‹ Le compromis austro-hongrois de 1867: Étude sur le dualismeChapitre 227 sur 369 · Ein Beitrag zum ungar. Slaatsrecht · texte numérisé non relu

Ein Beitrag zum ungar. Slaatsrecht

réfutation du livre de Lustkandl, qu’il appelle un pamphlet destiné à justifier la théorie de la forfaiture l'œuvre de conciliation qui aboutira au Compromis est déjà commencée ; mais Deäk, qui est décidé depuis longtemps à faire des concessions au nouveau régime, ne peut opposer à la Patente que la revendication intégrale de l'union personnelle.

Mème les plus elairvoyants des membres de la majorité du Reichsrath, les autonomistes allemands, n'échappaient pas à l'illusion libérale centraliste. Partisans convaincus de l'hégémonie allemande en Autriche, qu'ils tenaient pour nécessaire et juste, ils étaient par contre adversaires de l'uniformité bureaucratique, et ils défendaient par conviction libérale toutes les autonomies locales et provinciales. Dès 1860, leur chef, Kaïiserfeld, apercevait la solution de la question hongroise dans un dualisme où, au-dessus de deux Parlements cisleithan et transleithan, se serait dressé un Parlement commun pour les affaires communes ?. L'expérience de la Patente l'avait convaincu encore davantage que le constitutionnalisme ne pouvait être sauvé en Autriche que par une alliance avec les Hongrois. Il ne voulait pas s’allier aux conservateurs, qu'il tenait pour réactionnaires. Restaient les deäkistes, s'ils faisaient les concessions nécessaires pour que l’État autrichien pût vivre, c’est-à-dire s'ils acceptaient l'idée du Reichsrath, même modifié dans sa composition. Ils le feraient, pensait Kaïiserfeld, s'ils voyaient s'établir en Autriche une politique décidément progressiste * ; ce n'était pas le Reichsrath actuel avec « sa misère » ‘ qui les attirerait. Il fallait donc rompre avec cette politique de vaine attente et de stagnation ; de là l'intervention de Kaiserfeld dans le débat sur l'adresse de 1864.

Le projet d'adresse préparé par la commission montrait la Chambre convaincue qu'il fallait changer de maxime envers la Hongrie, et résignée à faire des concessions. Il déclarait que la convocation au plus tôt des Diètes hongroise et croate étäit nécessaire pour répondre au désir justifié de ces pays, et donner un gage des intentions vraiment constitutionnelles du gouvernement. « Les représentants légaux de ces royaumes ne seront pas, nous en avons la ferme confiance, inaccessibles à la conviction que dans l'intérêt de tous il est utile et indispensable de traiter en commun les

Beilrag, 214.

Krones, Kaiserfeld, 163-6.

. Krones, Kaiserfeld, 210 (d'après un article de K.) . 1b., 212, (d’après une lettre de K.)

Ce 10 =

affaires communes de la monarchie. De son côté, la Chambre ne fera pas difficulté de contribuer autant qu'il sera en elle, et tout en maintenant inébranlable le principe de communauté proclamé par la Constitution de l'Empire, à procurer à ces pays, par la voie constitutionnelle. les garanties nécessaires à leur autonomie dans toutes les affaires qui sont réservées à leurs Diètes ». Tout le débat est dominé par l’idée que le développement de la Constitution dépend étroitement de la solution de la question hongroise. Si, en échange de leur ancienne Constitution, dont ils ont éprouvé les mérites, nous n'avons à offrir aux Hongrois « qu'une baraque battue de tous les vents », je comprends, dit Berger, qu'ils ne s'y précipitent pas. IL faut, pense Giskra, faire toutes les concessions quine mettront pas directement en danger l'existence et la prospérité de l'Empire. Pour Schindler, «l'administration du ministère paraît être sinon la mère, tout au moins la nourrice de la question hongroise ». Kaïserfeld, après avoir fait le procès du système, de la Constitution, obscure et incomplète, comme de la pratique gouvernementale du ministère, proclame qu'il faut faire une tentative pour résoudre la question hongroise. Il faut convoquer sur la base des rescrits à Vay du 20 octobre une Diète, élue selon la loi électorale de 1848 et de 1860. Il lui appartiendra de réviser les lois de 1848, dans ce qu'elles ont de contraire à la Constitution de l’Empire, Diplôme et Patente. L'union personnelle est impraticable, mais ou verra que les Hongrois y ont renoncé. Il faut faire un essai d'entente; même s'il reste infructueux, nous aurons au moins éclairci la situation, et nous serons justifiés alors de travailler seuls à la défense et au développement de notre Constitution. Un centraliste forcené, Ryger, reprend la vieille antienne démodée : il n'y a de droit public en Autriche que celui qui se fonde sur le Diplôme et la Patente : nous sommes le Parlement autrichien tout entier, nous parlons au nom de l’ensemble des citoyens autrichiens et de léurs intérêts. Mais même Schmerling, tout en défendant la politique du ministère, est bien moins tranchant; il parle d'une convocation prochaine de la Diète de Hongrie, et espère de ses travaux un résultat positif. Giskra, rapporteur de l'adresse, répond qu'il y a eu assez de longues préparations; il faut convoquer la Diète au plus tôt, ce sera déjà un résultat positif *.

Mais rien ne se fait, et le Reichsrath sent de plus en plus la vanité de ses efforts. Kaiserfeld, dégoûté, songe en février 1865 à

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