C. R. stén., 29 nov., 1er déc
démissionner ‘. En mars, encouragé par les progrès visibles que font en Hongrie les idées de conciliation, il attaque vivement la politique hongroise du ministère, ses hésitations, ses lenteurs, sa maxime, qui est la vieille maxime autrichienne : «diviser pour régner». Iln'attend le salut de l'Autriche que d'une entente avec les libéraux hongrois ; mais, pour qu'ils puissent agir, il faut avant tout convoquer la Diète, et il faut faire vite, car le moindre hasard défavorable peut achever la ruine. Schmerling, par une singulière contradiction, répond par son ancienne formule : revision des lois de 1848 avant leur reconnaissance, et déclare en même temps qu'il espère une alliance avec les libéraux hongrois. La majorité désormais est acquise à la nouvelle politique. Brestel, au nom de la commission du budget, approuve entièrement les vues de Kaiserfeld *.
A ce moment, le Reichsrath était déjà en agonie. Il ne comptait plus. Le sort de la Constitution autrichienne dépendait tout entier des négociations qui se poursuivaient entre la cour et les Hongrois. Alors que certains députés, même parmi ceux qui croyaient connaître la Hongrie, se berçaient encore de l'illusion que les Hongrois allaient enfin paraître au Reichsrath, d’autres se livraient aux plus aventureuses combinaisons *. Le Reichsrath sentait toute son impuissance : il ne cherchait même plus à compter. Pendant que Schmerling était démissionnaire et que se formait le ministère qui devait le remplacer, la Chambre, un mois durant, continua sa besogne législative, comme si son existence même n’eût pas été en jeu. L'annonce de la clôture de la session surprit l'assemblée comme son bureaü ‘. Dans le discours du trône lu par l’archidue Louis-Victor, frère de l'empereur, le nom de la Constitution n'était même pas prononcé. «Des motifs graves, qui touchent les intérêts généraux de la monarchie et, pour cela même, ont trouvé dans les deux Chambres une expression patriotique et éloquente », exigent la prompte convocation des représentants légaux des parties orientales de l'Empire, et par suite la suspension des délibérations du Reichsrath. Les intérêts vitaux de la monarchie demandent que, par la discussion en commun des droits, charges et intérêts communs, Qun lien solide d'unité se noue, dans un avenir prochain, autour de tous les peuples de cet Empire » : un espoir si fondé ne