuaient à protester et à s'abstenir, les Croates et les Transylvains avaient consenti à paraître au Reichsrath, l'effet de la résistance hongroise eût été bien compromis. Schmerling entreprit l'attaque des deux côtés. En Croatie, ik échoua complètement. De la déception que leur avait infligée le régime de Bach, les Croates avaient gardé une grande méfiance, et ils nourrissaient de hautes ambitions. Le parti national, héritier des aspirations de Gaj et de Jelatié, dominait à Agram. Il s'irrita de voir la Dalmatie, que le droit historique rattachait à la Croatie, livrée par la loi électorale de février à la minoritéitalienne. les Confins séparés de nouveau dela Croatie, à laquelle ils avaient été presque réunis en 1848. Il refusa de reconnaître la Patente et d'envoyer des députés au Reichsrath ; mais il refusa également les avances de la Hongrie, la «feuille blanche » où Deäk demandait à la Croatie d'inscrire ses vœux. La Diète croate considérait que les anciens liens avaient été rompus par la Révolution ; il s'agissait donc d'établir entre les deux pays des rapports tout nouveaux : elle exigeait avant tout que la Hongrie reconnût l'intégrité territoriale de la Croatie, en y comprenant non seulement la Dalmatie, mais Fiume, objet de luttes acharnées entre les Magyars et les Croates, et qui, ville italienne, se sentant plus menacée par les Slaves, réclamait d'être réunie à la Hongrie. La Diète fut dissoute sans qu'aucune solution de ces

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