Kolmer, Parl. w. Verf
diplômes d'État. Schmerling, pénétré de l’idée de la souveraineté de l’État, se trouvait sur ce point spécial d'accord avec le Parlement ; il demanda à plusieurs reprises à l'empereur l'autorisation de poser à l'ordre ce dilemme : avoir des professeurs diplômés par l'État, ou rendre les lycées au gouvernement. Malgré l'appui de l’archiduc Rénier, il ne He pas, et l’empereur, de son propre mouvement, accorda à l’ordre un régime de faveur pour les examens de ses membres ‘. Sûre d'un si puissant appui, l'Église était moins disposée que jamais à entrer en négociations avec Vienne pour modifier le Concordat, et les tentatives que Schmerling, poussé par le Parlement, fit en ce sens, étaient d'avance condamnées à un complet avortement.
La Chambre des seigneurs offrait souvent un appui au ministère talonné ou tracassé par les députés. « Sur l'horloge de la politique intérieure », avait dit Auersperg à la fin de la première session, € la Chambre des députés est l'aiguille des minutes, la Chambre des seigneurs celle des heures. » Cette formule, qui fit fortune, n'était pas toujours exacte : souvent, au lieu d'aller, plus lentement, dans le même sens que la Chambre des députés, la Chambre des seigneurs allait en sens contraire. Par sa composition même, elle était animée d’un tout autre esprit que les députés: à beaucoup de ses membres les prétentions de la Chambre basse et les réductions de crédit qu'elle votait apparaissaient comme des attentats aux droits de l’empereur. Le ministère en profitait pour faire voter ou rétablir par les pairs les sommes que lui avaient refusées ou rognées les députés, ou les textes législatifs qu'ils avaient amendés ; et, en fin de compte, les députés cédaient presque toujours, pour aboutir à un résultat, si mince qu'il fût. Les relations des deux Chambres n'étaient pas des meilleures : un membre de la Chambre haute se permit une fois de traiter d’ «indigne » un vote des députés ?. Ce conflit latent affaiblissait nécessairement la situation du Parlement, et fortifiait d’autant celle des ministres et de la bureaucratie; l'attitude des uns et de l’autre montrait combien ils avaient conscience de leur supériorité sur ce Parlement qui n'existait que par leur grâce. Schmerling ne craignait pas de provoquer la Chambre, en la traitant de haut ; si elle ne voulait pas voter comme il le désirait, il
déclarait insolemment : « Nous pouvons attendre ». Bismarck montrait à ce moment aux députés prussiens comment on traite