Zwolf Artikel über die ungurische Frage
à la clairvoyance de leurs auteurs, prouvent qu'une partie importante de l'opinion ne considérait pas la théorie de la forfaiture comme le dernier mot de la sagesse politique, et ne se leurrait pas du vain espoir de voir jamais les Hongrois sacrifier à la Patente leur Constitution millénaire et paraître sans conditions au Reichsrath *.
La majorité parlementaire eut l'illusion plus tenace. Elle se cantonna longtemps sur le terrain de la Patente, attendant que les Hongrois fussent attirés au Reichsrath par l’appât de la nouvelle liberté autrichienne. A la longue seulement, elle reconnut que c'était au Reichsrath lui-même que nuisait surtout leur abstention. Chaque année, l'adresse ramenait une discassion sur la question hongroise, qui permettait de constater les progrès des idées de conciliation. En 1861, la Chambre est, malgré une certaine modération de forme, aussi raide sur le fond, aussi éloignée de toute idée de transaction, que Schmerling lui-même. Seul, le groupe des autonomistes allemands, d'ordinaire aile gauche de la majorité, l’abandonne sur ce point pour s'unir à la droite. En 1862 encore, il est seul dans la majorité à exprimer des doutes et des scrupules. Le danger pour la Constitution et pour toute Constitution en Autriche, dit Kaiserfeld, le chef des autonomistes, ce n’est pas la faible opposition qui se trouve dans cette Chambre, ni ce qu’on appelle le manque de souplesse de la majorité, c’est l'incertitude où nous restons sur la situation constitutionnelle de la Hongrie. — L'incertitude ? répond Giskra. « Les rapports de la Hongrie avec la monarchie sont déterminés, d’une façon immuable » par la Patente, et, s’il y a lieu à quelques modifications, elles ne pourront s'’accomplir qu'ici, au Reichsrath. Il n'y a qu'à ne pas s'occuper des Hongrois. Ils verront qu'ici on dispose d’eux sans eux, et cela leur fera de l'effet, cela les décidera à abandonner une partie de leurs anciens droits, pour en recevoir de nouveaux bien plus importants, puisqu'ils participeront à la décision des affaires de l'Empire tout entier ?. Un an plus tard, le ton dans la majorité est tout autre. L'adresse de 1863 déclare que la Chambre est prête, « sans quitter le terrain de la Constitution, à aider à faire disparaître les diflicultés qui s'opposent encore à la collaboration de représentants de tous les pays de la
4. Frôbel, qui fut un moment le confident de Schmerling et son agent dans sa politique allemande. rapporte (Ein Lebenslauf, 11, 156-63) toute une histoire compliquée où des Hongrois auraient joué un rôle, et que rien ne confirme,