C. R. st., 28 juillet 1862, Kaiserfeld, Giskra
monarchie ; » elle exprime le regret de voir durer dans certains pays une interruption de la vie constitutionnelle qui a des conséquences funestes pour eux et pour tout l'Empire, et l'espoir qu'il sera bientôt porté remède à ce mal. Berger, député de Vienne, un constitutionnel convaincu, se félicite de voir la Chambre quitter le point de vue tout formaliste et tout juridique où elle s'était cantonnée jusque-là, pour envisager au point de vue politique la nécessité de la transaction. Et comme, au nom des centralistes toujours intransigeants, Mühlfeld objecte : Mais nous n'avons jamais voulu autre chose, une entente, mais ici, au Reichsrath, sur le terrain de la Patente, et sous toutes réserves en faveur de l’unité de l’'Empire, — il répond : sans doute, le dernier acte devra se passer ici ; mais ne peut-on pas concevoir qu'il ne serve qu'à parfaire une entente préparée ailleurs, je ne puis dire encore par qui ni comment? Giskra, si raide l’année d'avant, avoue que c’est un cercle vicieux de dire : «Venez d’abord ici pour nous entendre» à des gens qui refusent précisément de venir, et serallie presque entièrement à l'opinion de Berger ‘. Cependant il croit toujours que les Hongrois viendront au Reichsrath ; il est impossible que les institutions libérales données par la Patente n’exercent pas leur attraction sur ce peuple constitutionnel, que ces politiques pratiques s’obstinent dans une résistance passive *. Il voit déjà, en imagination, les Magyars alliés aux Allemands, et les Tchèques, les Polonais, l'opposition fédéraliste, ainsi réduits au silence. C’est tout le tableau de 1867; mais on l’a vu alors en deux cadres, tandis que Giskra le voyait en un seul.
Cet état d'esprit des libéraux centralistes trouva sa formule pour ainsi dire scientifique au moment où il commençait à disparaître. Dans un gros livre d'apparence rébarbative et bourré de textes, un jeune savant, qui n’appartenait pas au monde politique, mais y touchait par sa situation personnelle, entreprit de prouver aux Hongrois qu'ils ne pouvaient pas refuser d'accepter la Constitution de février. Le Droit public hongrois-autrichien de Lustkandl® est plus intéressant de beaucoup comme document humain que comme travail historique ou juridique. Siles Hongrois sont vraiment libéraux, constitutionnels et patriotes, ils se doivent