‹ Le compromis austro-hongrois de 1867: Étude sur le dualismeChapitre 214 sur 369 · Friedmann, Zehn Jahn üst. Politik · texte numérisé non relu

Friedmann, Zehn Jahn üst. Politik

La Patente et la loi sur la représentation de l'Empire n'étaient pas les seuls fondements du droit publie de la monarchie, Le Diplôme, qu'on n'avait pas pu ou pas osé abroger, valait autant qu'elles: même, sur certains points, il fallait encore faire appel à des actes antérieurs ; le billet par lequel l’empereur avait augmenté les pouvoirs financiers du Reichsrath renforcé était toujours un texte constitutionnel. Mais ces divers actes procédaient de pensées politiques différentes : il était facile souvent de les mettre en contradiction, et de soulever ainsi d'irritantes discussions. Ce sont les Diètes qui nous nomment ; nous représentons les royaumes et pays qui forment l'Autriche, nous sommes les mandataires des peuples autrichiens, et non d’un peuple autrichien qui n'existe pas, disaient les fédéralistes ‘. C’est l'Empire que nous représentons, répondent les centralistes. € Je reconnais que je suis envoyé ici par la Diète de Moravie », dit Giskra, « mais je ne metiens pas pour son mandataire. Je mets mon orgueil à être le représentant de l'Autriche, choisi par les électeurs par l'intermédiaire de la Diète *. » Le ministre d'État prête à cette doctrine l'appui de son autorité : ce ne sont pas les Diètes qui ont élu l'Assemblée, c'est la population: «les Diètes n’ont été que le corps électoral élargi pour le Reichsrath, » le mandat a été donné par la population *. Mais les fédéralistes invoquent les paroles mêmes du discours du trône ; l'empereur a dit : «les députés qui me sont envoyés par les Diètes “». Sur cette controverse, qui ailleurs semblerait tout académique, les passions se montent : elle provoque des manifestations tumultueuses et violentes * ; car elle ne met pas aux prises seulement deux interprétations des mêmes textes, mais deux conceptions entièrement opposées de la monarchie.

Elles se retrouvent aux prises lorsqu'il s'agit de la compétence de l'assemblée. Aux termes de la Patente, le Reichsrath était plénier lorsqu'il comprenait tous ses membres, étroit lorsqu'il se réduisait aux seuls membres des pays cisleithans. Plénier, il avait compétence dans toutes les affaires communes à la monarchie tout entière, selon l’'énumération de l’article II du Diplôme et de l'ar-

1. C.R. st... A1 mai 1861, Rieger : 48 déc. 18 1, Clam-Martinic, Potocki.

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